La dette d’Haïti de 2010 à aujourd’hui expliquée sans jargon

À l’approche d’une nouvelle période électorale, les promesses vont se multiplier.

Par Dacely Bertrand
07 sept. 2026 — Lecture : 12 min.
La dette d’Haïti de 2010 à aujourd’hui expliquée sans jargon

Siège du FMI à Washington

À l’approche d’une nouvelle période électorale, les promesses vont se multiplier. On parlera de milliards de dollars, de dette, d’investissements, de grands travaux, de reconstruction, d’emprunts internationaux et parfois même de « pays hypothéqué ». Avant de croire qui que ce soit, il serait utile que chaque citoyen puisse répondre à quelques questions simples : combien Haïti doit-elle réellement ? À qui doit-elle cet argent ? Comment cette dette s’est-elle constituée ? Qu’est-il arrivé à PetroCaribe ? Et surtout : Haïti est-elle aujourd’hui lourdement endettée ?

Les réponses sont parfois très différentes du discours politique habituel. Commençons donc par les chiffres. La première chose à comprendre c’est qu’en 2010, la dette haïtienne n’est pas devenue zéro comme ce qu’on à expliqué en ce temps. On entend parfois dire qu’après le séisme du 12 janvier 2010, « toutes les dettes d’Haïti ont été effacées ». Ce n’est pas exactement ce qui s’est produit.

Haïti avait déjà bénéficié, entre 2006 et 2009, des initiatives internationales PPTE et IADM destinées aux pays pauvres très endettés. Le FMI et la Banque mondiale évaluent à environ 1,2 milliard de dollars l’allégement nominal lié à ces initiatives. Après le séisme, environ 1 milliard de dollars supplémentaire de dette a été annulé ou allégé par différents créanciers. Le FMI, à lui seul, a annulé en juillet 2010 les 268 millions de dollars que lui devait alors Haïti. Le résultat est spectaculaire. La dette publique extérieure représentait environ : 19 % du PIB en 2009 et tombe à moins de 9 % du PIB en 2011. Voilà ce que j’appellerai ici, pour simplifier, la remise à zéro relative de 2010. Pas zéro dollar de dette. Mais une réduction suffisamment massive pour donner au pays une nouvelle marge de manœuvre.

Imaginez le PIB comme un gâteau de 100 gourdes. Le ratio dette/PIB paraît compliqué. Il ne l’est pas. Imaginons que toute la richesse produite en Haïti pendant une année représente 100 gourdes. Si la dette publique représente 10 % du PIB, cela signifie simplement pour 100 gourdes produites dans l’économie, la dette équivaut à 10 gourdes. Si la dette représente 30 % du PIB on aura pour 100 gourdes de production annuelle, la dette équivaut à 30 gourdes.

Ce ratio permet de comparer des pays et des périodes très différentes. Il ne dit cependant pas tout. Un pays peut avoir une dette faible et être économiquement très fragile ; un autre peut avoir une dette beaucoup plus élevée mais disposer d’une économie, d’un système fiscal et d’exportations capables de la supporter. C’est précisément le cas qui nous intéresse en Haïti.

Après la remise à zéro, la dette recommence à monter. La dette ne reste pas longtemps au niveau très bas atteint après 2010. En 2014, selon le FMI, le stock de dette publique atteint environ 2,279 milliards de dollars soit environ 24,8 % du PIB. À cette époque, cette dette est presque entièrement extérieure. Pourquoi cette remontée ?

Le FMI donne une réponse très claire. Après les allégements liés au séisme du 12 janvier 2010, l’augmentation de la dette provient principalement de deux sources : à l’extérieur : PetroCaribe et à l’intérieur : les avances de la Banque de la République d’Haïti, la BRH, au gouvernement.

Voilà le premier point que tout citoyen devrait retenir. La dette haïtienne de l’après-2010 ne s’est pas reconstruite d’un seul côté. Elle possède deux jambes : la dette envers l’étranger et la dette contractée à l’intérieur du pays.

PetroCaribe devient le grand créancier extérieur. Le mécanisme PetroCaribe permettait à Haïti d’acheter du pétrole au Venezuela tout en différant le paiement d’une partie de la facture à des conditions avantageuses. Cette partie différée devenait une dette. Au fil des années, elle s’accumule.

À la fin de la décennie 2010, PetroCaribe domine largement la dette extérieure haïtienne. Les données du FMI pour la période autour de 2018 montrent une dette extérieure publique d’environ 2,148 milliards de dollars, dont environ 1,826 milliard au titre de PetroCaribe. Autrement dit, sur environ 2,15 milliards de dollars dus à l’étranger près de 1,83 milliard provenait de PetroCaribe.

Faisons le calcul : 1,826 ÷ 2,148 × 100 = 85 %.

À ce moment-là, environ 85 dollars sur 100 dollars de dette extérieure haïtienne sont donc liés à PetroCaribe. Voilà une information beaucoup plus parlante qu’une longue discussion idéologique.

Mais pendant ce temps, une autre dette grossit à l’intérieur. Cette partie est beaucoup moins connue du public. L’État haïtien ne s’endette pas seulement auprès du Venezuela, de Taïwan ou d'institutions internationales. Il s’endette également auprès de sa propre Banque centrale.

En 2021, par exemple, le FMI comptabilise environ 4,727 milliards de dollars de dette publique totale. Cette dette se répartit approximativement ainsi 2,019 milliards de dette extérieure et 2,708 milliards de dette intérieure.

Calculons les proportions. Dette intérieure : 2,708 ÷ 4,727 × 100 = 57 %.

Dette extérieure : 2,019 ÷ 4,727 × 100 = 43 %.

Donc, contrairement à l’image populaire d’un État haïtien principalement endetté auprès de « l’étranger », dès 2021, plus de la moitié de la dette publique est intérieure. Et sur les 2,708 milliards de dette intérieure, environ 2,064 milliards correspondent alors aux créances de la BRH.

Arrivons à 2023 près de 6 milliards de dollars de dette. À la fin de l’exercice 2023, les chiffres du FMI donnent environ 5,933 milliards de dollars de dette publique totale. Dans cette somme 2,699 milliards sont de la dette extérieure et 3,234 milliards sont de la dette intérieure. Faisons encore le calcul.

Dette extérieure : 2,699 ÷ 5,933 × 100 = 45,5 %.

Dette intérieure : 3,234 ÷ 5,933 × 100 = 54,5 %.

Donc sur chaque 100 dollars de dette publique environ 45,50 dollars étaient dus à l’extérieur et 54,50 dollars étaient dus à l’intérieur. Voilà la photographie de 2023. Mais elle va être bouleversée quelques mois plus tard par le deuxième grand effacement soit l'accord avec le Venezuela

À la fin de 2023, la dette envers le Venezuela avoisine 2,2 milliards de dollars. En janvier 2024, un accord intervient entre les autorités haïtiennes et vénézuéliennes. Selon le FMI, Haïti effectue un paiement forfaitaire de 500 millions de dollars et obtient en contrepartie 1,69 milliard de dollars d’annulation de dette. Faisons le calcul le plus simple de tout cet article.

Dette effacée : 1 690 millions $

Paiement : 500 millions $

Rapport : 1 690 ÷ 500 = 3,38. C’est à dire, pour 1 dollar payé dans cette opération, environ 3,38 dollars de dette ont été annulés.

Cela ne signifie pas que l’opération n’a rien coûté. Le FMI explique notamment que le paiement de 500 millions a été exécuté par la BRH au moyen d’une combinaison de réserves et de passifs à court terme. Mais l'effet sur le stock de dette extérieure a été spectaculaire.

Regardez ce qui arrive entre 2023 et 2024. Fin 2023, la dette publique totale s’élevait à environ 5,9 milliards $ et dette extérieure à environ 2,7 milliards $

Fin 2024, la dette publique totale était d’environ 3,825 milliards $ repartie comme suit : la dette extérieure, environ 558 millions $ et la dette intérieure environ 3,267 milliards $. Le changement est immense. La dette extérieure passe de 2,699 milliards $ à 558 millions $.

Différence : 2,699 − 0,558 = 2,141 milliards de dollars. C'est une réduction d'environ : 2,141 ÷ 2,699 × 100 = 79 %. En une année, le stock de dette extérieure recensé chute donc d’environ 79 %.

Aujourd’hui, le problème de la dette haïtienne n’est plus principalement extérieur. Regardons encore la composition de 2024, pour laquelle nous disposons de stocks observés particulièrement détaillés.

Dette totale : 3,8247 milliards $

Dette extérieure : 558 millions $

Dette intérieure : 3,2667 milliards $.

La dette extérieure représente : 558 ÷ 3 824,7 × 100 = 14,6 %.

La dette intérieure représente : 3 266,7 ÷ 3 824,7 × 100 = 85,4 %.

Autrement dit, sur 100 dollars de dette publique haïtienne en 2024, 14,60 dollars sont de la dette extérieure et 85,40 dollars sont de la dette intérieure. C’est probablement l’un des chiffres que les citoyens devraient le mieux connaître. Et qui est le grand créancier intérieur ?

Principalement la BRH. Sur les quelque 3,267 milliards de dollars de dette intérieure à fin 2024 ; 2,659 milliards correspondent aux avances de la BRH au gouvernement. Le FMI indique que ces avances représentent environ 80 % de la dette intérieure.

Rapportons-les maintenant à toute la dette publique : 2,659 ÷ 3,825 × 100 = 69,5 %. Ce calcul mérite d’être écrit en grosses lettres. Environ 70 dollars sur chaque 100 dollars de dette publique haïtienne à fin 2024 étaient dus à la Banque centrale haïtienne. Ce n’est pas la Chine. Ce n’est pas la France. Ce n’est pas les États-Unis. Ce n’est même plus principalement le Venezuela. C’est, pour l’essentiel, une dette intérieure dont la BRH constitue le principal créancier. Et maintenant, où en sommes-nous en 2026 ?

Il faut ici être rigoureux. L’exercice fiscal 2026 n’étant pas encore terminé au moment où ces lignes sont écrites, nous ne devons pas présenter une projection comme un chiffre définitivement réalisé. Le rapport du FMI publié en mai 2026 donne pour l’exercice 2026 une projection d’environ 10,7 % du PIB pour la dette publique totale et 1,1 % du PIB pour la dette publique extérieure.

On peut donc déduire approximativement la composante intérieure : 10,7 − 1,1 = 9,6 % du PIB.

Et la part extérieure de la dette totale projetée serait : 1,1 ÷ 10,7 × 100 = 10,3 %.

La part intérieure serait donc autour de : 89,7 %.

Ce sont des projections, qui devront être remplacées par les données définitives lorsque l’exercice 2026 sera clos. Mais le message économique est déjà clair. Haïti n’est pas aujourd’hui un pays lourdement endetté à l’étranger. En proportion de son PIB, sa dette extérieure publique est exceptionnellement faible. Alors, pourquoi le FMI dit-il encore que le risque de surendettement est « élevé » ?

Voilà une nuance essentielle que les candidats devraient expliquer au lieu d’utiliser seulement les chiffres qui les arrangent. Le FMI considère la dette publique haïtienne comme soutenable dans son scénario de référence. Mais il classe en même temps Haïti à risque élevé de surendettement. Contradiction ? Non.

Le problème n’est pas seulement la quantité de dette. Le problème est la capacité du pays à la supporter. Supposons deux personnes. La première doit 10 000 dollars mais gagne 100 000 dollars par année. La seconde doit seulement 2 000 dollars, mais n’a presque aucun revenu régulier. Qui est financièrement le plus fragile ? Probablement la seconde. Haïti se trouve dans une situation comparable. Le pays a peu de dette extérieure, mais possède aussi une base fiscale extrêmement faible; des exportations très réduites; des institutions fragiles; une économie en contraction; de gigantesques besoins d’infrastructures; une forte vulnérabilité aux catastrophes naturelles. Le FMI souligne précisément que la faiblesse des exportations et des recettes réduit la capacité d’endettement du pays.

Voilà pourquoi « Haïti peut emprunter 20 milliards demain » serait également une salade. Une dette faible n’est pas un permis de s’endetter sans limite. Prenons un exemple volontairement simple. Si la dette représente actuellement environ 10,7 % du PIB, certains pourraient dire que les autres pays sont à 50 %, 70 % ou 100 %. Nous pouvons donc emprunter énormément. » Ce raisonnement est dangereux. Pourquoi ? 

Parce qu’un pays rembourse notamment sa dette extérieure avec les devises qu’il arrive à générer. Or les exportations haïtiennes sont extrêmement faibles. Le FMI constate qu’elles sont passées d’environ 5,6 % du PIB en 2023 à seulement 2,4 % en 2025, selon la série révisée. Un pays qui exporte peu peut avoir du mal à trouver les dollars nécessaires pour servir une dette extérieure, même si cette dette paraît faible comparativement au PIB. La vraie question n’est donc pas « Combien pouvons-nous emprunter ? » mais « Qu’allons-nous produire avec chaque dollar emprunté pour pouvoir ensuite le rembourser ? »

 Un emprunt n’est pas nécessairement mauvais. Voilà une autre confusion qu’il faut éliminer du débat politique. Un État qui emprunte n’est pas nécessairement mal géré. Supposons qu’Haïti emprunte 500 millions de dollars à très long terme et à taux concessionnel. Si cet argent permet de construire des infrastructures capables de générer, directement ou indirectement, 100 millions de dollars supplémentaires de production par année, après quelques années le pays dispose d’une infrastructure; d’une production supplémentaire; de nouveaux emplois; de nouvelles recettes fiscales; éventuellement de nouvelles exportations.

La dette possède alors une contrepartie réelle. Mais si les mêmes 500 millions servent principalement à des véhicules; des voyages; des contrats sans résultats; des dépenses administratives; des projets abandonnés; des équipements inutilisés; alors la dette reste, mais l’actif correspondant n’existe pas. C’est là que se trouve le véritable débat politique.

Kot kòb PetroCaribe a ?

La bonne question sur PetroCaribe n’est donc pas seulement « où est passé l’argent ? » Cette question est légitime. Mais économiquement, il faut aller plus loin. Nous savons qu’environ 1,8 à 2,2 milliards de dollars de créances liées au Venezuela/PetroCaribe ont fini par constituer l’essentiel de la dette extérieure haïtienne avant l'accord de 2024. La question fondamentale devient : Quelle quantité de capital national permanent reste aujourd’hui en contrepartie de cette dette ? Combien de mégawatts d’électricité ? Combien de kilomètres de routes entretenues ? Combien de systèmes d’irrigation ? Combien d’usines ? Combien de ports modernisés ? Combien d’écoles techniques ? Combien d’hôpitaux fonctionnels ? Combien de systèmes d’eau potable ? Voilà l’audit qu’une nation sérieuse devrait réaliser et non se contenter qu’un responsable leur dire : Lajan an pase nan Hotel Marriott.

On a raté deux grandes occasions en quinze ans. Lorsque nous mettons toute l’histoire sur une seule ligne, une réalité saisissante apparaît. Première fenêtre entre 2009-2011, allégements massifs de dette; dette extérieure ramenée de 19 % à moins de 9 % du PIB. Puis en 2011-2023, nouvelle accumulation; PetroCaribe à l’extérieur; BRH à l’intérieur; dette publique atteignant près de 6 milliards de dollars en 2023.

Deuxième fenêtre en 2024 500 millions de dollars versés dans l'accord avec le Venezuela; 1,69 milliard de dollars de dette annulée; dette extérieure ramenée à environ 558 millions de dollars; dette totale ramenée à environ 3,825 milliards.

Et, aujourd’hui ?

Le FMI projette pour 2026 une dette publique totale autour de 10,7 % du PIB, dont seulement 1,1 % du PIB de dette extérieure. Haïti a donc bénéficié, en l’espace d’une quinzaine d’années, de deux extraordinaires réductions de son endettement extérieur. Cette réalité devrait être au centre du débat économique national.

Cinq questions simples à poser à tout prochain candidat à la présidence. Lorsqu’un candidat promettra des milliards de dollars d’investissements, le citoyen ne devrait pas seulement applaudir. Il devrait demander :

Première question : combien cela coûtera-t-il ? Pas « beaucoup ». Pas « plusieurs milliards ». Il nous faut un chiffre.

Deuxième question : qui paiera ? Les impôts ? La diaspora ? Le secteur privé ? Les institutions internationales ? Un nouvel emprunt ?

Troisième question : si c’est une dette, à quel taux et pour combien d’années ? Un milliard de dollars à 1 % sur quarante ans n’est pas la même chose qu’un milliard à 10 % sur cinq ans.

Quatrième question : quel actif restera après l’emprunt ? Une route ? Une centrale ? Un port ? Une université ? Un réseau d’irrigation ?

Cinquième question : qu’est-ce qui produira les revenus nécessaires au remboursement ? Une dette sans source future de remboursement n’est pas un programme de développement. C’est une facture laissée aux suivants.

Enfin clarifions. Ces chiffres ne constituent ni un programme de gauche, ni un programme de droite, ni un programme de pouvoir. Ce sont des données. Et une démocratie devient plus exigeante lorsque les citoyens commencent à faire eux-mêmes les divisions. La grande question qui devrait désormais être posée aux prétendants à la conduite de l’État n’est donc pas seulement « Comment allez-vous réduire la dette ? » Dans l’Haïti de 2026, cette question est trop courte. Il faut demander « Que comptez-vous faire de la rare capacité d’endettement dont dispose encore le pays, et quel actif productif laisserez-vous en face de chaque gourde ou de chaque dollar emprunté ? » Car une dette n’est ni une honte ni une richesse. Elle est un outil à double résultats. Si elle est entre les mains d’un État capable, elle peut construire demain. En revanche, entre les mains d’un État sans discipline, elle peut simplement faire payer demain pour ce qui a été consommé hier.

Notes :

1.     Les chiffres ne disent pas pour qui voter. Ils permettent de savoir ce qu’on nous raconte

2.     Les initiatives PPTE (Pays pauvres très endettés) et IADM (Initiative d'Allégement de la Dette Multilatérale) sont deux programmes majeurs de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) conçus pour réduire durablement le fardeau de la dette des pays à faible revenu

References

Fonds monétaire international (FMI). Haiti: 2010 Article IV Consultation and Request for a Three-Year Arrangement Under the Extended Credit Facility. IMF Country Report No. 10/263. Washington, D.C., 2010.

Fonds monétaire international (FMI). Haiti: 2015 Article IV Consultation and Request for an Extended Credit Facility Arrangement. IMF Country Report No. 15/157. Washington, D.C., 2015.

Fonds monétaire international (FMI). Haiti: Request for Disbursement Under the Rapid Credit Facility. IMF Country Report No. 20/121. Washington, D.C., 2020.

Fonds monétaire international (FMI). Haiti: 2022 Article IV Consultation. IMF Country Report No. 22/207. Washington, D.C., 2022.

Fonds monétaire international (FMI). Haiti: 2024 Article IV Consultation. IMF Country Report No. 24/333. Washington, D.C., 2024.

Fonds monétaire international (FMI). Haiti: 2025 Article IV Consultation. IMF Country Report No. 25/337. Washington, D.C., 2025.

Fonds monétaire international (FMI). Rapport-pays sur Haïti, IMF Country Report No. 26/107. Washington, D.C., mai 2026.

Ministère de l’Économie et des Finances, République d’Haïti. Tableaux des opérations financières de l’État (TOFE), exercices concernés.

Banque de la République d’Haïti (BRH). Rapports annuels et statistiques monétaires et financières, exercices concernés.

Dacely Bertrand

Ingénieur TELECOM | Maîtrise en IT

Professeur, University of the People (California)

Professeur, American University of the Caribbean (Les Cayes)