Les contes de Joujou: un symbole d’amour et de fraternité

Publié le 2018-01-29 | Le Nouvelliste

Culture -

« Contes de Joujou », ce texte de Joujou Turenne, paru aux éditions « Planète rebelle » à Montréal en 2010, nous propose deux histoires pour symboliser l’amour et la fraternité. L’amie du vent, ainsi se nomme-t-elle, nous transporte dans son voyage imaginaire sur son paquebot de quarante-quatre pages en compagnie du courage, de l’espoir, de l’amitié et de l’amour.

Monsieur Haricot, Madame Brindille et Madame Goute sont les principaux personnages de la première histoire : Monsieur Haricot. Ensemble, ils ont laissé la cuisine de Dame Olga qui aimait beaucoup faire à manger, pour échapper à la cuisson. Sur leur route se trouve une immense flaque d’eau aux rebords gelés qui représente pour eux un torrent. Ils ont une bonne idée : Brindille va se mettre de tout son long et atteindre l’autre rive, Goute va rouler jusqu’à atteindre l’autre bout, Haricot quant à lui va sauter jusque-là-bas, et en unissant leurs forces, ils pourront tirer Brindille. Mais Goute n’arrive pas à destination et se retrouve avec la bedaine à l’air. Tragique ! Haricot se met à rire jusqu’à éclater de rire. Et c’est à son tour d’avoir la bedaine à l’air. Heureusement, un couturier se trouve par hasard sur les lieux avec sa trousse. Il a reprisé la bedaine de Haricot qui est rouge avec du fil noir. C’est ce qui explique que plusieurs haricots ont le bedon noir. On dit aussi qu’il a du fil blanc, donc certains haricots ont le bedon blanc aussi.

Un tout petit oiseau qui aime voler en chantant aisément, veut rendre visite à Fillette Lalo. Cette dernière est reconnue pour son antipathie contre les animaux. D’ailleurs, elle mélange leurs parties souvent dans une soupe très particulière qu’elle prend le soin de préparer. L’oiseau s’envole et chante: « Brit ! Kolobrit ! Brit ! Kolobrit ! Comme un rossignol mange un corossol. », Ce petit oiseau rencontre un gentil et brave soldat qui accomplit de belles missions dans son village. Il apprend à la volaille que Fillette Lalo mange parfois de grosses bêtes et que lui non plus ne serait peut-être pas épargné. « Oh ! J’ai peur ! », s'exclame l’animal. Mais il décide tout de même de poursuivre son chemin. En arrivant à la ville du Cap-Haïtien, le village danse et chante. Le même scénario se répète et le village tout entier lui offre un gros bouquet d’amour et d’amitié. À Jacmel, il repart avec un bouquet de courage et d’espoir. Enfin il arrive chez Fillette Lalo et la trouve en train de préparer justement sa soupe. Avec ces deux bouquets, le petit oiseau se sent si puissant, comme un aigle, qu’il arrive à produire un cri perçant. Tremblant de peur, Fillette Lalo est tombée dans sa soupe.

Née au Cap-Haïtien, établie à Montréal, Joujou Turenne, Amie du Vent compose des histoires étincelantes nourries de l’Afrique, l’alma mater, du Québec, où elle vibre, et d’Haïti, sa terre natale. Elle a plusieurs cordes à son arc : conteuse, formatrice, poétesse, comédienne, etc. elle a reçu plusieurs prix et mentions dont le Prix Littérature jeunesse Centre jeunesse (2012), le Prix Anselme Chiasson 2011 entre autres.

Même si nous sommes devenus adultes, il existe des magiciens, ayant pour baguette une plume, qui ont ce pouvoir de nous faire revivre nos plus beaux souvenirs d’enfance par le biais d’une imagination merveilleuse. Car, pour paraphraser Anne Barratin, La vieillesse s'égaie plus volontiers des souvenirs de l'enfance que des joies de la jeunesse, qui semblent l'attrister.

Michelet Joseph Micheletjoseph93m.j@gmail.com Auteur
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