Artibonite: un an après l'enlèvement du juge DORLISME Méréus

Enlevé à son domicile le 7 décembre 2024 par les membres du gang savyen, le juge de paix, DORLISME Méréus n’a toujours pas retrouvé sa famille qui déplore l’absence des nouvelles.

ANCY Dorélus
08 déc. 2025 — Lecture : 3 min.
Artibonite: un an après l'enlèvement du juge DORLISME Méréus

Le juge Dorlismé Méréus

Enlevé à son domicile le 7 décembre 2024 par les membres du gang savyen, le juge de paix, DORLISME Méréus n’a toujours pas retrouvé sa famille qui déplore l’absence des nouvelles. 

Accablée par l'insécurité qui sévit depuis plus de trois ans, la commune de Petite-rivière de l’Artibonite, a vu disparaître plusieurs de ses figures éminentes, assassinées, portées disparues ou enlevées. Leurs familles, toujours sans nouvelles, témoignent d'une douleur persistante, comme en atteste le cas du juge de paix Dorlisme Mereus. Le sept décembre marque le premier anniversaire de son enlèvement, perpétré à son domicile par un groupe d'individus armés. À ce jour, sa famille demeure sans information. Suite à cet enlèvement, l'un des gangs qui opèrent dans la commune a revendiqué la responsabilité de l'opération. D'après nos informations, le chef du gang de Savien aurait exigé une rançon d'un demi million de dollars américains pour la libération du juge, une somme jugée prohibitive par la famille. Malgré une collecte de fonds, celle-ci n'a pu réunir que 50 000 mille gourdes, un montant manifestement insuffisant pour espérer la libération du juge Dorlismé Méréus.

Il est à noter que le huissier Claude Bernard enlevé en compagnie du juge Dorlismé Méréus a été exécuté quelques jours plus tard. Un acte qui a été condamné au plus tard le 13 décembre 2024 par le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), lequel exige la libération du juge.

D'après un membre de la famille du juge, lors de l'appel relatif à sa libération, ce dernier s'est confié à l'un de ses enfants, lui déconseillant de céder aux exigences financières du gang : « Je préfère la mort plutôt que de me soumettre aux exigences de ces hommes armés », aurait-il déclaré à l'un de ses enfants.

Le juge incarnait une figure d'autorité, en dépit des exactions perpétrées par les hommes armés dans la commune. Il ne l'a jamais abandonné, même lorsque le tribunal est devenu inopérant ; il n'a jamais failli à son devoir de rester dans la commune. Cet acte de courage a suscité l'admiration de nombreux individus, notamment les habitants de son quartier et tous ceux qui aspirent à ce que l'État reprenne pleinement le contrôle de la commune, alors sous la coupe du gang de Savien, qui continuait de semer le trouble dans diverses zones du département de l'Artibonite.

Un an après, l'enlèvement du juge par les gangs savyen reste et demeure une énigme. Sa famille attend toujours des nouvelles, en dépit des informations suggérant que les ravisseurs s'apprêtaient à l'exécuter. Bien que ces malfrats n'aient pas revendiqué cet acte, ils ont rompu tout contact avec la famille, malgré les nombreuses rançons versées en vue de sa libération. Nonobstant ces douze mois d’absence, la famille persiste à espérer que la lumière soit faite sur cette affaire et réclame justice pour le juge Dorlismé Méréus, nommé au tribunal de paix dans la commune de Petite-rivière de l’Artibonite.