Lettre ouverte

À tous les dirigeants qui affirment défendre le droit, la paix et le respect des peuples

Le 18 mars 2026 Lettre ouverte aux autorités internationales À l’attention du Secrétaire général de l’ONU, des membres du Conseil de sécurité, de la Cour internationale de Justice, de la Cour pénale internationale, et de tous les dirigeants qui affirment défendre le droit, la paix et le respect des peuples.

Henri-Robert Durandisse Citoyen responsable
20 mars 2026 — Lecture : 5 min.
À tous les dirigeants qui affirment défendre le droit, la paix et le respect des peuples

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Le 18 mars 2026

Lettre ouverte aux autorités internationales

À l’attention du Secrétaire général de l’ONU,
des membres du Conseil de sécurité,
de la Cour internationale de Justice,
de la Cour pénale internationale,
et de tous les dirigeants qui affirment défendre le droit, la paix et le respect des peuples.

Mesdames, Messieurs,

Je vous écris parce que la situation actuelle sur la scène internationale est grave. Elle ne concerne pas seulement un pays, ni seulement un dirigeant. Elle touche au respect du droit international, à la souveraineté des États et à la crédibilité même des institutions créées pour préserver la paix et empêcher que la force ne prenne le pas sur le droit.

Lorsqu’un État intervient militairement sur le territoire d’un autre sans fondement juridique clair, capture un chef d’État et le transporte hors de son pays sans procédure reconnue, nous ne pouvons pas traiter cela comme un simple épisode politique. Nous sommes face à un acte d’une extrême gravité. Nous sommes face à une atteinte sérieuse à des règles censées protéger tous les peuples, qu’ils soient puissants ou vulnérables.

Je ne vous écris pas pour défendre un régime ni pour soutenir une personne en particulier. Je vous écris pour défendre un principe essentiel : même dans les situations les plus tendues, même lorsque les accusations sont lourdes, le droit doit demeurer le chemin à suivre. Si le droit disparaît au moment où il devient difficile à respecter, alors il ne reste que la force. Et lorsque la force remplace le droit, ce sont tous les peuples qui deviennent plus exposés.

Depuis longtemps, la communauté internationale affirme que chaque État a droit au respect de sa souveraineté. Elle affirme aussi que l’intégrité territoriale d’un pays ne peut être violée au gré des intérêts des plus puissants. Elle rappelle que l’usage de la force doit être encadré par des règles précises. Mais si ces principes ne sont plus défendus avec fermeté lorsqu’ils sont attaqués, alors il faut avoir le courage de poser la question : que valent-ils encore ?

La justice ne peut pas se confondre avec l’enlèvement. Elle ne peut pas se construire sur une démonstration de puissance. Elle ne peut pas ignorer les procédures. La justice exige un cadre, des garanties et le respect des règles. Lorsqu’on prétend défendre le droit en le contournant, on ne le protège pas : on l’affaiblit.

Même lorsqu’un chef d’État est contesté, critiqué ou accusé, cela ne donne à personne le droit de mettre entre parenthèses les principes fondamentaux. Le droit existe précisément pour les moments difficiles. Il existe pour empêcher l’arbitraire. Il existe pour éviter que les plus puissants imposent leur volonté aux autres.

C’est pourquoi les réactions trop prudentes, les silences diplomatiques ou les déclarations vagues ne suffisent pas. Le moment appelle une parole claire. Le moment appelle du courage. Le moment appelle de la cohérence.

Je vous demande donc de rappeler fermement que la souveraineté des États n’est pas un principe à géométrie variable. Elle ne peut dépendre ni de la puissance militaire d’un pays, ni de son poids politique, ni de la nature de ses alliances. Si ce principe devient relatif, alors beaucoup de peuples comprendront qu’ils ne sont protégés par de mesures réellement solide.

Je vous demande également que toute violation de la souveraineté, toute utilisation illégale de la force et toute opération menée en dehors des règles reconnues fassent l’objet d’un examen sérieux par les instances compétentes. Si l’ordre international ne sait pas se défendre lorsqu’il est attaqué, il se vide peu à peu de son sens.

Je vous demande enfin de refuser clairement les deux poids, deux mesures. C’est l’un des mécanismes qui détruit le plus profondément la confiance dans le droit international. Quand la même faute est condamnée ici et tolérée ailleurs, le droit perd son universalité et devient l’outil des plus forts contre les plus faibles. Et lorsque cette confiance disparaît, les institutions perdent à la fois leur autorité morale et leur raison d’être.

Il ne faut jamais oublier qu’au-delà des débats juridiques, ce sont des populations entières qui subissent les conséquences de ces dérives. Ce sont des familles qui vivent dans la peur. Ce sont des sociétés qui basculent dans l’instabilité. Ce sont des peuples qui voient leur dignité blessée. Chaque violation grave du droit international laisse des traces durables dans les consciences et dans les mémoires.

L’histoire nous enseigne que les grands désordres commencent souvent par de petites tolérances. On excuse une première entorse. On banalise une première rupture. On justifie une première exception. Puis, peu à peu, ce qui paraissait inadmissible devient acceptable. Et un jour, le droit n’est plus qu’un mot sans force.

C’est pourquoi il faut parler clairement dès maintenant. Il ne faut pas attendre que d’autres crises viennent confirmer ce qui aurait déjà dû être dénoncé. Il faut dire, sans ambiguïté, que la force ne peut pas remplacer le droit. Il faut dire que la souveraineté des peuples mérite le respect. Il faut dire que les institutions internationales doivent agir lorsque les principes fondamentaux sont menacés.

Mesdames, Messieurs, les peuples regardent. Ils observent si les principes que vous invoquez dans vos discours résistent encore à l’épreuve des faits. Ils observent si les institutions internationales savent encore remplir leur mission. Ils observent si le droit est réellement universel ou s’il s’arrête là où commencent les intérêts des plus puissants.

La question posée aujourd’hui est simple : voulons-nous un monde régi par des règles ou un monde dominé par la seule loi du plus fort ?

Pour ma part, je refuse que la force prenne la place du droit.
Je refuse que la souveraineté d’un peuple soit traitée comme un détail.
Je refuse que les institutions internationales s’habituent à l’érosion de leurs propres principes.

Je continue de croire que le droit doit primer sur la force.
Je continue de croire que la paix ne peut pas se construire dans l’arbitraire.
Je continue de croire qu’il est encore possible d’agir avec cohérence, dignité et responsabilité.

Je vous invite donc à prendre pleinement la mesure de ce moment et à agir avec la clarté qu’il exige. L’histoire retiendra les faits. Mais elle retiendra aussi la manière dont vous aurez choisi d’y répondre.

Veuillez recevoir, Mesdames, Messieurs, l’expression de ma haute considération.