Forces armées d’Haïti/Dénonciation

Les membres du haut état-major des FAd’H sont « clean », selon le ministre de la Défense

Publié le 2018-03-15 | Le Nouvelliste

National -

Ils ne sont impliqués ni dans des cas de violation des droits de l’homme ni dans le trafic des stupéfiants. Les membres du haut état-major des nouvelles Forces armées d’Haïti sont « clean », a fait savoir le ministre de la Défense. À entendre Hervé Denis dans cette interview accordée jeudi au Nouvelliste, les 7 membres de l’état-major faisaient partie de la catégorie des gentils dans les ex-FAd’H caractérisées par des coups d’État et des exactions sur la population civile.

Hervé Denis veut rassurer les esprits…

Plus d’un estime qu’avec ces anciens manitous des ex-FAd’H à la tête de la nouvelle armée de Jovenel Moïse, c’est un retour aux anciennes pratiques. Non, il ne faut pas voir les choses de cette façon, rassure le ministre de la Défense. Selon lui, ce n’est pas parce que le lieutenant-général des Forces armées d’Haïti, le chef d’état-major général, l'inspecteur général, l'assistant chef d’état-major G1/G3, l'assistant Chef d’état-major G2/G4, le secrétaire de l’état-major général et le colonel membre de l’état-major personnel du commandant en chef sont de l’ancienne armée qu’il faut avoir peur d’eux.

Hervé Denis estime que le processus de la mise en place du haut état-major de l’armée mérite du respect. « Depuis 2015, on a entamé un processus visant à moderniser les forces armées, a-t-il rappelé. À l’OEA on a trouvé le support de la Junte interaméricaine de défense, nous avons sorti un document qui est assez crédible et qui a été sanctionné par le Conseil de l’OEA, par la Junte interaméricaine et par d’autres secteurs du pays. Ce document est pratiquement la nouvelle doctrine de l’institution…Nous avons fait tout ça dans le respect scrupuleux des normes démocratiques… »

Le Bureau des avocats internationaux (BAI), dans une note de presse, indique que le colonel Jean-Robert Gabriel, membre du haut état-major, est « un militaire tortionnaire, jugé par contumace au procès du massacre de Raboteau, aux Gonaïves, le 16 novembre 2000 ». Interrogé sur cette dénonciation, le ministre de la Défense a fait savoir et nous citons : « Ce que je peux vous en dire en toute honnêteté, les candidats ont été soumis à un vetting, y compris le colonel Gabriel. Il n’y a rien de négatif contre lui dans le vetting en ce qui concerne la violation des droits de l’homme. »

Le ministre Hervé Denis a souligné au Nouvelliste que ce n’est pas lui personnellement qui avait réalisé le vetting sur le haut état-major. Mais qui avait réalisé le vetting, Monsieur le ministre ? « Vous me permettrez quand même de ne pas vous dévoiler toutes mes sources », a répondu le ministre de la Défense.

« Selon les critères du vetting, tous les membres du haut état-major sont clean », a soutenu le ministre, soulignant qu’il n’est pas lui-même un spécialiste dans le vetting. Ce vetting a-t-il été réalisé par une institution nationale ou internationale ? « Vous me permettrez, c’est tout ce que j’ai à dire là-dessus », a répondu le ministre à cette question directe du Nouvelliste, refusant de donner plus de détails sur le processus de vetting.

« Nous avons travaillé sur un long processus de vérification de chacun des candidats, a-t-il dit. Ils ont été soumis à un vetting qui comportait deux éléments fondamentaux : les questions de violation des droits de l’homme et le trafic de stupéfiants », a souligné Hervé Denis, ajoutant que tous les membres du haut état-major ont réussi le vetting.

Faire du neuf avec du vieux…Hervé Denis explique

Au moment de la démobilisation des ex-FAd’H en 1995 par le président Jean-Bertrand Aristide, ces hauts gradés de l’armée avaient déjà 50 ans pour la plupart. 23 ans après, ils se sont bien installés dans le troisième âge. Pour le ministre de la Défense, c’est normal de « faire du neuf avec du vieux ».

Selon lui, il fallait choisir des gens qui connaissent l’armée. « Cela aurait été difficile de prendre quelqu’un qui n'avait aucune connaissance dans les questions militaires et le catapulter comme commandant en chef ou membre du haut état-major », a-t-il dit.

Les membres du haut état-major sont issus de la même promotion dans les ex-FAd’H parce que, selon le ministre Denis, le choix s’est porté sur la dernière promotion de l’ancienne armée en âge de fonctionner. « Rien de sorcier. Ce sont les derniers qui étaient encore en exercice au moment où l’armée a été démobilisée », a-t-il expliqué.

« Pour le moment, c’est un état-major restreint en fonction de nos moyens et des objectifs à moyen terme que nous nous sommes fixés », a indiqué M. Denis.

Par ailleurs, le ministre de la Défense a annoncé que le haut état-major des forces armées va continuer le processus de recrutement lancé et interrompu en juillet dernier. Il a confirmé que l’état-major prend possession de son quartier général au Champ de Mars qui abritait jusque-là le ministère de la Culture.

Interrogé pour savoir de qui la nouvelle armée recevra ses ordres, le ministre de la Défense indique que la Constitution dit comment cela doit être fait. « Le président de la République est le chef nominal de l’armée, il y a le Premier ministre, le ministre de la Défense et il y a le commandant en chef de l’armée… », a-t-il avancé.

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