Mouvements de protestations

Jerry Tardieu et des députés proches du pouvoir exigent la démission du Premier ministre

Publié le 2018-07-10 | Le Nouvelliste

National -

L’adresse à la nation et l’appel au calme du président de la République samedi soir n’ont pas encore eu d’effet. Malgré la garantie de Jovenel Moïse qu’il n’y a pas d’augmentation sur les prix des produits pétroliers, la situation est toujours tendue ce dimanche à Port-au-Prince et dans certaines villes de province. Les principaux axes routiers sont impraticables et des gens continuent de piller des entreprises. Face à cette situation de chaos, le député Jerry Tardieu et d’autres députés proches du pouvoir en place exigent la démission du Premier ministre.

Le Premier ministre Jack Guy Lafontant a été le premier à prendre la parole samedi matin pour maintenir l’augmentation sur les prix de l’essence alors que la capitale était à feu et à sang avec des scènes de pillage un peu partout. Le retrait de cette décision un peu plus tard n’a pas contribué à calmer les esprits et faire revenir la paix dans le pays.

Pour le député de Pétion-Ville Jerry Tardieu, cette rétractation vient malheureusement trop tard, car les violents incidents que cette décision a provoqués, sans mesures d’accompagnement appropriées, ont fait de nombreuses victimes. Des citoyens ont perdu la vie, un policier a été lynché, des maisons privées et des entreprises commerciales ont été pillées, vandalisées ou incendiées, la commune de Pétion-Ville en particulier a été sérieusement touchée, a dénoncé le parlementaire dans un communiqué.

« Ce triste épisode de la vie nationale vient ajouter une note négative au tableau déjà sombre du bilan du Premier ministre Jacques Guy Lafontant. Cette situation appelle des décisions urgentes et courageuses pour favoriser un retour au calme pouvant garantir la stabilité du pays, la sécurité des vies et des biens et l’intégrité du territoire. En ce sens, le député de Pétion-Ville invite le chef de gouvernement à démissionner immédiatement », lit-on dans le communiqué.

« Au cas où le Premier ministre n’entend pas raison et persiste à rester en poste malgré l’évidence qu’il est de plus en plus dépassé par les évènements et en incapacité de diriger dans la sérénité », le député de Pétion-Ville demande au président de la Chambre des députés, Gary Bodeau, de reprendre toutes affaires cessantes le lundi 9 juillet 2018 la séance d’interpellation en continuation de M. Jacques Guy Lafontant afin de permettre aux députés de trancher sur son cas en toute célérité », a exigé la voie autorisée de Pétion-Ville.

« Je reste persuadé que les députés de la majorité feront preuve de sens patriotique en mettant l’intérêt du pays avant leur appartenance politique », affirme Jerry Tardieu. Certains députés de la majorité partagent effectivement sa position.

Pour le député de Corail, Wolf Papillon, membre du bloc majoritaire à la Chambre basse, il avait clairement mis en garde le chef de l’État lors d’une rencontre jeudi dernier sur les conséquences que pourraient avoir une augmentation du prix de l’essence sur le marché local. Pour le parlementaire, Jovenel Moïse n’a maintenant plus le choix, il doit renvoyer le Premier ministre et son gouvernement. Selon lui, seul un nouveau gouvernement peut rassurer les esprits.

Le député Wolf Papillon, joint par téléphone dimanche, estime aussi que le président doit donner un coup de balai dans son entourage. « Soit il a été mal conseillé soit il est mal entouré », a-t-il dit.

Le député de Saint-Marc, membre du bloc qui soutient les actions du pouvoir, a abondé dans le même sens. Samuel D’Haïti est formel : Le Premier ministre doit partir le plus vite possible. « Jack Guy Lafontant a prouvé son incapacité à diriger le pays », a fulminé le parlementaire. Il a révélé au Nouvelliste que lui et un groupe de députés de l’APH allaient voter contre le Premier ministre lors de la séance d’interpellation avortée.

Pour sa part, le député de Kenskoff, Alfrédo Antoine, n’a pas voulu exprimer sa position personnelle sur le gouvernement. Il a fait savoir au Nouvelliste que le bloc majoritaire APH aura une position concertée après une évaluation de la situation. Cependant, le parlementaire a reconnu « qu’il y a des problèmes… ».

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