11e édition

Jean-Paul Estiévenart, un accompagnateur recherché au Papjazz

Jean-Paul Estiévenart, deux albums à son actif, Wanted, Behind the Darkness, et de nombreuses participations dans la réalisation des productions musicales de ses pairs. Au moins une cinquantaine. Un musicien très recherché qui a pris part à la 11e édition du festival de jazz de Port-au-Prince.

Publié le 2017-03-13 | Le Nouvelliste

Culture -

Le trompettiste Belge Jean-Paul Estiévenart, cet accompagnateur recherché, qui a obtenu le Django d’Or en 2006 dans la catégorie jeune talent, a tenu le public de l’Université Quisqueya en haleine, jeudi soir. Avec son remarquable trio, Samuel Gerstmans à la contrebasse et Antoine Pierre à la batterie, il a exploré des standards du jazz. Il a parcouru son univers musical composé de "Wanted", son 1er disque publié chez "De Werf ‘’. La trompette bouchée à la manière de Miles Davis, Estiévenart a enveloppé l’Uniq avec sa mélodie. Après sa prestation, il fallait le rencontrer. « C’est ma première fois en Haïti, j’espère que ce ne sera pas la dernière, c’est un public merveilleux, chaleureux, attentif », jubile Jean-Paul Estiévenart, qui a 32 ans ce mardi. Né le 14 mars 1985, à Montroeul-sur-Haine, un petit village de Belgique, dans une famille de musiciens ancrés dans les styles de musique des communautés flamande, française et germanophone, rien ne prédestinait le petit-fils de Roger Sandra au jazz. De très tôt, les oreilles du jeune Estiévenart se familiarise avec Bach, Mozart, Beethoven et des airs de traditions locales. « J’ai étudié la musique classique de six à 16 ans avec mon grand-père, Roger Sandra, un trompettiste classique. Il avait une école de musique au village. Cette passion, il l’a héritée de son père qui était lui-même un clarinettiste. Il était aussi mineur et travaillait dans les mines de charbon jusqu’en 1979. Il était aussi chef d’orchestre dans cinq ou six fanfares de la région », raconte-t-il. À l’Académie de St Ghislain où il a étudié la trompette classique (de 8 ans à 16 ans), Jean-Paul Éstiévenart tombe un beau jour sur un album de Miles Davis, l’une des grandes superstars de jazz américain. Il est foudroyé par la sonorité de cette trompette qui va lui ouvrir de nouveaux horizons. Désormais, il écoutera Sonny Rollins, John Coltrane, Bill Evans, Georges Coleman, Keith Jarrett, Kenny Garrett. « Miles Davis est pour moi le plus grand musicien de tous les temps. Il est grand parce qu’il est toujours à la recherche d’un nouveau son. Toujours à l’avant-garde. J’aime la sonorité de la musique enveloppée de tristesse chez Miles. Il est pour moi une source d’inspiration de tous les jours que j’essaie d’imiter. Pour essayer de sortir le meilleur de moi-même », dit le jeune trompettiste. Ce jazzman belge bouge constamment au cours de l’année. En globetrotteur, il se produit en Chine, en Allemagne, en Suède, au Danemark, Burkina Faso, Maroc, Algérie, Mexique. « J’ai trente et un ans. Je suis toujours en voyage. J’ai enregistré presque cinquante albums en huit ans. C’est ma passion depuis que j’ai six ans. Je joue dans vingt-deux ou vingt-trois groupes, c’est ainsi que je gagne ma vie. J’ai trois cents concerts pour l’année. Principalement en Belgique. Bruxelles, Liège, Anvers... Gant. Je ne fais que la musique », jubile ce jeune homme dont le groove de la musique transpire beaucoup d’émotion.

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