Rachilde Joseph, Zuzu Girl des réseaux sociaux

PUBLIÉ 2018-12-03
Connue sur les réseaux sociaux sous le nom de Zuzu girl, Rachilde Jamessie Joseph déchire avec ses vannes. L’humour dans la peau et zuzu comme elle seule, cette étudiante en cinquième année de médecine de l’université Notre-Dame d’Haïti fait sensation sur la toile et ne cesse de conquérir les internautes dans ses jeux de rôles bien concoctés.


La voix un peu nasillarde, répétant des gestes de la main et clignotant des yeux toutes les cinq secondes, il n’y a pas de doute : Rachilde est une zuzu jusqu’au bout des ongles. Elle sied à merveille le personnage de Zuzu Girl. Plutôt timide et réservée, la jeune femme n’a pourtant pas de grands airs comme on a tendance à le croire. Les cheveux impeccablement coiffés, son maquillage léger lui donne pourtant un air d’adolescente malgré ses 23 ans accomplis. Non, Zuzu Girl ne peut pas se maquiller seule. « J’ai horreur du maquillage », dit-elle dans une grimace.

Découverte en 2017 dans une courte vidéo qu’elle a postée sur sa page Facebook où elle prend la défense des jeunes filles à l’accent et aux tics particuliers, scolarisées la plupart du temps dans les congrégations de religieuses, les ‘‘zuzu girls’’ dans son genre, Rachilde est étonnée du résultat. Sa vidéo atteint les 50 000 vues en deux jours ! « C’était juste un essai. Je voulais que les gens arrêtent de stéréotyper les ‘‘zuzu girls’’. Nous avons notre façon de parler, mais ce n’est pas ce qui nous rend différentes des autres. Il fallait qu’ils comprennent que nous ne sommes pas ce qu’ils croient », a expliqué l’ancienne élève de l’institution du Sacré-Cœur qui n’a pas arrêté de mettre en scène des vannes depuis. Imitant fidèlement les mœurs de la société, les sketchs de la jolie zuzu sont carrément inédits et désopilants.

Voyant sa vidéo très appréciée, et grâce aux nombreux commentaires d’encouragement des internautes, l’étudiante en médecine a décidé de ne pas en rester là. « J’ai réalisé que les gens aimaient bien le personnage et je ne voulais plus arrêter », raconte toute souriante celle qui nous a presque tué dans sa mise en scène d’une zuzu passant un casting pour un film. Ses « anmweey » à peine audibles et son naturel dans le jeu de rôle étaient impressionnants pour une fille qui n’a jamais suivi de cours d’arts dramatiques sinon que jouer des rôles en classes de secondaires. « Le comique fait partie de moi, c’est un don naturel », affirme l’ancienne du Collège Bird.

« J’aimais le théâtre, j’adorais interpréter des rôles en salle de classe », se rappelle la jeune humoriste. Mon premier public a été mes camarades du Sacré-Cœur. J’étais cette fille qui avait toujours une pointe d’humour dans ses conversations. J’étais le clown de la classe (rires). Même en cours, les professeurs étaient parfois exaspérés par mes répliques hilarantes », se souvient Jamessie qui se rappelle avoir été expulsée d’un cours de sciences sociales pour une réponse « kraze klas ».

Orpheline de père, la comédienne dit avoir trouvé dans l’humour une formule pour garder sa joie et faire le bonheur des autres. « J’ai vécu une longue période de tristesse à la mort de mon père. J’étais dévastée et je me suis repliée sur moi-même », nous apprend la fille aînée de James Joseph mort tragiquement lors du séisme du 12 janvier 2010. « Je me suis comme réfugiée dans la comédie et susciter le rire et semer la joie autour de moi pour surmonter cette douleur », révèle le centre d’attraction de son groupe d’amis.

Réalisant elle-même ses petites vidéos (souvent dans le secret de sa chambre) avec son Smartphone, Rachilde a cette facilité d’incarner un personnage s’adressant à de nombreux autres imaginaires. Elle s’inspire de son quotidien, des histoires, des faits qu’elle observe dans son entourage immédiat. C’est un peu des choses vues et entendues à la manière Sixto mais en vidéo. « J’ai toujours l’impression d’avoir gaffé à chaque fois, avoue l’humoriste. Heureusement qu’il y a mon petit frère. Il est toujours le premier à apprécier. Aussitôt qu’il me donne son feu vert, je publie. »

Aînée d’une famille de trois enfants, Rachilde a un frère cadet et une petite sœur qui, dit-elle, sont ses meilleurs alliés. Née à Port-au-Prince sous le signe de la Balance, Zuzu Girl vient de célébrer son 23e anniversaire le 28 septembre 2018. Après avoir achevé son cycle secondaire à l’institution du Sacré-Cœur, elle s’est dirigée vers la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université Notre-Dame d’Haïti.

Maniaque de télévision et grand amatrice de séries télé, la fan de Games Of Thrones ne peut compter le nombre de fois qu’elle a regardé les épisodes de sa saga favorite. En attendant la saison ultime, elle visionne en boucle les saisons passées. Toujours cloîtrée dans sa chambre, Rachilde aime son intimité et sa tranquillité. Pas branchée fête, mademoiselle préfère rester sous sa couette à lire un bouquin ou devant un bon film ou une série.

Rachilde dit « aimer » les personnes humbles pour leur grande patience et leur grand cœur. Elle a, par contre, horreur des personnes égoïstes et hypocrites qui, à son sens, ont une grande capacité à empoisonner la vie des autres. « Les personnes humbles préfèrent aller lentement pour arriver sûrement, elles attirent la positivité », croit celle qui aborde les 10 k d’abonnés sur IG.

Bien que Zuzu Girl ait déjà fait preuve de talent dans ses mini sketchs, Rachilde Joseph n’a pas encore le projet de faire des études en humour. À l’entendre, elle reste ouverte à toutes opportunités. Toutefois, sa priorité pour le moment n’est autre que de boucler son cycle d’études en médecine et de se spécialiser en pédiatrie car elle adore les petits bouts de choux.



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