Blondedy Ferdinand mean business !

PUBLIÉ 2018-12-04
Actrice, chanteuse, businesswoman, la jeune femme est sur tous les fronts. En 2018, elle tient le premier rôle dans le film « God’s will » ; sa gamme de produits « Blonde Light » dont plusieurs éclaircissent la peau est honnie par certains, adoptée par d’autres à une époque où de plus en plus de femmes afro-caribéennes s’affranchissent du modèle occidental qui leur a été longtemps imposé. Tout en garantissant que ses produits sont sans effets secondaires, elle s’érige en porte-drapeau de celles qui croient que la beauté, le respect de certains codes constitue encore un atout aux femmes qui veulent réussir complètement leur vie.


S’il est une chanson qui résume la complexité qui caractérise Blondedy Ferdinand, c’est bien « I am every woman » de Whitney Houston. L’actrice se présente comme un être aux multiples facettes. Il y a le personnage public qui est félin, sulfureux, qui la fait préférer à bien des égards à ses rivales dans des rôles de vamp, de bad girl, de vermine comme elle le reconnaît elle-même… Il y a aussi, dans la vraie vie, la femme vertueuse, la mère de famille et l’épouse comblée. Et pour illustrer combien elle est gâtée par son mari, elle exhibe sur Instagram une Range Rover que ce dernier lui a fait livrer devant sa porte le 2 octobre 2018 pour remplacer l’Infiniti qu’elle roulait jusque-là. « C’est un homme éminemment romantique. Je lui ai fait savoir il y a plusieurs années que la marque Range Rover est ma préférée. Il avait répliqué que c’est une folie de s’offrir une voiture à ce prix-là tant qu’on a pas bâti sa maison. Entre-temps on a bâti la maison et j’ai oublié que je lui avais parlé de mon désir d’une Range Rover, et bam ! voilà qu’il me l’offre », raconte madame toute heureuse.

L'artiste

« Quand je portais des rubans, je ne savais pas ce qu’était le métier d’actrice, mais j’étais certaine de vouloir devenir une célébrité en regardant les performances surhumaines de Céline Dion à la télé », confie-t-elle. Blondedy a d’abord voulu chanter, mais sa mère sévère comme une militaire l’en a empêchée. La jeune femme s’est ensuite tournée vers le théâtre. « J’écrivais moi-même les sketchs, raconte-t-elle, et je les interprétais à l’école, au marché quand j’allais faire les emplettes pour ma mère qui me punissait en rentrant pour avoir trop traîné. »

Il a fallu que l’artiste croise en fin d’adolescence Vladimir Thélusma pour que ce dernier lui inculque des notions rudimentaires de l’acting. Bingo ! Dans la foulée de cette rencontre providentielle, Blondedy décroche son premier rôle dans « I love you Anne », un blockbuster des années charnières du cinéma haïtien. Les années passent, mais Blondedy ne disparaît point de la circulation comme c’est le cas de bien de ses rivales. « Le secret de ma longévité, confie-t-elle, c’est de faire en sorte qu’on parle toujours de moi. Je suis adepte du principe qui veut que tout buzz est en faveur d’une célébrité », confie celle qui s’est construite une solide carapace contre les attaques de haineux à son endroit. Ce, bien avant que Instagram, Snapchat et Facebook n’aient vu le jour. « On me traitait de ‘’ravèt blanch’’, de vermine depuis toute petite. Je me disais que c’était en ma faveur. C’est la preuve que je suis suivie et admirée », raconte Blondedy.

Du haut de sa longue et vibrante carrière, la fonceuse estime avoir appris à aimer tous les rôles qui lui ont été confiés. Elle dit éprouver du plaisir à donner chair à des personnages les uns aussi éloignés que les autres. « Je les aime tous », précise-t-elle.

À propos de son tout dernier en date, c’est-à-dire celui d’Esther dans le film « God’s will », une protestante fervente très attachée à son église, l’actrice révèle en être très proche dans la vraie vie. Elle affirme qu’elle aurait pu agir comme cette dernière dans la réalité. Sans raconter le film, la sainte, à un moment donné, devait trancher devant un sérieux dilemme. Elle a décidé d’épouser John, un homme handicapé mais vertueux aux dépens de Marc, un éphèbe coureur de jupes. « Mon mari, confie-t-elle, avec qui je vis depuis bientôt dix ans, ressemble un peu à John. Certes il n’est pas handicapé, mais c’est un homme qui a connu des difficultés financières au moment où je l’ai croisé. Il n’était pas le plus appeling parmi ceux qui me courtisaient. Il a supplanté tous les autres dans mon cœur grâce à sa foi en Dieu, son équilibre et son amour pour les études. »

Selon ce qu’elle précise, en public, Blondedy Ferdinand joue à la vilaine pour s’assurer de pouvoir toujours trouver des rôles qui n’attireront pas d’emblée, tandis qu’en privé, elle demeure la femme ancrée dans ses convictions.

Si ses parents lui ont imposé de mettre sa passion de chanteuse entre parenthèses quand elle était petite, le destin lui, a attendu qu’elle soit assez mature pour lui proposer de renouer avec. En effet, quand J-Beatz a proposé a Blondedy de se joindre à lui pour jouer au couple sadomaso du clip « Renmen m renmwen w », elle a sauté sur l’occasion. « Après avoir lu le texte, et m’être imaginé les scènes, j’ai dit pourquoi pas », conte celle qui fait monter la température dans ce clip où violence et affection s’entrechoquent.

Les produits « Blonde Light »

Depuis le 4 août 2017, la belle fait découvrir via les réseaux sociaux une gamme de produits de beauté qu’elle baptise « Blonde Light ». « Mes proches savent que je suis très féminine. J’adore me maquiller, me mettre en valeur et je veux pouvoir encourager toutes les femmes à agir ainsi avant et après le mariage, avant et après la grossesse. Yon fanm dwe toujou ap rele sou kò l », déclare-t-elle. La gamme comprend des fards à lèvres, des perruques, des savons… Le produit phare demeure « Coco Blonde », un savon vaginal utile aux nourrices et à toutes celles qui veulent soigner au quotidien leur partie intime, explique la conceptrice. « Les femmes en raffolent. Si yon moun ka pran beny fèy ak vapè, poukisa li pa ka itilize Coco Blonde ki se yon savon ? Je ne suis pas la première dans ce business, je ne serai pas non plus la dernière », affirme-t-elle.

Par rapport aux critiques qui pleuvent à son encontre à une époque où les femmes afro-caribéennes tâchant de s’émanciper de certains codes comme les cheveux permanentés ou l’éclaircissement de la peau, notre interlocutrice n’a pas trop élaboré. Elle s’est contenté de garantir que ses produits sont bio et sans effets secondaires. « Même mon savon éclaircissant n’a pas d’effets indésirables. En plus il y en a qui n’éclaircissent pas. Tous mes produits sont réalisés par une compagnie américaine à partir de plantes qui grandissent dans l’arrière-cour de ma mère. Ils sont sans hydroquinone ou autres substances néfastes. De plus, on ne peut pas empêcher à quelqu'un de faire ce qu'il désire pour son bien-être. Kote libète a ye la a ? », dit-elle. Sur sa page Instagram, de temps en temps, elle poste des mini-vidéos de clientes satisfaites ou de ses propres témoignages. Dans une récente publication libellée “Buy 1 get 2 free knuckle eraser”, Blondedy explique comment prélever la couche de la peau qui peine à éclaircir, au grand dam des promoteurs des vertus de la mélanine. Certains la considèrent comme un danger public, d'autres applaudissent la gamme de produits. “Mwen, se biznis m ap fè, e mwen tande kliyan mwen yo. Se pou yo m ap travay », assure la jeune femme.

En dépit du fait que les frets en direction ou en provenance d’Haïti sont hors de prix, Blondedy se réjouit de compter parmi ses clientes des femmes vivant au pays qui lui sont fidèles. Ses vidéos live via son réseau « The Blondedy Ferdinand Shop » mobilisent toujours de nombreux internautes.

À quand un passage de Blondedy à Port-au-Prince ? C’est envisagé, mais ce ne sera pas pour tout de suite. Bientôt les internautes pourront découvrir « La vraie vie de Blondedy Ferdinand », une télé réalité qui reviendra sur l’essentiel du parcours de cette dame aux multiples chapeaux. L’ambition ultime de l’actrice, c’est d’ouvrir une salle de cinéma répondant aux normes internationales en Haïti. Ce sera une façon pour Blondy de « renvoyer l’ascenseur au pays qui a permis à sa carrière d’éclore ».



Réagir à cet article