Au cœur du département de l’Artibonite, dans la commune de Petite-Rivière se niche une tradition profondément ancrée dans le cœur de ces habitants : la fête de Saint-Jérôme.
Du 27 au 30 septembre, chaque année, la ville vibrait au rythme des célébrations, des messes solennelles, des processions religieuses, et des évènements culturels en l’honneur de son saint patron. Mais cette année, cela fait exactement quatre ans depuis que le silence a remplacé l’effervescence dans cette ville. Oubliés par l’État et par leur saint patron, les habitants de la ville au manoir aux 365 portes ont dû fuir leurs foyers, forcés de se refugier dans les zones avoisinantes sous pressions des gangs armés qui règne sur le territoire depuis environs quatre (4) ans. Dans ce contexte, organiser la fête de Saint-Jérôme est devenue impossible. L’esprit festif s’est éteint, remplacé par la peur et l’incertitude. Les rues autrefois animées, sont désormais désertes, témoins muets d’une tragédie qui se joue sous nos yeux.
La disparition de la fête Saint-Jérôme est bien plus qu’un simple événement annulé. C’est la disparition d’une part de l’identité culturelle de Petite-Rivière de l’Artibonite. C’est un coup dur pour les facteurs économiques de cette ville. Les festivités ont été également l’occasion pour les commerçants locaux d’exposer leurs produits et de tenter de stimuler une économie en berne, une période à laquelle des centaines de pèlerins en provenance d’autres localités du pays, nombreux de la diaspora viennent en pèlerinage.
La disparition de cette fête est comme une blessure pour les habitants de cette ville et celles d’avoisinantes, qui assistent à l’effondrement de toute une tradition, de leurs repères, sous les coups de la barbarie. Ramener la paix pour que Petite-Rivière retrouve son éclat, pour que la ville puisse renaître.
