Les ONG gèrent des centaines de millions de dollars en Haïti chaque année. Le chef du gouvernement a voulu rappeler aux responsables de ces organisations non gouvernementales que ces sommes d’argent colossales ont été attribuées et collectées pour et au nom du peuple haïtien. « Nous avons la responsabilité de nous assurer de leur bon usage, de concert avec la société civile haïtienne. Cette responsabilité suppose d’abord de notre part une stratégie clairement établie et un cadre légal adapté. Pour que le partenariat soit un succès, il faut que le dispositif soit cohérent », a déclaré Laurent Lamothe, également ministre de la Planification et de la Coopération externe, lundi, au siège de l’ONU.
Avant de présenter le nouveau mode de partenariat présenté dans une feuille de route, M. Lamothe a rassuré les ONG sur plusieurs points. « En tant que ministre de la Planification et de la Coopération externe, en charge notamment de la coordination des ONG à travers son unité dédiée (l’UCAONG) je m’y engage, et je veux vous rassurer : votre statut d’entité non gouvernementale dans cette perspective nouvelle sera respecté. Notre responsabilité de gouvernement sera exercée », a-t-il déclaré.
Pour ce faire, selon Laurent Lamothe, il faut arriver immédiatement à un renforcement des capacités de l’UCAONG, une supression des délais et tracasseries de toutes sortes liés aux formalités nécessaires au bon fonctionnement des ONG, une indication très claire des zones, régions, départements à desservir et enfin, la coordination des efforts de coopération de ces organisations.
La feuille de route maintenant !
Afin d’atteindre les objectifs fixés par le gouvernement relatifs à la création de richesses et à la réduction de la pauvreté, le Premier ministre a estimé qu’il est important que le partenariat entre les ONG et le gouvernement soit renforcé.
Ainsi, les membres du gouvernement haïtien et des ONG, réunis à New York le lundi 24 septembre 2012, sous les auspices des Nations unies, ont reconnu l’urgence de travailler ensemble à l’élaboration d’un nouveau cadre de partenariat gouvernement haïtien/ONG/Institutions humanitaires et caritatives.
Les autorités haïtiennes s’engagent à poursuivre le plan de renforcement des capacités techniques et institutionnelles du MPCE/UCAONG, la conceptualisation et la mise en place d’une base de données sur les interventions des ONG et la liaison entre celles-ci et le système national de gestion de l’information sur l’aide externe, la conduite d’une enquête par le gouvernement afin de faire le point sur la situation des ONG en Haïti en ce qui a trait à leurs activités.
En outre, pour les six prochains mois et de façon progressive, le gouvernement haïtien et les ONG s'accordent à réaliser un forum national sur les organisations non gouvernementales, la mise en place d’un processus de consultation sur la nouvelle loi-cadre des ONG, la définition, en consultation avec les partenaires ONG, des modalités de représentation des ONG au sein des différentes structures prévues dans le nouveau cadre national de coordination de l’aide externe.
Le Premier ministre dit souhaiter que cette feuille de route permettra de redémarrer avec les ONG sur la base d’un partenariat plus structuré, « et de faciliter la mise en œuvre de toutes les activités conjointes, marquées du sceau de résultats tangibles et durables pour Haïti. »
Le représentant du Système des Nations Unies, Rebecca Grynspan qui a pris part a ce colloque, a souligné le travail déjà réalisé par les ONG sur le terrain, notamment après le 12 janvier.
Un nombre important d’organisations non-gouvernementales sont présentes en Haïti. Le gouvernement rapporte actuellement que 242 ONG étrangères et 318 ONG nationales sont régulièrement enregistrées. Cependant, on estime que le nombre d’ONG opérant dans le pays est beaucoup plus élevé.
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