#jesuisGaëlle2.0, un délicieux « bouyon rechofe »

PUBLIÉ 2019-05-13
À l’initiative d’Evencity, la salle Guyto Toussaint de l’hôtel Oasis a accueilli la nouvelle version du spectacle « Je suis Gaëlle 2.0 » de la comédienne Gaëlle Bien-Aimé. Dayiva, ransèz, nennenn, feminis et citoyenne engagée, l’humoriste qu’elle est n’avait point besoin de nous donner ces précisions. Sa mise en scène les transpirait.


C’est dans une salle remplie à craquer que Gaëlle Bien-Aimé a présenté la version revue et agrémentée de son stand up « Je suis Gaëlle 2.0 ». Un spectacle à travers lequel les violences faites aux femmes (passant de la pression sociale à la violence physique), certaines de nos pratiques, le #PetrocaribeChallenge, la perception des dreads par notre société (les siens particulièrement) sont parmi les thèmes abordés à travers ce spectacle de 90 minutes. Globalement, c’est un stand-up étendu sur nos préjugés, sans négliger la place réservée à la gent féminine en Haïti, que l’humoriste nous a rejoué.

Deux années après avoir conquis le public avec la première version de ce spectacle la jeune femme avait prévenu que le « bouyon » ne sera que réchauffé. Ce qui n’a rien enlevé à l’hilarité du show. D’autant plus que celui-ci est agrémenté de divers éléments d’actualité. Ce n’est point l’ex-compagnon de la mairesse de Tabarre qui dira le contraire : « Comment étais-tu passé la nuit ? » Point besoin de vous dire que Gaëlle a interagi avec le public tout au long de son show, ceci dès son entrée où elle s’est mise dans la peau d’une coach guidant deux hommes (choisis au hasard dans l’assistance bien sûr) dans des exercices physiques.

Quoique agencés de manière à insuffler joie et bonne humeur, les thèmes abordés n’ont rien perdu de leur sérieux. Ils ont le mérite de pouvoir susciter des questionnements chez qui prête attention. Par exemple, pourquoi un baby shower, cette fête pour un bébé qui est seulement en route ? « Fè fèt pou yon timoun ki poko fèt se tankou yon diaspora k ap depanse pou yon mennaj li poko wè. » À ce rythme-là, gen kèk moun k ap di w ap gate biznis lan madanm ! « Moun yo : bon Gaëlle, w ap fè moun ri epi w strese ?! Gaëlle : W ap travay labank epi w razè ?! Apre spektak sa a, si yon moun pa dakò apre spektak ke li pi bon pou yon tibebe ki fèt se gason olye de fi nan peyi a, m remèt li kòb la ! » Elle n’est pas si simple, la vie !

Suspendu aux lèvres de la jeune femme, le public de la salle Guyto n’a pas été que bon enfant. Il est vrai qu’il a gardé le silence dans sa grande majorité et a suivi les consignes qui étaient de ne point filmer ou prendre de photos, mais ceux qui n’avaient pas trouvé de siège ont créé un tohu-bohu à l’arrière. Une situation provoquée par le trop-plein de la salle mais aussi par le fait que certaines personnes ticket en main, n’ont pas pu accéder à l’espace.

Les responsables d’Evencity informent avoir négocié  400 places assises avec l’hôtel Oasis. Cependant, le jour J, seulement 369 étaient disponibles ! En plus, la fine pluie qui étalait sa brume sur Pétionville et le fait qu’une grande partie de ceux qui avaient acheté les billets à l’avance étaient arrivé en retard a précipité la vente de billets à l’entrée. Ce qui a occasionné un désordre quand certains, ticket en main, n’ont pas pu assister au spectacle. L’équipe s’est donc trouvée dans l’obligation de rembourser certains billets. 

Assis ou debout, comme ce fut le cas pour plus d’un, le public présent pour « Je suis Gaëlle 2.0 » a passé un bon moment.



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