Être ou ne pas être riche n'est pas la question... Avoir les chances de le devenir est la solution...

REGARDS

Publié le 2018-01-04 | Le Nouvelliste

National -

Lorsque les participants à un concert de luxe font l’objet de stigmatisation et qu'ils répondent par un tissu d’insultes cousu de mépris, le malaise social est à son paroxysme.

« Boujwa fatra », « Egri k ap megri », « Sa k pa kontan, anbake ».

Ce jeu de culpabilisation mutuelle permet, sans soute, de se vider de ses frustrations mais n’apporte aucune proposition au problème de redistribution des richesses.

Dénigrer les riches et mépriser les pauvres, c’est cloisonner une réflexion qui, pourtant, gagnerait à être collective. Nous (Haïtiens) devrions éviter que la dimension subjective et émotionnelle vienne balayer la pertinence d’un véritable débat national sur l’état de la misère et des inégalités sociales en Haïti.

La pauvreté est un sujet pertinent mais avant tout une question d’État. C’est aux représentants étatiques qu’il revient de s’attaquer aux problèmes collectifs, tel que le partage des richesses.

Confucius, dans sa sagesse disait : « Sous un bon gouvernement, la pauvreté est une honte; sous un mauvais gouvernement, la richesse aussi est une honte. »

Le progrès d’une société s’illustre par sa capacité à dégager un consensus autour de la redistribution des richesses. Ce débat autant urgent que sérieux ne peut rester au stade de polémique stérile. Le vivre-ensemble se tisse entre les extrémités, pour éviter la rupture définitive du tissu social.

Le pari des démocraties est de faire bouger par des actions solidaires l’ascenseur social. La richesse et la pauvreté ne doivent pas être implacablement fixes. Or, cette capacité de se projeter dans un lendemain meilleur semble s’effriter chez le jeune Haïtien.

Avec un tel état d’esprit, comment pourra-t-on construire un système social générateur de paix? Aucune société ne peut être fondée sur la désespérance d’une majorité de ses fils.

Cette absence de croyance en un avenir collectif, interconnecté, et solidaire entre les classes sociales peut constituer le terreau pour ceux et celles qui instrumentalisent la misère à des fins politiques.

Aly Acacia
Auteur
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