La justice ferme définitivement ses portes

La justice ferme définitivement ses portes à partir de cette semaine. Après la note conjointe des associations des magistrats, l'Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH) et le Syndicat des greffiers d'Haïti (SYNGH) ont appelé les greffiers et les commis parquets des 18 juridictions du pays à rester chez eux. Les audiences prévues dans la juridiction de Port-au-Prince sont subséquemment annulées, jusqu'à ce que le pays soit stable.

Publié le 2019-10-28 | Le Nouvelliste

L'Association nationale des greffiers haïtiens et le Syndicat des greffiers d'Haïti, à travers une note datée du 27 octobre, disent constater que, depuis environ deux mois, les tribunaux sont dysfonctionels à causes des crises politiques qui ronge le pays. Ils «déplorent le fait que des tribunaux aient été attaqués, pillés et incendiés pendant cette période de crise politique».

Citant des tribunaux qui ont été vandalisés, Me Ainé Martin et Me Gregory Avril, respectivement présidents de l'ANAGH et du SYNGH, dénoncent des attaques perpétrées contre les établissements judiciaires et deux magistrats de la juridiction de Port-au-Prince. «Ils déplorent également que les autorités étatiques concernées n'arrivent pas à élaborer un climat de sécurité dans le pays.

L'Association Nationale des Greffiers Haïtiens et le sydicat des Greffiers D'Haïti regrettent que la justice, garant des libertés individuelles et des droits des citoyens, ne puisse pas remplir sa mission constitutionnelle entant que t'elle».

Ainsi, lit-on, l'ANAGH et le SYGH en appellent à une issue favorable allant dans le sens de l'intérêt de la population haïtienne. Les associations et syndicats de greffiers appellent les greffiers et les commis parquets des 18 juridictions de la République de prendre des précautions nécessaires et de rester chez eux jusqu'à ce que leur sécurité soit garantie. Ce faisant, les greffiers emboîtent le pas aux magistrats qui se sont démunis de leurs toges pour mettre au pied du mur les autorités responsables de la sécurité des vies et des biens des citoyens du pays.

Cette situation entrave du coup la bonne administration de la justice dans le pays. Le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince a du annuler des assises qui devraient se réaliser ce lundi. «Il était question qu'on organise des audiences correctionnelles et de référé dans l'enceinte du batiment abritant le tribunal spécial du travail à partir de lundi. Mais à cause de la parution de la note conjointe des deux associations de magistrats je ne peux pas convoquer les juges de mon tribunal», a regretté le juge Bernard Saint-Vil. La note des greffiers compliquent encore le plus la tâche du président de ce tribunal.

Le titulaire du TPI de Port-au-Prince avaient attirer l'attention sur les arrestations qu'ont effectuées les forces de l'ordre durant ces journées de manifestations sans répit. Il reconnaît les risques auxquelles sont exposées les magistrats qui devraient se rendre particulièrement au palais de justice. Toutefois, l'homme de loi assure qu'il continuera à suivre de près l'évolution de la situation avant de fixer une prochaine date pour réaliser les assises visant à aider les justiciables, notamment les prévenus.

«Les menaces sont très présentes. Nous ne pouvons pas demander aux juges et aux commissaires d’aller travailler dans ces conditions. C’est très risqués aussi pour les justiciables aussi. Il est impossible de prendre siège. Nous nous trouvons dans une situation où nous ne pouvons vraiment pas fonctionner et qu’il y a beaucoup de menaces sur nous, les magistrats », avait confié au journal le magistrat Wando Saint-Villier, rappelant que les magistrats n'ont pas la charge d'assurer la sécurité des espaces où ils siègent.

Les magistrats et les greffiers ne sont pas les seuls membres du système judiciaire qui soient affectés par la crise. Les basoches ainsi que les parquets traversent la même impasse.

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