82 morts par balle en trois mois dans l’aire métropolitaine

Publié le 2019-07-11 | Le Nouvelliste

Sur 111 morts violentes enregistrées dans l’aire métropolitaine, pas moins de 82 personnes sont tuées par balle entre avril et juin, révèle Jocelyne Colas Noël, directrice exécutive de la Commission épiscopale Justice et Paix (CE-JILAP), dans une interview exclusive accordée au journal le jeudi 11 juillet 2019. La militante des droits humains tire la sonnette d’alarme et explique que la région métropolitaine est devenue invivable

Le 71e rapport de Ce-JILAP qui est en cours de préparation note pour le mois d’avril 57 cas de mort violente, dont 38 par balle. La majorité des cas, soit 19, sont recensés dans la commune de Port-au-Prince entre les quartiers de La Saline et de Martissant. « 16 cas provenaient de Cité Soleil, 14 à Delmas et  le reste est réparti entre Croix-des-Bouquets, Carrefour, Pétion-Ville et  la route de Frères », a détaillé Mme Noël.

Entre mai et juin, 57 personnes ont été victimes d'actes de violence. « Pour le mois de mai, on a noté 29 cas, dont 19 décès par balle. 12 cas ont été enregistrés dans la commune de Port-au-Prince. En attendant de disposer des derniers chiffres pour le mois de juin, on a dénombré 28 cas de mort violente. Parmi eux, il y a 25 décès par balle : 9 à Port-au-Prince et 10 cas à Delmas », a ajouté la directrice de CE-JILAP, institution qui collecte les données sur le climat d’insécurité dans le pays.

Dans ce rapport, la majorité des cas de décès sont recensés dans les zones où les gangs armés s’affrontent, notamment à Martissant, Grand-Ravine, La Saline, Bicentenaire. Les gens connaissent l’horreur. « On a entendu les cris des commerçants, des habitants de ces zones. Ils sont aux abois », déplore Marie Yolène Gilles, responsable de la Fondation Je Klere, qui peint une situation infernale qui se développe dans ces quartiers situés non loin des palais législatif et présidentiel. « Les bandits incendient les maisons des habitants, orchestrent des fusillades, sèment la terreur dans ces quartiers ».

Les gangs règnent en maitres et seigneurs au vu et su de tous. Pas plus tard que mercredi dernier , ils ont orchestré une tuerie à La Saline qui a fait au moins quatre morts, quatre blessés et trois personnes portées disparues selon les chiffres communiqués par le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). « Pour le moment, nous ne disposons pas de chiffres sur l’attaque perpétrée hier à La Saline. Nous ne pouvons pas nous rendre là-bas, aller sur le terrain pour rencontrer les victimes. La situation est critique », précise Marie Yolène Gilles, affirmant que la population est livrée à elle-même.

La dirigeante de l'organisme de défense des droits humains déplore que les bandits bénéficient d’une impunité d’État.  « C’est l’une des raisons pour lesquelles aucune action n’a été menée contre les auteurs du massacre qualifié « d’État » du 13 novembre 2018. » « Le pays n’est pas gouverné. C’est un bateau sans gouvernail », a tempêté Mme Gilles qui note aussi que la police ne peut pas se colleter avec les bandits. Ces derniers ont montré qu’ils avaient le dessus sur la police.

Le coordonnateur du RNDDH Pierre Espérance, de son côté, dénonce la passivité des agents de la PNH qui n’interviennent pas pour mettre fin au bain de sang. Les défenseurs des droits humains appellent les autorités à prendre leurs responsabilités. «  Le pays ne peut continuer à  vivre cette situation. Il faut des efforts pour freiner cette machine infernale qui broie les innocents. On demande aux chefs de l’exécutif, législatif et du pouvoir judiciaire de converger leurs efforts afin de donner une réponse proportionnelle à cette  situation de violence et de criminalité », recommande la directrice de CE-JILAP.

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