Le MHDR présente un bilan positif du projet VGB dans les départements de la Grand ’Anse et du Sud

Le Mouvement haïtien pour le développement rural (MHDR), en collaboration avec le ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF), a fait état de progrès de la première phase du projet de prise en charge communautaire et institutionnelle des cas de violence basée sur le genre (VGB) dans les départements du Sud et de la Grand ’Anse et . Lancé en février 2017 , ce projet œuvrait pour que l’intégrité physique des femmes et des filles soit mieux protégée et respectée dans ces départements où leur situation reste encore très incertaine.

Publié le 2018-03-07 | Le Nouvelliste

National -

Partant du constat des cas de violence, notamment la violence sexuelle qui surgissait dans les départements de la Grand ‘Anse et du Sud, ce projet a promu et institué la coordination et la synergie des efforts entre les institutions sanitaires, des organisations communautaires de base, des élus locaux, des media et des autorités judiciaires pour une solution durable à la problématique de la violence basée sur le genre dans ces départements. Ces derniers sont tous membres de la chaine de prise en charge départementale et des coordinations départementales du MCFDF. A travers ce projet, le MHDR, de concert avec le MCFDF et les autres acteurs, a conduit des activités de prévention et de prise en charge des cas de violence basée sur le genre en installant des comités et des cellules de prise en charge, a fait remarquer Renard Ridson, l’officier du projet basé dans le département de la Grand’Anse.

Pour réduire le taux de VBG dans les départements du Sud et de la Grand ‘Anse, les acteurs ont recouru à des actions de sensibilisation qui portaient sur le changement de comportement des femmes et des hommes afin de susciter chez eux une prise de conscience, cantonne Mr Ridson affirmant que 8 communes ont été touchées grâce à ce programme : Cayes, de Port-salut, Les Anglais, de Port-a-Piment dans le sud Jérémie, Roseaux, Dame Marie et Anse d’Hainault dans la Grande Anse.

Dans le cadre de ce programme visant à mobiliser les communautés de la société civile et les décideurs pour dire non aux VBG, 8 comités et 24 cellules ont été constitués et formés autour des stéréotypes sur la question de la violence basée sur le genre, sur les assistances légales, sur les procédures judiciaires, entre autres. Chacune des 8 communes dispose d’un comité et de 3 cellules. Ces structures sont composées de responsables du MCFDF, du MSPP, de policiers, de professeurs, d’Avocats, de professeurs, de pasteurs, de vodouisants, directeurs d’écoles, d’ASECs, de CASECs, de délégués de ville, tous des entités et composantes de la chaine de prise en charge départementale des cas de VBG. Pour la réplication des connaissances acquises, les membres des comités et des cellules ont pénétré des sphères sociales comme les marchés, les églises, les établissements scolaires, les gaguères, les universités, et associations…

Si les violences dont font l'objet les femmes et les filles ne constituent pas un fait social nouveau, l'intérêt accordé à cette question est un fait qui marque surtout notre époque et plus particulièrement les deux dernières décennies. Jamais on n’aura autant parlé de violence basée sur le genre, a signalé Verdier Wilnick, le président comité de lutte VBG de la commune des Cayes. Lutter contre la violence est primordial car les VBG constituent une entrave à l’avenir de la société, surtout si elle prend origine dans la famille et s’étend dans la société. Ce projet est un signal fort de la lutte contre la violence faite aux femmes et aux filles. Cette initiative est d’ailleurs, d’après M. Verdier, principalement engagée par le gouvernement haïtien, par le biais du Ministère de la condition féminine et aux droits des femmes, et épousée par le MHDR, grâce à un financement octroyé par l’UNFPA, pour conduire ce projet dans les deux départements. Dans le processus de prise en charge des victimes, parmi les cas de violence enregistrés, a soutenu M. Verdier, la violence sexuelle qui touche particulièrement des femmes et des filles est très répandue dans le département du Sud. Dans les foyers chrétiens, beaucoup de cas de violence ont été recensés. Cela est dû, selon lui, à un manque d’éducation. « À l’intérieur de l’église, on a recensé des cas non-déclarés. La plupart des chrétiens rencontrés ignorent les procédures judiciaires. Certains d’entre eux ont peur de dénoncer les violences dont elle font l’objet », a-t-il déclaré.

Estimant que ce projet devrait s’étendre sur tout le territoire national, le président du comité VBG des Cayes a fait savoir que ce plan de prise en charge a eu des retombées positives sur les communautés, notant que es types de violences (viol, agression sexuelle, agression physique) sont réduits considérablement dans les régions. Dorénavant, les cas de violence sont notifiés et bon nombre de citoyens adoptent un comportement adéquat vis-à-vis de leurs semblables et des présumés violeurs ont été arrêtés, a mentionné M. Verdier Wilnick qui se dit satisfait de l’impact de ce projet dans la région.

Abondant dans le même sens, la secrétaire du comité de lutte VBG dans la commune de Roseaux, de son côté, Dimanche Marie Josée, a adressé des propos élogieux à l’égard des initiateurs du projet. Dans la commune des Roseaux, au moins 5000 personnes ont été sensibilisées sur cette question. Selon elle, ce projet a reçu un accueil favorable auprès de la population, ainsi que des organisations de femmes et de la société civile, souhaitant sa prolongation dans tout le département de la Grand’Anse pour accompagner les structures étatiques dans ce si long combat

Ruth Cadet
Auteur
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