Les grands secrets d’Haiti en matière d'écologie humaine

Texte No 6 B–Sortie de crise- Partie 2

Jean André Victor
22 mai 2026 — Lecture : 16 min.
Les grands secrets d’Haiti en matière d'écologie humaine

Dans une stade de football

 

Le secret de la résilience haïtienne au regard de la crise que connait actuellement la RH (République d’Haïti), en tant que pays menacé d’effondrement, réside dans le football haïtien, non seulement tel qu’il est, mais aussi tel qu’il devrait être. Pour

introduire un tel sujet à controverse et faciliter, par la suite, la prise de décision, il convient de présenter une expérience de pensée, accessible à plus d’un, afin de montrer que tous les vents sont favorables à celui qui sait où il va. Le présent texte décrit une méthodologie innovante, élaborée dans le cadre d’une stratégie de sortie de crise fondée sur le développement du football haïtien. Il comprend trois

sections distinctes, mais indissociables. La première décrit le cadre conceptuel de l’opération 80 000, ainsi nommée pour faire référence à la construction des deux stades de football de 40 000 places chacun ; la deuxième retrace le cadre méthodologique retenu en la circonstance tandis que la troisième résume le cadre opérationnel, suggéré dans le but de rappeler, le cas échéant, que ce qui manque en la matière, ce n’est pas les fonds à mobiliser, mais plutôt les idées-forces qui font la force des projets bancables, capables de séduire les bailleurs de fonds.

SECTION 1. LE CADRE CONCEPTUEL

La RH semble ne pas réaliser que pour survivre dans le monde d’aujourd’hui, un petit Etat insulaire doit entrer dans l’économie du savoir de manière intelligente et intelligible. Si le brésilien Ronadhino a pu transformer le football en art, la RH peut le transformer en moteur de croissance économique. La république aura alors besoin de beaucoup plus de bons techniciens que de mauvais politiciens, de beaucoup plus d’ingénieurs compétents que de charlatans arrogants, de beaucoup plus de chercheurs honnêtes que de plagiaires professionnels et de beaucoup plus d’hommes d’action que d’actionnaires insolvables. Loin de sombrer dans la verbomanie, il faut, de préférence, créer pour innover, innover pour partager et partager pour ajouter de la valeur aux choses qui marchent notamment quand rien ne va plus.

Une innovation stratégique

Les disciplines sportives pratiquées en Haïti sont nombreuses et variées. Parmi les sports de compétition, le football s’impose comme le plus fédérateur et le plus

prometteur, en termes d’impact positif sur la croissance économique. Généralement classé dans le secteur des services, la part du football dans la formation du PIB (Produit Intérieur Brut) est actuellement négligeable. Pourrait-on, dans ce cas, faire du football haïtien un moteur de croissance économique ? Si on est pour, il faudra dépasser le

stade des affirmations gratuites, des opinions personnelles et des jugements de valeur, toutes choses qui s’opposent à la méthode scientifique. Il convient alors de démontrer comment il faut s’y prendre pour ne pas être pris au dépourvu.

La présente propose de classer le football, non dans le secteur des services ou secteur tertiaire, mais dans un nouveau secteur. Quelle serait l’économie d’une pareille démarche ? N’est-ce pas qu’on parle souvent des industries sportives ? Pourquoi ne pas alors classer le football dans le secteur industriel ? Faut-il, dans ce cas, rappeler que le secteur industriel repose essentiellement sur les activités de transformation, la division du travail, la spécialisation des fonctions, l’automatisation des tâches répétitives la mécanisation et la motorisation, toutes choses qui paraissent incompatibles avec la pratique et la régulation du football. Il faudrait donc trouver autre chose. Pour faire court, le football de demain n’appartiendrait ni au secteur primaire ni au secteur secondaire ni, non plus, au secteur tertiaire. Il ferait plutôt partie du secteur quaternaire (en raison de l’économie du savoir) ou même quinaire (grâce à la valeur ajoutée de la culture). Cela sous-entend qu’il convient de changer de paradigmes pour entrer dans la république du savoir et le salon du foot intelligent. Se konnen fè ki fè !

Le rationalae de la démarche

Le football haïtien, symbolisé par les Grenadiers, perçu jusqu’à maintenant comme un pôle d’excellence à l’intérieur du secteur tertiaire dans la catégorisation traditionnelle, deviendrait un élément du secteur quaternaire et/ou quinaire, incluant de nouvelles valeurs ajoutées par le savoir et la culture. Ce qui va permettre d’exploiter au mieux la participation d’Haïti au championnat mondial de foot de l’an 2026. En termes clairs, il faudrait arrêter d’opposer les Haïtiens de l’Intérieur et les Haïtiens de la diaspora. Ce sont deux faces d’une même médaille. Quel que soit le nombre de joueurs d’origine haïtienne vivant à l’étranger qui se retrouve dans le team de rêve des Grenadiers, on est bel et bien en face d’une équipe haïtienne. C’est notre mentalité qu’il faut changer et non la réalité qui s’impose à nous. Nous ne sommes plus en 1974. Il ne s’agit point de revenir en arrière. Aller de l’avant veut dire, dans ce cas, s’adapter progressivement à une société en mutation dans un monde toujours changeant. Bourik chaje pa kanpe !

Le foot haïtien en tant que science

Le football haïtien sera un nouveau champ d’étude qui sera enseigné de la maternelle à l’université. On le retrouvera au centre de diverses disciplines à l’instar de l’Histoire, la Géographie, l’Economie, les Sciences Juridiques, les Sciences de l’Ingénieur, les Sciences Médicales, les Sciences Humaines et Sociales, les Neurosciences, etc). Une façon de se familiariser avec la science par la magie du football ! Des cours avancés seront dispensés dans les universités. Des instituts spécialisés seront créés. La spécificité du foot haïtien sera étudiée, valorisée et commercialisée. Le musée du foot sortira de terre dans le meilleur délai tandis que des musées de cire seront mis en place pour immortaliser les grands joueurs haïtiens. Haïti inaugurera en l’année 2049 la cité

du football, selon le même schéma utilisé par le Président Estimé pour construire la Cité de l’Exposition. Une étude prospective sera réalisée en vue de guider les grandes orientations du plan stratégique de promotion du foot natif natal. Un fonds national public / privé sera créé pour assurer le financement de la recherche / développement dans le domaine des industries sportives. Aux portes de la république, il sera écrit en

lettres de feu : Nul ne rentre ici s’il ne veut pas tenter l’impossible à l’heure du possible.

Si w pa mason, ou pa rantre nan lòj !

SECTION 2. LE CADRE METHODOLOGIQUE

Haïti a participé en 1974 à la coupe du monde de football et les retombées de cet exploit ont été très minces après une cinquantaine d’années. Les catastrophes

politiques ne suffisent pas à expliquer l’absence d’infrastructures sportives dans le pays et la gouvernance approximative de ce secteur. Il faut donc aborder la coupe du monde de 2026 avec de nouveaux paradigmes. D’un côté, il y a ce qui ce qui se passe sur le terrain ; de l’autre, il y a ce qui se passe dans les esprits. Ce qui se passe dans les esprits est tout aussi important que ce qui se passe sur le terrain. Il faut créer, aujourd’hui, la richesse à partir du football. C’est cela l’opportunité de la crise actuelle tandis que la société haïtienne est menacée d’effondrement. La république doit se réveiller grâce au son du lambi porté par les Grenadiers. L’exploit haïtien, ce n’est pas de participer à la coupe du monde, c’est plutôt le fait d’y participer tandis que le pays

est en train de s’effondrer. Dèyè mò n, gen mò n !

Les opportunités actuelles

Malgré que la nation haïtienne connaisse actuellement une crise sociétale de forte

intensité au point de mettre en péril sa propre existence, il est encore possible de suivre le modèle de Chicago des années 1960 / 70 qui a connu des progrès notables en plein développement du gangstérisme. A l’époque, les gangs se multiplièrent à l’envi, la police et la justice étaient très corrompues, mais la fraction saine de la population active n’avait pas hésité à supporter les choses qui marchent, si bien que celles-ci finissent par l’emporter sur les choses qui ne marchent pas. Il faut donc construire autour de la cinquantaine de choses qui marchent, comme la chevauchée actuelle des Grenadiers. Ceux-ci sont nos ambassadeurs auprès des potentiels bailleurs de fond, c’est-à-dire la FIFA, les multinationales du sport, les joueurs de haut niveau, les clubs de foot, les métiers du foot, les pays qui investissent dans le foot, etc. Des joueurs exceptionnels qui deviendront des ambassadeurs de bonne volonté et des diplomates du foot ? N’est- ce pas là encore l’occasion d’innover dans cette nouvelle branche de la diplomatie !

C’est quoi un stade de 40 000 places

Construire deux stades de 40 000 places chacun n’est pas une utopie. Encore moins, un projet hors de portée des Haïtiens. Sous l’administration du Président Magloire (1950 – 1956), la république a réussi cinq grands projets : le projet de Péligre/Artibonite, initié par le Président Estimé, le Stade Sylvio Cator, l’autoroute de Delmas, les cités

ouvrières et militaires de Bas Delmas et la consolidation de la Cité de l’Exposition, inaugurée en 1949 par le Président Estimé à l’occasion du bicentenaire de Port-au- Prince. Qu’est-ce qu’on a fait des acquis de ces cinq projets structurants dont la valeur cumulée dépasse les 500 millions de dollars américains ? Que vaut, aujourd’hui, le stade Sylvio Cator en voie de disparition accélérée ?                                                   Le temps est venu de montrer

que « vye nèg pa vye chen » (Le nègre vaut son pesant d’or). Le coût moyen d’un stade varie énormément, par exemple de 200 à 900 millions de dollars américains, compte tenu de la localisation géographique, de la capacité d’accueil, du niveau de confort désiré, des exigences de sécurité et des infrastructures connexes. Selon la taille du projet retenu, le coût global oscillera entre 200 millions et 2 milliards de dollars américains. Si l’on retient la moyenne universelle de 5 000 US$ par place, cela ferait une somme de 200 millions US $ pour un stade de 40 000 places. Le moment est idéal pour mobiliser les 400 US $ millions, en faisant appel à des professionnels aguerris et des cadres compétents et motivés. A la vérité, ce qui compte en fin de compte, ce n’est ni le stade en soi ni la somme à dépenser, mais plutôt la volonté de penser l’Etat-Nation comme un joyau du genre humain afin de sortir de la spirale des micro-projets et de la communauté des micro-citoyens. Wi, nou kapab !

Les fondements de la stratégie nationale de 2026

Dans le cadre de l’olympisme traditionnel, « l’essentiel, c’est de participer ». Pour un pays moins avancé, en guerre sur plusieurs fronts à la fois, l’essentiel est de faire du football contemporain un moteur de croissance économique, à l’heure où ce dernier est devenu un secteur économique. L’essentiel de l’essentiel est de créer la richesse en s’inspirant des enseignements de l’histoire universelle du football. Etant donné qu’on ne peut refaire la route parcourue par le football européen, il faut innover au lieu de singer. Faire autrement veut dire, dans un premier temps, former en masse des sportifs de haut niveau pour les compétitions internationales et augmenter l’attractivité du pays par une offre sportive de qualité, soutenue par des infrastructures de standard

international. Un code du football haïtien sera élaboré pour organiser et réguler le marché du sport-roi (formation, perfectionnement, stage, transfert, championnat national et international, coupe du monde, etc) . Il faudrait, alors, développer, en même temps, les métiers du foot professionnel (sciences juridiques, médecine, informatique, tourisme, hôtellerie, agriculture, industries culturelles, etc). Mache chache pa janm dòmi san soupe !

Les éléments de la stratégie nationale

Il convient d’avoir un modèle différent du modèle européen, lequel est axé sur l’investissement lourd, l’importation de joueurs d’exception, la compétition intensive, le marketting exclusif ou la recherche/développement ponctuelle. Le modèle haïtien de foot sera plutôt fondé sur la formation de joueurs exceptionnels, l’exportation des talents rares, la modernisation des entreprises sportives et la recherche de produits innovants pour le marché du foot. Il prendra appui sur l’avènement de la république du savoir et

l’instauration de l’Etat de Droit. Dit autrement, la société haïtienne sera fondée sur le savoir et le droit et non sur les missiles à tête nucléaire de la corruption et de la criminalité. Alors, la formulation d’un plan scientifique et technique de mise en valeur des ressources locales (matérielles et non matérielles) serait un prérequis indispensable dans tout processus de rationalisation des choix budgétaires. Se pa lè w grangou, ou met manje sou dife !

Tout se passe comme si la société s’était bien accommodé de l’effondrement de l’Etat- Nation qui l’a vu naitre, jusqu’à vouloir accepter de quitter la scène internationale, la queue sous le ventre. La nation a le nez dans la poussière et tolère une situation de tutelle baptisée aujourd’hui de soft power. La léthargie collective transforme les gens de bien et les gens de rien en zombies aveugles et dociles. On s’étonne, que depuis les recommandations prophétiques de Bill Gates de 1995 et la mise en garde de l’ingénieur haïtien Schiller Jean-Baptiste en 2001, le pays n’ait toujours pas de plan pour entrer dans l’économie du savoir et créer une république intelligente. On ne comprend pas, non plus, pourquoi la médiocrité gagne du terrain dans le pays d’Anténor Firmin, que les gens se taisent quand ils sont tondus et gardent le silence quand ils sont amenés à l’abattoir du crime organisé. Or, l’esclavage moderne a déjà commencé tandis que les esclaves numériques ignorent les excès de la servitude digitale, alors qu’ils négligent la science et la technologie pourtant accessibles et disponibles pour leur libération immédiate. Haïti chérie doit dire bonjour au spectre

électromagnétique et adieu à la dictature du magico-religieux. Il faut doter Haïti des deux plus grands stades de la Caraïbe.

Plan global de développement et plan de promotion du foot

Haïti reste et demeure un pays qui est passé maitre dans l’art de multiplier les réunions pour défaire l’union célébrée dans l’hymne nationale, d’élaborer des plans qui ne seront jamais exécutés, de produire des projets de loi qui ne seront jamais convertis en textes de loi et de formuler des politiques publiques qui ne seront jamais appliquées. Il y a des plans mort-nés comme le Plan d’Action de l’Environnement de l’an 2000, le plan général de développement, Haïti, pays émergent en l’an 2030 et les divers schémas de développement de la ville de Port-au-Prince ; il y a les plans post-désastres qui ne sont jamais achevés ni évalués, s’ils sont mis en œuvre ; il y a une multitude de plans sectoriels, élaborés avec ou sans la coopération internationale, de vrais chevaux de Troie qui sapent les bases de l’administration publique ; côté société civile, on n’est pas plus heureux, qu’il s’agisse des plans élaborés par le CLED (Centre pour la Libre Entreprise et la Démocratie, 2003), le GRAHN (Groupe de Réflexion et d’Action pour une Haïti Nouvelle, 2011) ou le groupe de Saint-Domingue (Plan de sauvetage national 2010-2035). Comme pour prouver que la société civile ne peut pas remplacer l’Etat défaillant ! Faut-il en rire ou faut-il en pleurer ? Pourquoi les plans ne sont-ils pas appliqués ? D’une part, l’Administration Publique moribonde ne peut remplir ses fonctions essentielles ; d’autre part, le plan est l’ennemi de la corruption, car il permet d’évaluer ce qui a été fait ou ce qui n’a pas été fait dans un délai donné. Or, l’Etat

Prédateur encourage la corruption et s’arrange pour détruire les plans dans l’œuf.

Donc, les chances sont très minces de voir les plans s’appliquer là où triomphent la corruption et l’impunité. Pourtant l’exercice de planification est incontournable. La mise en œuvre d’un plan reste le meilleur indicateur pour apprécier si un gouvernement cherche vraiment à entrer dans l’Etat de Droit. Il faut donc se résigner à parler de corde dans la maison du pendu.

Le tableau suivant montre les relations qui existent entre un plan global de développement (PGB) à élaborer et le plan de promotion du foot (PPF) à développer, à partir de la date où ils avaient été produits.

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Le tableau précédent révèle qu’il existe une relation obligée entre le PGB et le PPF. Il ne sert de rien de vouloir les dissocier. L’un complète l’autre. Mais, avant un PGB quelconque, la république a besoin d’un plan de promotion de la science et de la technologie, ce qui a été recommandé depuis 1976. Sinon, on mettra la charrue avant les bœufs. Tandis qu’on hésite et qu’on fait du surplace, la révolution numérique a

instauré un nouvel ordre technologique dans un monde nouveau, marqué du sceau des biotechnologies, des nanotechnologies, de la robotisation et de l’Intelligence Artificielle. Les technologies de pointe sont en train de rentrer chez nous par la petite porte, ce qui génère un conflit stérile entre la foi et la raison. Ouvrons donc la grande porte aux technologies de pointe ! Laissons l’oxygène de la modernisation pénétrer les poumons de la république ! Lawouze fè banda toutan solèy pa leve !

SECTION 3. LE CADRE OPERATIONNEL

Le cadre opérationnel couvre la phase d’initiation, la phase de préinvestissement et la phase d’investissement. En matière de planification appliquée, il est important de compter avec des objectifs clairs et réalistes, des activités concrètes, des indicateurs objectivement vérifiables et des résultats respectueux du développement humain durable. La présupposition de base repose sur l’idée que la RH est perçue

actuellement come un site colonisé où des esclaves numériques n’ont pas encore conscience de leur état de servitude et des possibilités de se libérer selon des stratégies de lutte centrées sur la science et la technique. Vu sous cet angle, les éléments de stratégie qui conviennent au départ du processus de libération nationale s’articulent autour de sept thématiques : définition d’une ligne de base centrée sur les faits et non sur les opinions, identification des ressources les plus abondantes, inventaire des projets à succès en situation de crise, promotion agressive de la science et de la technologie, mise en commun des ressources nationales, priorité aux

infrastructures d’une république de savoir (électricité et branchement Internet) et, géopolitique intelligente dans un monde multipolaire. L’itinéraire méthodologique adopté dans la construction des deux stades de 40 000 places est plus important que les monuments de pierre à édifier, étant donné que l’opération 80 000 marquera un tournant dans la prise en main de la stratégie de développement de la RH. Les sept options stratégiques susmentionnées doivent guider en permanence les trois phases d’initiation, de préinvestissement de d’investissement retenues pour le moment.

Mise en branle de la phase d’investissement
Le projet bancable étant validé et la gestion du temps maitrisée, il faudra organiser le processus de mobilisation des fonds de manière professionnelle. Un ambassadeur de bonne volonté sera nommé pour mener les négociations appropriées avec notamment les pays désireux de financer les industries sportives. Des comités ad hoc seront créés dans l’objectif de conclure des protocoles d’accord avec des entreprises engagées dans les technologies de pointe et ensuite avec des multinationales intéressées dans la conquête de nouveaux marchés. Le financement participatif sera envisagé également (promesses de dons et d’achat d’actions). Une évaluation ex-ante précédera le coup d’envoi des opérations de construction proprement dites.
La RH aura le choix entre plusieurs options, à partir de maintenant, dès que l’environnement du secteur et l’environnement de pays seront favorables pour l’éclosion de grands projets. Elle pourra choisir entre la voie facile et incertaine des amateurs et la voie laborieuse et méthodique des professionnels. C’est pendant cette phase que seront réalisés les appels d’offres et les appels à propositions dans plusieurs domaines d’intérêt (études, constructions, supervision). Quand les processus de prise de décision sont activés au mieux, la probabilité d’atteindre les objectifs souhaités est beaucoup plus élevée que dans le cas où chaque nouveau dirigeant voudrait en faire à sa tête. La durée de la phase d’investissement sera précisée dans les documents de projet. Toutefois, il n’est pas bon qu’elle débute avant les 24 mois déjà suggérés pour l’activation du préinvestissement. La république peut toujours choisir de faire les choses en amateur. Comme d’habitude. Loin des techniques et méthodes de planification. Sachez qu’à long terme, l’amateurisme est toujours battu par le professionnalisme.

Les gens se demandent souvent pourquoi les dirigeants haïtiens n’arrivent pas à suivre les voies tracées par leurs prédécesseurs, même quand ces dernières vont dans la bonne direction. Plusieurs réponses subjectives sont souvent avancées pour expliquer ce fait regrettable. L’une des principales réponses objectives à une telle question, c’est qu’il est difficile, voire impossible, de suivre les amateurs, faute de connaitre leur plan de vol. Henri Christophe a suivi les instructions de Dessalines en ce qui concerne l’aménagement du territoire parce que le modèle conceptuel était clair et net. Paul Magloire a marché sur les brisées du Président Estimé (Péligre, Artibonite, Cité de l’exposition et Tourisme) parce que le mode opératoire était clair et net. François Duvalier a fait de Péligre un barrage à double fin (ajout de la production électrique à la fonction Irrigation) parce que le choix s’imposait de lui-même. Péligre / Artibonite est de ce fait l’unique grand projet moderne à pouvoir traverser le temps. Estimé l’a conçu ; Magloire l’a mis au monde ; Duvalier a contribué à sa croissance. Qui fera de Péligre un barrage à fins multiples (irrigation, électricité, eau potable, tourisme, enseignement et recherche) ? C’est la diversité des fonctions qui assurera la durabilité de cette oeuvre collective. Si l’un des stades de 40 000 places se retrouvait à proximité de Péligre, le pays pourrait faire d’une pierre plusieurs coups. Encore une fois, un tel souhait marque l’intérêt de réaliser des études de qualité avant de faire des choix définitifs. Encore le miracle du Preinvestissement !  Afin que nul ne l'ignore !