Le secteur agricole, l'une des principales victimes de la crise

Publié le 2019-10-09 | Le Nouvelliste

La chaîne de production agricole est à genoux depuis près d'un mois. La rareté des produits pétroliers suivie de la crise sociopolitique affecte négativement ce secteur déjà en proie à des difficultés de tous genres. Producteurs, madan Sara, usines de transformation et transporteurs dépendant de ce secteur croupissent dans une sale situation. Ils ne savent où donner de la tête. Toutes les routes sont bloquées, ce qui les empêche d'atteindre les principaux centres de commercialisation.

C'est le moment de la récolte de plusieurs denrées, notamment les produits maraîchers. Depuis près de deux mois, on assiste à une rareté des produits pétroliers. Une situation qui s'aggrave encore plus avec la crise sociopolitique notamment le mouvement « peyi lòk », troisième version entammée depuis tantôt trois semaines qui rend difficile si ce n'est impossible la communication entre les régions du pays. Cette situation entraîne de graves conséquences non seulement sur la chaîne de valeur agricole mais également sur les consommateurs surtout les petites bourses, car le coût des produits alimentaires ne cesse de grimper. 

Face à une telle situation, le président du conseil d'administration de la Chambre d'agriculture et des professions d'Haïti ( CHAGHA), Érick Balthazar, affirme que la crise touche de plein fouet la production agricole. Cette dernière, explique-t-il, constitue une entrave à la commercialisation des denrées agricoles car il est difficile de passer d'une région à une autre. En pleine période de récolte, les producteurs des denrées maraîchères en sont les principales victimes. La raison est simple, ajoute-t-il, puisqu'il s'agit des produits hautement  périssables.

Ces marchandises ne peuvent pas atteindre les marchés de Croix-des-Bossales, de Lector et de Carrefour qui sont les principaux endroits où s'écoulent ces types de produits. Certains commerçants sont obligés de monnayer les protestataires afin d'enlever leurs barricades. Par ailleurs, il y a des dizaines de bouchons avant d'atteindre les marchés susmentionnés. Le coût de transaction augmente. Ce qui influe sur les prix de ces produits car, en plus de cela, une partie se trouve en déconfiture et ne devient plus comestible. 

L'agro-industrie se trouve également dans cette situation. Ce secteur important pour l'économie du pays n'est pas en mesure de s'approvisionner en matières premières et en carburant et a du mal à fonctionner normalement. La crise représente ainsi un frein à  la chaîne de valeur de toutes les filières agricoles. Les conséquences sont déjà visibles et regrettables. Érick Balthazar parle des entreprises qui ont déjà plié bagage, citant des entreprises ayant lancé l'exportation d'avocats et de piments. 

Les conséquences sont en train de s'amonceler un peu plus. Les entreprises sont parties, des employés sont remerciés sans oublier des centaines de contrats d'achat annulés. Tilmé Venel, un producteur agricole et responsable d'association de producteurs dans la vallée de l'Artibonite, a peint un tableau très sombre de ce qui se  passe au niveau du secteur au cours des quatre dernières semaines. Le responsable croit qu'on est en train d'étouffer le secteur. C'est, soutient-il, une crise de trop. Une raison de plus  de décourager les agriculteurs. 

Abondant dans le même sens, le président du conseil d'administration de la CHAGHA croit que ce mouvement est de nature à mettre les producteurs dans une situation d'incertitude. Au niveau des parcelles irriguées, ce sera bientôt la campagne d'hiver, c'est-à-dire la deuxième plus importante campagne agricole du pays. Avec des pertes aussi élevées et des conditions aussi incertaines, Érick Balthazar prévoit une nette diminution des espaces habituellement mis en valeur. Ce qui pourrait avoir de graves conséquences sur la disponibilité alimentaire au début de l'année prochaine. 

Jose Flecher

Jose Flecher
Auteur
Ses derniers articles

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".