Si l’on retire les réseaux sociaux, quelle utilité auraient ceux qui se prétendent influenceurs pour ce pays et surtout pour leurs abonnés ?

Aujourd’hui en Haïti, les réseaux sociaux sont devenus une scène où n’importe qui peut se proclamer influenceur.

Si l’on retire les réseaux sociaux, quelle utilité auraient ceux qui se prétendent influenceurs pour ce pays et surtout pour leurs abonnés ?

Jeunes étudiants

Aujourd’hui en Haïti, les réseaux sociaux sont devenus une scène où n’importe qui peut se proclamer influenceur. Pourtant, derrière ce mot à la mode se cache une réalité inquiétante : une grande partie des contenus diffusés n’éduquent pas, n’inspirent pas et ne construisent rien pour la société. Au contraire, ils contribuent à la dégradation morale, culturelle et psychologique de nos jeunes.

De plus en plus de médias et de plateformes donnent de la visibilité à des créateurs de contenus dont l’image est souvent proche du pornographique, de la vulgarité et de la bêtise assumée. Ces soi-disant influenceurs n’ont ni vision, ni responsabilité sociale. Beaucoup banalisent la consommation de drogue, la débauche, l’irrespect et la médiocrité, tout cela sous couvert de divertissement.

Le plus grave, c’est que leur public est majoritairement composé de jeunes, et même d’enfants, qui utilisent l’internet en cachette, sans encadrement parental. TikTok, aujourd’hui le réseau social le plus populaire en Haïti, est devenu un terrain dangereux où circulent librement des contenus inadaptés à l’âge, sans aucun filtre réel.

Ces enfants consomment ces vidéos quotidiennement, imitent les comportements qu’ils voient, et finissent par se détruire moralement eux-mêmes, tout comme les créateurs de ces contenus se détruisent en cherchant la visibilité à tout prix.

L’État haïtien, à travers les institutions compétentes comme la CONATEL, semble absent face à cette situation. Aucun contrôle sérieux, aucune régulation claire, aucune politique de protection des mineurs sur les réseaux sociaux. On a laissé faire, et aujourd’hui l’avenir de nos jeunes devient de plus en plus incertain.

Les réseaux sociaux ne sont pas mauvais en eux-mêmes. Ils peuvent être des outils puissants pour l’éducation, l’information, la formation, l’entrepreneuriat et la valorisation de la culture haïtienne. Mais sans morale, sans conscience et sans responsabilité, ils deviennent des armes de destruction sociale.

Il est donc légitime de se poser la question :

Si l’on retire les réseaux sociaux, quelle serait réellement l’utilité de ces prétendus influenceurs pour Haïti et pour leurs abonnés ?

Influencer, ce n’est pas seulement attirer des vues ou des likes. Influencer, c’est élever, orienter, éveiller les consciences. Un vrai influenceur doit être un modèle, pas un danger public numérique.

Haïti a besoin de contenus qui construisent, pas de contenus qui abrutissent. Il est temps que les créateurs, les médias, les parents et l’État prennent leurs responsabilités, avant que l’internet ne devienne définitivement un espace de perte pour toute une génération.