Sécurité et défense : Taïwan ouvert à des échanges d’expérience avec Haïti

À la découverte de l’Institute for National Defense and Security ResearchTAIPEI — La question de la sécurité en Haïti a été au cœur des échanges lors de notre visite à l’Institute for National Defense and Security Research (INDSR), à Taipei, où nous avons pu nous informer sur l’expérience de Taïwan dans les domaines de la défense, de la sécurité, de la gestion des crises et des nouvelles technologies.

Par Joël Lorquet, PhD
09 oct. 2026 — Lecture : 3 min.
Sécurité et défense : Taïwan ouvert à des échanges d’expérience avec Haïti

Jun-Rong Lin, Policy Analyst à la Division of Defense Strategy and Resources de l’INDSR

À la découverte de l’Institute for National Defense and Security Research

TAIPEI — La question de la sécurité en Haïti a été au cœur des échanges lors de notre visite à l’Institute for National Defense and Security Research (INDSR), à Taipei, où nous avons pu nous informer sur l’expérience de Taïwan dans les domaines de la défense, de la sécurité, de la gestion des crises et des nouvelles technologies.

L’Institute for National Defense and Security Research (INDSR), basé à Taipei, a été officiellement inauguré le 1er mai 2018. Il s’agit d’un organisme indépendant, non partisan et à but non lucratif consacré à l’analyse des questions de sécurité et de défense de Taïwan.

L’institut a pour objectif de produire des analyses stratégiques et des recommandations de politique publique sur la défense nationale, la sécurité internationale, les affaires politiques et militaires chinoises, les menaces non traditionnelles, la cybersécurité ainsi que les nouvelles formes de guerre. Il organise également des forums internationaux, favorise les échanges entre chercheurs et décideurs et mène des simulations stratégiques.

L’INDSR comprend notamment une Division of Defense Strategy and Resources, chargée de recherches portant sur la stratégie militaire et de défense, l’économie de la défense, les technologies militaires et les enjeux géopolitiques de l’Indo-Pacifique.

Mme Jun-Rong Lin : sécurité, défense et coopération avec Haïti

Mme Jun-Rong Lin, Policy Analyst à la Division of Defense Strategy and Resources de l’INDSR, qui s’exprimait en français, a évoqué la situation en Haïti ainsi que les possibilités de coopération entre Taïwan et Haïti dans les domaines de la sécurité, de la défense, de la gestion des crises et des nouvelles technologies.

Selon Mme Lin, Taïwan et Haïti sont tous deux confrontés à des risques liés aux tremblements de terre et à d’autres catastrophes naturelles. Elle a expliqué que, compte tenu également des problèmes de sécurité auxquels Taïwan est confronté dans sa région, le pays a renforcé ses capacités de sécurité, notamment au niveau civil.

Cette expérience lui a permis de développer des moyens pour faire face à différentes crises et catastrophes, une expertise que Taïwan pourrait, selon elle, partager avec d’autres pays confrontés à des situations similaires.

Interrogée sur la mise sur pied de la force de répression des gangs en Haïti et sur un éventuel rôle de Taïwan dans ce processus visant à rétablir la sécurité dans le pays, Mme Lin a estimé que cette question relevait d’abord du domaine diplomatique. Elle a toutefois souligné que Taïwan restait ouvert aux échanges et au partage d’expériences, tout en se déclarant disposé à aider d’autres pays.

S’agissant plus particulièrement de la lutte contre l’insécurité en Haïti, Mme Lin a indiqué que Taïwan dispose d’experts et d’une expérience dans les domaines de la défense et de la sécurité. Elle a estimé que des échanges de personnel pourraient être bénéfiques aux deux pays, en permettant de mieux connaître les différentes réalités, de tirer des enseignements et de comprendre les tactiques utilisées dans le domaine de la défense.

Pour elle, le partage d’expériences entre les différents pays constitue un élément important de cette coopération.

Mme Lin a également évoqué les avancées réalisées par Taïwan dans le domaine technologique. Elle a notamment cité l’intelligence artificielle ainsi que les systèmes liés aux semi-conducteurs. Selon elle, ces domaines offrent également des possibilités de collaboration et de partage d’expériences avec Haïti.

Concernant la force de répression des gangs en cours de constitution en Haïti, Mme Lin a rappelé que Taïwan est une démocratie et a souligné la nécessité, selon elle, de renforcer la solidarité et les échanges entre les démocraties afin de mieux faire comprendre les situations auxquelles sont confrontés les différents pays. Elle a réaffirmé que Taïwan demeurait ouvert à davantage d’échanges dans ce domaine.

Abordant enfin la question des ressources financières susceptibles d’être mobilisées pour soutenir les efforts de sécurité en Haïti, Mme Lin a indiqué que plusieurs agences taïwanaises travaillent déjà sur le terrain avec différents pays. Elle a insisté sur l’importance de l’aide, mais aussi sur la nécessité de développer des collaborations entre les acteurs civils, les différentes parties concernées et les institutions officielles.

Mme Lin a conclu en soulignant que Taïwan dispose d’un niveau d’avancement important dans plusieurs de ces domaines, ce qui, selon elle, peut constituer une base pour le développement de nouvelles formes de coopération et d’échanges avec Haïti.