Mikey-Mike, un producteur qui trace sa route

PUBLIÉ 2019-07-18


De son vrai nom Mackenzie Salnave, Mickey-Mike est l’une des étoiles montantes de la tendance musicale compas. « Aswè a m ap tou ba w bag la, m ap tou ba w bag », ce refrain vous est certainement familier. Sachez qu’il est la plume derrière ce succès foudroyant de Djakout #1. Un tantinet timide et réservé, Mikey-Mike collabore avec plusieurs formations musicales en vue, parmi elles le groupe Klass. Faites donc sa connaissance.

Tout commence au Cap-Haïtien d’où le producteur est originaire. Écolier et amoureux de la musique haïtienne, son principal passe-temps n’est autre que la mélodie. Initialement envoyé à Port-au-Prince pour ses études supérieures, il décide, à l’encontre de tous conseils, de suivre sa passion. « Je me suis inscrit à la Faculté de médecine et de pharmacie de l’Université d'État d’Haïti dans un premier temps. Comme j’ai raté l’examen d’entrée, je me suis dirigé vers des études en comptabilité dans une faculté privée avant de laisser tomber pour me lancer à fond dans la musique », raconte Mikey-Mike. Une décision qui lui valut une période froide avec sa mère, jusqu'à ce que celle-ci le voit à la télévision.« Elle m’a appelé et m’a dit "se sa w te vle fè, pa vre ?"», nous confie-t-il.

Yeux marron, visage oval, un piercing garni d’une boucle dont la couleur rappelle le cristal à chaque oreille, le claviériste et producteur de 31 ans est quelque peu timide. Il l’avoue et certifie que cela lui joue des tours. « On me qualifie de prétentieux à cause de ce trait de caractère. Alors que je suis juste un peu réservé. Il faut aussi dire que j’arrive à surmonter ma timidité avec l’aide et le support de mes frères musiciens », se défend-il. De son parcours musical, on retient son passage au sein du groupe Trankil puis à Kreyòl La... C’est d’ailleurs de là que vient son nom d’artiste. « Mes amis avaient pris l’habitude de m’appeler Mike au Cap, mais ce n’est que récemment que j’ai définitivement adopté cette appellation. J’ai fait des arrangements sur la chanson « Tout moun suiv mwen » de Kreyòl La. T-Jo a cité Mikey-Mike sur le morceau, et voilà, je l’ai gardé », relate l’artiste.

De la liste des chansons sur lesquelles le jeune homme a collaboré, on peut retenir « Bag La », « Black-out », classé sur le troisième album du groupe Klass, « Aba X yo » de Gabel, morceau sur lequel la star Rutshelle Guillaume a aussi participé, ou encore « Poko Pare » du groupe Trankil. Se décrivant comme quelqu’un plein d’empathie et de très humble, le jeune homme admet ressentir de la fierté face au succès de son travail. « La première fois que j’ai vu le public chanter "Bag la", j’étais étonné de voir que ce dernier en connaissant les paroles par cœur. Shabba m’a appelé sur stage et m’a dit, "ou pral wè sa k pral gen la piti". Et j’étais ébahi de voir mon travail aussi achalandé », raconte Mikey-Mike.

Quoiqu’il préfère garder le silence au cours de sa situation familiale, question de préserver sa vie privée, Mikey Mike est l’aîné d’une fratrie de quatre enfants, il affirme être en amour avec sa sœur et ses deux frères. Clairement en couple, il refuse de parler de sa situation amoureuse. « Sachez seulement que l’on me verra qu’avec une seule personne parce que j’aime la stabilité [...] », souligne celui qui informe s’être assuré de rentabiliser sa passion.

De l’avis de l’auteur du titre « Aba X yo », le public haïtien est trop exigeant et ce n’est point une bonne chose. « Les artistes ont tellement de pression sur eux alors que le marché ne génère pas de grands fonds. Un artiste n’a pas droit à l’erreur côté vestimentaire, sinon on se moquera de lui sur les réseaux sociaux. It’s not fair », critique l’artiste.

Passionné de son métier, Mikey Mike fait partie du staff du groupe Relax dont il est aussi le producteur. Il invite ainsi le public à le suivre car il prépare des méga hits pour les jours à venir. « Ap gen pou zòrèy ak pou zye. Manman pitit mare vant », déclare-t-il un sourire dans la voix.



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