Le secteur culturel haïtien frappé par les événements du 6 et 7 juillet 2018

PUBLIÉ 2018-07-10
Une école de danse reconnue incendiée, renvoi ou annulation de plusieurs activités prévues durant le week-end, des magasins victimes… le monde culturel haïtien et du divertissement a tout aussi été touché par les évènements des 6 et 7 juillet 2018.


Au même titre qu'une grande partie de la population qui était restée bloquée vendredi soir, Hugline Jérôme et 15 des étrangers, parmi lesquels des artistes du Canada, venus pour la deuxième édition de Lol Fest, sont restés piégés à Jacmel pendant deux jours. « Les routes étaient bloquées et il n' y avait aucune garantie pour assurer leur sécurité. On s'est vu dans l'obligation de tout annuler. En plus, à cause de la situation chaotique que connaît le pays, le public n'est plus disposé à profiter d'activités culturelles ». Ce n'est que dimanche que la délégation a pu arriver saine et sauve à Port-au-Prince, après beaucoup d'appels à l'aide de la partronne de Dream Promo.

Le magasin de Phélicia Dell partagé avec Miko Guillaume au cœur de Pétion-Ville remarquable par ses vitrines a essuyé des jets de pierres. « Si on n'a pas eu, explique Miko Guillaume, à déplorer l'incendie ou le vol de nos articles on doit quand même souligner qu'il ne reste aucune vitre ». Cette casse qui ne manque pas de rappeler les émeutes de la faim de 2008 concerne aussi plusieurs autres institutions dont l'école de danse CKT. Cinthia Thébaud, joint au téléphone, dans la même veine que Miko Guillaume souligne que le bâtiment a été considérablement endommagé même s'il n'a pas été cambriolé.

Le restaurant Kay Chef, sis à Laboule, serait emporté par les flammes si des riverains n'avaient pas de manière diligente répondu à l'appel de sa propriétaire Annie Mélissa Étienne passé sur les réseaux sociaux. « Une barricade enflammée, raconte Mélissa, posée non-loin du restaurant en bois serait à l'origine d'un grand désastre à Laboule si les gens n'avaient pas réagi à temps. Dans mon message diffusé sur Internet, j'ai fait remarquer que le feu à force de se propager pourrait atteindre l'espace où l'ont vend du gaz propane et un peu plus loin la station à essence. Toutes les conditions étaient réunies pour une catastrophe d'envergure ».

L'Institut de danse Lynn Williams Rouzier n'a pas eu cette chance. Le bâtiment abritant l'école qui a fait l'objet de remarquables rénovations récemment a été terassé par le feu. Du parquet au toit, il ne reste plus rien. Lynn la voix cassée par le chagrin déplore le fait que le feu ait emporté tous les souvenirs de ce qu'elle avait pu réaliser en plus de 50 ans de service. « Tous les diplômes, les distinctions, les livres de chevet, la galerie des costumes, chaque pièce dans cette maison qui a une histoire, tout a été emporté par le feu », regrette la chorégraphe. C'est quelqu'un du personnel habitant à Jalousie qui a le premier remarqué les flammes. « De là où il est, il a l'habitude d'admirer l'école où il travaille depuis des années. C'est d'ailleurs lui qui a alerté l'agent de sécurité du danger. Le feu en effet a commencé à l'arrière », ajoute Marynn. Lynn raconte que les parents les élèves le personnel sont inconsolables. Ceux qui veulent aider à la reconstruction de la mythique école de danse peuvent faire un don via Gofundme ou en nature quand elles auront bientôt ouvert leurs portes. La danseuse est reconnaissante envers Jeanguy Saintus et Karol Ann Vilaire qui sont parmi les premiers à l'avoir contactée pour témoigner leur marque de sympathie.



Réagir à cet article