Le 19 novembre dernier, étant à Rio de Janeiro pour faire un exposé à la Humanity Summit, Dr. Marky Jean-Pierre est allé visiter le quai de Valongo, un site qui rapelle la souffrance des êtres humains venant d’Afrique. C’était au même moment que le Président français, M. Emmanuel Macron était venu visiter le site aussi. Étant donné la situation qui sévit en Haiti où la population vit des moments de terreur et où l’éducation des jeunes est en péril, Marky Jean-Pierre, professeur à l’Université des Bahamas, a pris l’occasion pour s`adresser au Président Macron en tenant compte de l’histoire commune qui lie la France à Haïti.
Le Président lui a répondu. Sa réponse au Dr Marky Jean-Pierre entendu par des témoins de ce bref entretien a été par la suite, rapportée à la Presse et depuis lors, fait l'objet de commentaires abondants dans de nombreux organes de Presse, notamment, en France, en Haïti et aussi, en diaspora haïtienne. Nous comprenons cette portée médiatique dont fait objet l’intervention du Président. Cependant, nous constatons que la question essentielle à laquelle le Président avait répondu lors de ce bref échange avec le Professeur Marky Jean-Pierre, n’est pas rapportée par cette même presse internationale.
D’abord, il s’avère nécessaire de signaler que celui qui a posé la question au Président, au-delà de sa position professionnelle en tant que professeur d’université, est un chercheur et agent de développement attaché à l’organisation Rive – Fondasyon Onè pou Ayiti, dont il est le fondateur et le Président.
Comme le non l’indique, cette organisation prend en compte l’histoire coloniale du pays dans ses interventions sur le terrain. Elle constate en particulier que 1) l’éducation est à un niveau très bas et le futur des jeunes est incertain, 2) les jeunes des zones rurales ont un accès très limité et parfois inexistant à l’éducation, 3) En conséquence, les parents sont dans l’obligation d’envoyer leurs enfants dans les villes pour augementer leurs chances d'acceder à l’école et / ou pour trouver des moyens de survivre, 4) beaucoup de ces jeunes deviennent la proie de la violence armée et, comme le souligne UNICEF, plus de la moitié des personnes armées dans les quartiers populaires sont des enfants.
L’organisation Rive travaille à soutenir le système d’éducation en Haïti et s’évertue à créer des campus scolaires dans les zones rurales. Le début de notre travail est lancé depuis 4 années dans une zone rurale de l’arrondissement de Lascahobas dans le département du Centre. Notre école pilote qui offre de façon totalement gratuite de l’éducation à 250 élèves, continue à se développer au fur et à mesure que nos activités de levée de fonds réussissent.
C’est en vertu du travail du groupe Rive en Haïti, notre connaissance de la situation si difficile dans le pays, le rôle de la communauté internationale dans la misère que traversent les Haïtiens, que Dr. Marky Jean-Pierre, Président et fondateur dudit groupe a abordé le Président français. La question essentielle concernait l’avenir des enfants haïtiens. C’est pourquoi le Prof. Jean-Pierre a questionné le Président français, en tant que l’une des figures les plus représentatives de la communauté internationale. Il cherchait une réponse à propos de la situation chaotique où les balles et des armes à feu se substituent aux manuels scolaires.
En publiant cette note à la presse, par le biais de la voix du Prof. Marky Jean-Pierre, notre groupe, Rive – Fondasyon Onè pou Ayiti, entend articuler quelques questions à la communauté internationale, telles que :
Pourquoi la communauté internationale assiste-t-elle de façon presque silencieuse à la souffrance du peuple haïtien ?
Pourquoi cette communauté regarde-t-elle, pratiquement les bras croisés, à la destruction de la nation haïtienne? Pourquoi sont-ils si sourds aux cris des enfants qui reçoivent des projectiles, aux écoliers qui se font tuer, aux pleurs de centaines de milliers de gens qui fuient leurs maisons, à la misère de cette femme qui, sous la pluie, tient les mains de ses deux enfants et sur sa tête, un paquet lourd contenant toute la valeur de sa maisonnée en cherchant un lieu pour passer la nuit ?
Pourquoi la communauté internationale regarde-elle les bras croisés, la destruction de la jeunesse haïtienne? En fait, est-ce que la communauté internationale désire vraiment, comme beaucoup d’haïtiens le pensent, l’anéantissement de la nation haïtienne et, si c’est le cas, pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle en retire ?
Nous avons entendu dire que la violence armée en Haïti serait motivée par certains secteurs de l’international qui chercheraient un accès sournois à des ressources naturelles de valeur pour les exploiter sans contrepartie locale.
Quelle exploitation économique pourrait justifier la perte à grande échelle de la vie d’innocents tués, l'extrême souffrance de familles complètement annihilées, une jeunesse en proie au désespoir, tout un pays en grande détresse ?
Comment expliquer à la future génération qu'un développement économique aurait été fondé sur le sang d'un nombre considérable d'enfants assassinés, de femmes violées, de familles détruites, sur la souffrance généralisée et provoquée de toute une population ?
Alors, en posant cette question au Président Emmanuel Macron, le Prof. Marky Jean-Pierre a également interpelé les dirigeants de ce monde. C’est un appel á leur humanité. Au-delà de la singularité de la voix du Prof. Jean-Pierre dans sa question au Président Macron, la voix qui pose ces questions est celle des enfants haïtiens, des femmes violées, des familles qui implorent en plein désarroi. Ces questions sont adressées à la France toute entière, un pays avec lequel Haïti partage un passé historique ainsi que de nombreux traits linguistiques et culturels. À noter qu’Haïti a purgé dans ses maigres ressources pour dédommager les colons esclavagistes après son Indépendance acquise dans le sang le 1er janvier 1804. C’est à cette même France que le Prof. Jean-Pierre s’est adressé, en prêtant sa voix à une nation souffrante exprimant son droit naturel á l’existence et à une vie digne.
Au-delà de la France, c’est toute la communauté internationale qui est interrogée, notamment la Chine, la Russie, les États-Unis, le Royaume Uni et le Canada. En s’engageant sur le terrain en Haïti pour soutenir l’éducation des enfants, en particulier dans les zones rurales et en cherchant des bourses d’études pour des jeunes haïtiens afin de contrer la fuite des cerveaux, par le biais notamment, de la voix du Prof. Jean-Pierre, l’organisation Rive – Onè pou Ayiti se joint à tous ceux et toutes celles qui exigent que la communauté internationale dans son ensemble, assume ses responsabilités dans la crise haïtienne. Il s’agit d'aider à faire face à la destruction du secteur agricole, la faim extrême dans le pays, le traitement inhumain d'un grand nombre d`humains forcés d’abandonner leurs lieux d'habitation.
Ces questions sont aussi posées aux dirigeants et élites haïtiens pour interpeller leur conscience de la portée de la crise humanitaire sévère actuelle en Haïti, qu'ils s’élèvent à la hauteur de ces urgences, s’attèlent patriotiquement à protéger leurs citoyens et citoyennes et s’engagent à construire la nation haïtienne.
Marky Jean-Pierre, EDD, PhD
PDG de l’organisation Rive - Fondasyon Onè pou Ayiti - www.rive.one