Cassures 2, une plongée dans l’univers du personnel de maison

PUBLIÉ 2019-04-15


Quelque 4 ans après "Cassures 1", où il était question des familles brisées par l’immigration en terres étrangères, Cassandre Thrasybule revient avec "Cassures 2". La journaliste a dévoilé ce nouveau documentaire qui traite de la famille du personnel de maison au Meli-Melo Restaurant dans le Queens ce 13 avril 2019. Un documentaire, il faut le souligner, qui est très sensible.

Le public, drapé dans des tenues d’hiver pour affronter le vent froid qui s’abat sur New York en cette mi-avril, est resté médusé devant ces images de "Cassures 2" qui peuvent évoquer des situations d’un autre âge mais qui malheureusement ont la vie dure dans notre société. Il s’agit de l’existence pas du tout reluisante du personnel de maison en Haïti.

Cassandre, pour les besoins de son film, est donc allée à la rencontre de servantes mais aussi de gardiens en poste dans des familles aisées ou de la classe moyenne dans la capitale. “Ce n’était pas trop difficile d’avoir le feu vert des propriétaires de maison, qui ont compris la nécessité d’en parler même s’ils sont en quelque sorte partie prenante de ce système”, confie la journaliste qui fait en sorte de ne donner aucune indication qui pourrait désigner le maître de maison.

Les bonnes et gardiens, dans leur interventions, font part de leurs conditions difficiles : un salaire maigre, un horaire trop long… Mais le fil conducteur de cet amoncellement de témoignages est bien entendu le fait pour eux d’être éloignés de leurs familles.

Le titre "Cassures 2", comme pour le premier, a donc pour optique d’explorer la destruction des familles, occasionnée dans ce cas-ci par l’éloignement géographiques de ces employés de leurs familles.

Ces derniers, qui viennent de contrées éloignées de la capitale, se voient le plus souvent obligés de confier leurs progénitures soit aux grands parents, soit à des amis et parfois même à des voisins. Un des moments les plus touchants demeure celui où un gardien de cour patiente longuement sur la ligne avant de pouvoir finalement écouter la voix d’un de ses garçons à l’appareil.

Plusieurs personnalités de compétences diverses interviennent en alternance avec les témoignages des concernés. Il y a l’ancienne ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, la psychologue Roselyne Benjamin, l’historienne Suzy Castor…

Il a fallu quatre ans de terrain à l’équipe qui a dû se diriger dans plusieurs villes de province où se retrouvent les familles des gens interviewés. “Il était très difficile de trouver du financement pour ce film. Ce qui a compliqué nos déplacements à travers le pays. A part cela, toutes les autres portes s’ouvraient facilement pour nous”, confie Cassandre, qui a reçu la médaille d’étain de l’Académie des sciences, des arts et des lettres (France) pour "Cassures 1", qu’elle a fait jouer aux Nations unies en 2017.

Une grande première en Haïti est à l’étude pour le mois de juin. Une partie des bénéfices de chaque projection ira aux employés de maison qui participent au film. Des tableaux de Jean Claude Schiappini seront en vente à chaque projection dans cette même optique de soutenir ces derniers.



Réagir à cet article