La migration des jeunes Haïtiens en République dominicaine, une préoccupation…

Dans le cadre de la 31e année du Forum libre du jeudi et de la 32e année du Centre Pétion Bolivar, les organisateurs, sous les auspices de la Fondation Friedrich Ebert et du Centre Pétion Bolivar, ont réalisé à l’hôtel Le Plaza, le jeudi 26 avril 2018, un forum sur « La migration des jeunes Haïtiens et Haïtiennes en République dominicaine ». L’occasion pour des intervenants de mettre au point des éléments relatifs à cette problématique qui affecte la relation entre ces deux républiques qui partagent cette île victime des « moments d’incompréhension, de rivalités, de souffrance, de morts...»

Publié le 2018-04-27 | Le Nouvelliste

Arnold Antonin, l’organisateur principal de Forum libre du jeudi, invite les autorités concernées à prendre des mesures élémentaires en vue d’améliorer les conditions de vie des Haïtiens vivant du côté de la frontière haïtianno-dominicaine. Selon lui, la migration des jeunes vers d’autres pays, notamment le Chili et la République voisine, est due à un manque de résilience. « L’État haïtien doit créer les conditions de résilience chez les jeunes Haïtiens pour éviter de se réfuguier sous d’autres cieux. Sinon, les jeunes seront bientôt le passé d’Haïti », estime le cinéaste qui propose une lutte pour le respect des droits fondamentaux de l’Haïtien, notamment les jeunes.

César Antonio Cuevas Pérez, ministre conseiller au consulat général de la République dominicaine à Port-au-Prince, a, d’entrée de jeu, indiqué que plus de 60 % des immigrants haïtiens sont des jeunes dont l’âge est compris entre 15 et 34 ans. D’après lui, les études sociodémographiques des 8 dernières années montrent que 65% des jeunes Haïtiens vivent dans la zone urbaine et 33 % dans la zone rurale. Il a affirmé que 6,29% de la composante d’immigration haïtienne en République dominicaine a terminé ses études supérieures et 0,16% a atteint les niveaux de la maîtrise et du doctorat.

« 23,18% ont achevé leurs études secondaires ou ont été formés dans des études de police. Ce qui leur a permis d’occuper des postes dans les sites touristiques en république voisine, en tant que responsables de la sécurité dans les résidences et les exploitations agricoles. Ceux qui ont terminé l’éducation de base atteignent 45,75% et ceux qui n’ont fourni aucune intervention sur le niveau d’étude couvrent 1,66% », a expliqué César Antonio Cuevas Pérez, ajoutant que plus de 76,4% des Haïtiens sont concentrés dans trois branches d’activités : agriculture 33, 8%, construction 26,3%, commerce 16,3%.

« Quant aux activités commerciales, formelles et informelles, les immigrants haïtiens y sont représentés avec 17 %. Dans le secteur manufacturier et activités du ménage, celle-ci regroupent 5,9% chacune », entérine M. Pérez.

Concerné par la situation, le secrétaire exécutif de la commission technique des frontières, Max Antoine, a fait savoir que les migrants haïtiens se concentrent actuellement dans deux régions principales de la République dominicaine avec environ 27% dans la Romana, engagée surtout dans l’agriculture et quelque 24% dans le district national qu’on retrouve dans la construction et les services.

Selon lui, la région de Santiago un peu plus au nord partage également avec la capitale le flux des nouveaux migrants qui sont répartis pour des études en République dominicaine (56 000 environ). « La plupart des pays d’Amérique du Sud se sont transformés peu à peu en nouvelles destinations pour une nouvelle catégorie d’Haïtiens de plus en plus jeune », a indiqué l’économiste.

Par ailleurs, Max Antoine a également mis l’emphase sur plusieurs catégories de jeunes qui ont migré en République dominicaine, notamment des étudiants, des jeunes sans statut ni métier. Selon le secrétaire exécutif, des étudiants et des professionnels arrivent à intégrer la société dominicaine. Quant à ceux qui non pas de métier, ils sont victimes des agissements des autorités migratoires dominicaines. Certains, poursuit-il, se livrent à des activités illicites et à la prostitution.

Évoquant l’arrêt TC/168/13, Max Antoine a souligné qu’environ 239 000 migrants haïtiens ayant leurs permis de séjour expirés depuis le 17 juin 2017 fonctionnent actuellement dans l’incertitude d’une situation qui peut se détériorer à tout moment. Pour affronter le problème migratoire entre les deux pays, Max Antoine propose que les autorités reprennent le dialogue sur cette question en vue de trouver des solutions. « Les autorités de ces deux républiques doivent prendre des dispositions conjointes pour résoudre les problèmes communs, les menaces communes ; créer un fond de développement frontalier, en traitant les ressortissants avec dignité ; rendre la région économiquement viable. »

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