Pouvoir judiciaire vs pouvoir exécutif

Jovenel Moïse finit 2017 sans faire la paix avec le CSPJ

Publié le 2017-12-29 | Le Nouvelliste

National -

2017 s’en va, laissant le président de la République et les membres du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) en de mauvais termes. Après avoir essuyé un échec en voulant rencontrer le CSPJ le mardi 19 décembre dernier, Jovenel Moïse n’a pris, depuis, aucune autre initiative du même genre. Cependant, un membre du pouvoir judiciaire a confié au Nouvelliste que le Palais national les invite aux Gonaïves à l’occasion du 214e anniversaire de l’indépendance du pays, le 1er janvier.

« C’est dommage que nous ayons terminé l’année 2017 sans avoir rencontré le chef de l’État pour lui exprimer nos frustrations par rapport aux déclarations qu’il avait faites le 12 décembre à Paris », a indiqué au Nouvelliste un membre du CSPJ. Ne voulant pas que son nom soit cité, ce conseiller au pouvoir judiciaire a confié au Nouvelliste que le CSPJ a reçu une invitation du Palais national pour accompagner le président de la République aux Gonaïves le 1er janvier.

« La majorité des membres du CSPJ sera avec le président aux Gonaïves. La fête de l’indépendance est un rendez-vous national, ce n’est pas l’affaire du gouvernement », a-t-il dit au journal pour confirmer que le pouvoir judiciaire sera aux Gonaïves à l’occasion du 214e anniversaire de l’indépendance du pays, le 1er janvier 2018.

Toutefois, il a souligné que depuis l’invitation boudée par le CSPJ le 19 décembre dernier, le chef l’État n’a pris aucune autre initiative pour rencontrer le pouvoir judiciaire.

Selon ce conseiller au pouvoir judiciaire, les membres du CSPJ n’ont pas la volonté d’entrer en conflit avec le chef de l’État. Le pouvoir judiciaire, a-t-il dit, est disposé à rencontrer le président mais moyennant le respect de certaines exigences comme un endroit autre que le Palais national pour la rencontre et un objet bien défini. « Qu’on le veuille ou non, Jovenel Moïse est le président de la République et les pouvoirs publics ne doivent pas être dans un conflit éternel ».

À Paris le mardi 12 décembre dernier, devant plusieurs centaines de compatriotes vivant en France, le chef de l’État avait déclaré que, sur une liste de juges qui lui avait été soumise par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), des soupçons de corruption pesaient sur une cinquantaine d’entre eux. Il a dit avoir été contraint d’approuver la liste sous la pression des grèves des magistrats.

Sidérés, les membres du CSPJ ont qualifié de blasphématoires, ces déclarations du chef de l’État qui, pour eux, sont une tentative de mettre en péril l’indépendance du pouvoir judiciaire et une violation de l’article 136 de la Constitution de 1987.

Depuis, c’est une sorte de guerre froide entre le président de la République et les membres du pouvoir judiciaire. Les deux pouvoirs publics entament l’année 2018 sans faire la paix.

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