Père David César, 41 ans au service de l'orchestre Sainte-trinité

Directeur de l’école de musique Sainte-Trinité et de l’orchestre philharmonique portant le même nom, le révérend père David César a consacré sa vie à la musique classique et au ministère de Dieu. Nommé directeur de l’école de musique Sainte-Trinité en 1996, il deviendra par la suite directeur de l’orchestre philarmonique Sainte-Trinité en 2000. Depuis, ses journées se partagent entre les cours qu’il dispense et les répétitions de l’orchestre qu’il coordonne.

Publié le 2017-12-07 | Le Nouvelliste

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Le père David César a suivi ses premiers cours de musique à l’école Sainte-Trinité alors qu’il n’était âgé que de 3 ans. Huit ans après, en 1976, il est le plus jeune musicien à intégrer l’orchestre philharmonique Sainte-Trinité comme violoniste. Un peu plus tard, il passe au violon alto et devient « violoniste et altiste » au sein de l’orchestre. « Cinq altistes ont laissé l’orchestre en 1980. On m’a proposé d’essayer le violon alto, j’ai refusé. Mes professeurs ont insisté et j’ai accepté. J’ai tout de suite vu que cet instrument adhérait à ma personnalité et depuis j’ai adopté le violon alto comme mon premier instrument », raconte le père César, professeur de musique à temps plein à Sainte-Trinité.

Au début, faire partie de l’orchestre était un véritable challenge pour celui qui le dirige depuis 17 ans déjà. « Je n’étais qu’un enfant de onze ans parmi tous ces musiciens plus âgés et plus expérimentés que moi. J’ai dû travailler pour faire mes preuves, car il fallait passer des auditions tous les mois afin de garder sa place dans l’orchestre », se rappelle le talentueux altiste qui aujourd’hui compte 41 années au sein de l’orchestre philarmonique Sainte-Trinité, un orchestre de plus de 70 membres. Le meilleur souvenir qu’il garde de l’orchestre remonte à loin: en 1987, sa première prestation comme soliste avec l’orchestre Sainte-Trinité, où un article du journal américain « National Geographic » confirme son talent. Le violoniste David César est reconnu comme l’un des grands talents de la musique de l’Amérique.

Tous les jours de la semaine, point de repos pour le directeur de l’orchestre. À coté de ses cours, il y a également les événements à préparer. Le dimanche 19 novembre 2017, l'orchestre a célébré la patronne des musiciens dans un somptueux concert. « Comme chaque année, un grand concert s'est tenu à l’occasion de la Sainte-Cécile, car il était impératif de rappeler aux musiciens que nous avons une patronne », a-t-il souligné. Ce concert qui a eu lieu à l’hôtel Karibe a été également un hommage à Micheline Laudun Denis pour ses 60 ans dans l’éducation musicale en Haïti. Parmi les invités à cette soirée ont figuré Micheline Dalencourt, Nicole Saint-Victor, notre soprano national, et le chef d’orchestre américano-canadien Justin Bishof qui avait codirigé les répétitions avec le père David César pour l'occasion.

Natif de port-au-prince, le père César a vu le jour un 1er mars. Et c’est dans cette ville qu’il a grandi, dans une famille de laïcs dévouée au ministère. Sa marraine n’était autre que la sœur Anne-Marie S.S.M., la religieuse ayant institué l’école de musique Sainte-Trinité en 1956. Sa mère, très dévouée à l’Église épiscopale, passait la majeure partie de son temps au couvent de la congrégation Sainte-Trinité ou à l’école où elle travaillait. Ainsi, le jeune garçon a grandi dans un univers influencé par des religieux. « Après l’école, je passais la plupart de mon temps à l’école de musique et au couvent de Sainte-Marguerite », se rappelle le prêtre pour qui il n’y avait point d’autres voies possibles outre le ministère et la musique.

L’ancien élève du Petit Séminaire Collège Saint-Martial confie cependant que bon nombre de ses amis lui ont conseillé de se diriger vers le ministère de l'Église catholique romaine, mais voulant se marier, il ne s’est pas laissé convaincre et a intégré le séminaire de la mission épiscopale. Un choix qu’il ne regrette pas jusqu’à aujourd'hui. Toutefois, le révérend père dit avoir caressé l’idée d’intégrer les forces armées. Malheureusement, on avait cessé les inscriptions à l’école militaire lorsqu’il a voulu s’inscrire.

Ordonné prêtre de l’Église épiscopale en 1991, le père David César se dit un jeune-vieux prêtre. « J’ai beaucoup vu, j’ai beaucoup appris durant mes 26 années de service. Je fais partie des plus anciens prêtres actifs du diocèse épiscopal en Haïti », confie celui qui n'est plus assigné à une paroisse, mais a été nommé prêtre attaché à la direction de l’église Sainte-Trinité. « J’ai parcouru les paroisses du pays. J’ai été affecté aux paroisses de Gros-Morne, Mirebalais, Carrefour et Pétion-Ville, pour ne citer que celles-là », a informé le chef d’orchestre.

Marié et père de deux garçons, le père César a également effectué des études en sciences juridiques, pour le bonheur de son paternel, avocat de profession. Un métier qu’il ne pratiquera jamais pour sa part. À côté de son travail dans le ministère de l’Église épiscopale d’Haïti, de sa carrière de professeur de musique à l’école Sainte-Trinité et de directeur d’orchestre, le père David César est amateur des championnats européens. Fan du FC Barcelone et de Lionel Messi, il prend toujours plaisir à regarder les matchs de foot. Le professeur de musique dit aussi aimer lire les ouvrages de théologie et de philosophie.

Dans les années à venir, le père César ne se voit faire rien d'autre que de la musique. « Un musicien ne s’arrête jamais. La musique est toute une vie. Je crois que j’ai encore beaucoup d’énergie, je peux continuer à travailler et à former des jeunes », assure celui qui rêve grand pour la musique classique en Haïti. Ce que le professeur désire par-dessus tout, c’est d’établir un conservatoire en Haïti. Pour ceux et celles qui désirent faire carrière dans la musique, le violoniste veut laisser en héritage un cursus en musique de niveau universitaire. C’est d’ailleurs le projet sur lequel il travaille en ce moment, de concert avec l’évêque de la paroisse Sainte-Trinité, ouvrir une faculté de beaux-arts dans le pays, car la musique est un art, un trésor qui peut procurer un sens de responsabilité à l’enfant, selon le directeur de notre grand orchestre philarmonique Sainte-Trinité.

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