À quel hôpital se rendre après avoir reçu une balle?

« Si vous avez reçu une balle ou si vous êtes renversé par une moto ou une voiture, dirigez-vous vers l’hôpital le plus proche. C’est la norme », expliquent des médecins spécialistes interrogés par le journal sur quoi faire, l’endroit où se rendre après avoir reçu une balle ou avoir été accidenté. Les médecins font comprendre que plusieurs personnes auraient eu la vie sauve si l’attitude qu’il fallait avait été adoptée.

Publié le 2019-05-14 | Le Nouvelliste

Les hôpitaux disposant d'un plateau technique adéquat à la prise en charge des traumas compliqués ne sont pas légion en Haïti. Après les accidents de la voie publique, véritable problème de santé publique en Haïti, les cas de plaies par balle se classent dorénavant parmi ceux qui sont les plus fréquents dans les services des urgences des hôpitaux de l’aire métropolitaine. Les actes de banditisme vont croissant.

 « À ma connaissance, il n’y a pas un hôpital  spécialisé dans la prise en charge des cas d’urgences traumatologiques en Haïti suite à la fermeture du Centre de trauma de Médecins Sans Frontières (MSF). Mais l’hôpital Bernard Mevs, les hôpitaux universitaires, dont l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH), l’hôpital universitaire La Paix et l’OFATMA ont la capacité et la logistique pour faire une prise en charge des cas d’accident de la voie publique et de plaie par balle… », a fait savoir le Dr Marc Edson Augustin, président de la Fondation Saint-Luc, institution qui a dirigé une étude sur la disponibilité de lits d’urgence dans le pays.  Pour les urgences traumatologiques, le Dr Augustin confie que l’hôpital St-Luc, qui se trouve à Tabarre, ne renferme pas de service traumatologique mais reçoit les patients, les stabilise puis les réfère à d'autres hôpitaux.

À la question quoi faire, où se rendre après avoir reçu une balle ou avoir été accidenté, le médecin précise qu’il n’y a pas deux réflexes : « On doit se rendre à l’hôpital le plus proche. » Néanmoins, si c’est un hôpital privé, on doit payer les frais de santé. « Les soins ne sont pas gratuits », a expliqué une source proche de l’hôpital du Canapé-Vert qui dément les rumeurs faisant croire que le centre hospitalier ne reçoit pas les patients référés. « Nous recevons tous les patients référés, du moment que ce transfert a été fait dans les règles de l’art, que le rapport médical est disponible», a-t-elle dit. Selon notre source, l’hôpital, disposant d’un plateau technique adéquat et un personnel formé, peut assurer la prise en charge des blessés par balle, mais pas les soins post-opératoires intensifs.

Abondant dans le même terme, le chef de service des urgences de l’HUEH explique que plusieurs personnes auraient eu la vie sauve si l’attitude qu’il fallait avait été adoptée « Même quand l’hôpital ne peut pas faire la prise en charge du patient, il va le stabiliser puis organiser son transfert vers un autre centre spécialisé. Avec cette attitude de la population, plusieurs décès auraient pu être évitées. Il est inconcevable que quelqu’un ayant été accidenté à Fermathe se dirige à Bernard Mevs », a indiqué le Dr Préden Morinvil, chef de service des urgences de l’HUEH. Toujours surchargé, l’HUEH, dont la capacité du service des urgences est de 30 lits, devient après la fermeture de l’hôpital de MSF à Tabarre la première destination des blessés par balle et des accidentés de circulation.

Tout hôpital digne de ce nom doit se doter d’un service des urgences fonctionnel 24 h sur 24, soutiennent les frères Bitar, qui préfèrent aborder la question sur l’aspect de la disponibilité des soins d’urgence que sur la capacité des hôpitaux à recevoir les cas traumatologiques en Haïti. « Un hôpital qui ne dispose pas d’un service des urgences ne répond pas aux normes », ont insisté les responsables de l’hôpital Bernard Mevs. Par éthique du métier, ajoutent-ils, « même si un hôpital est débordé, il doit recevoir le patient, lui prodiguer les premiers soins avant de le référer à un autre hôpital plus équipé». Avec l’HUEH et l’OFATMA, l’hôpital Bernard Mevs est la référence en termes de prise en charge des urgences médicales et traumatologiques.

Quant à l’OFATMA, il reste l’une des institutions sanitaires sur lesquelles on peut compter en cas d’urgence traumatologique. Le Dr Joseph Agabus, directeur général, a assuré que l’institution qu’il dirige est en mesure de traiter tous les cas d’urgence. Il a un plateau technique adéquat et un personnel en rotation. « En moyenne, nous recevons trois ou quatre cas de plaie par balle », a-t-il dit, pour expliquer que l’OFATMA répond à sa mission. Le médecin en a  profité pour préciser, contrairement à ce qui était rapporté par le journal, que le réseau DASH ne fait pas partie des hôpitaux affiliés à l’OFATMA.

MSF de Martissant stabilise et réfère

« Nous n’avons pas de bloc opératoire. Nous prodiguons les soins d’urgence et stabilisons les patients ayant besoin de soins d’urgence médicaux et chirurgicaux. Si les patients nécessitent des soins spécialisés comme une chirurgie ou une prise en charge médicale de longue durée, nous les référons à une autre structure. Nous conduisons le patient en ambulance dans ladite structure et facilitons sa prise en charge en lui donnant un kit médical. Actuellement, la plupart de nos références vont vers l’HUEH et l’HUP, mais le lieu est décidé avec la famille du patient», a indiqué un responsable de l’hôpital, soulignant que Martissant est  un centre d’urgence qui fonctionne 24h/24 et 7 jours/7.

À Martissant, il n’y a donc pas d’hospitalisation mais une capacité d’observation pour les patients qui restent quelques heures, le temps qu’ils soient référés ou déchargés. En tant que centre d’urgence, Martissant dispose de  4 lits dans la salle des urgences et de 14 lits d’observation (8 pour les enfants et 5 pour les adultes).

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