Matières premières / Energie

La hausse du prix du pétrole va se poursuivre en 2018, selon la Banque mondiale

La Banque mondiale prévoit la poursuite de la hausse des produits pétroliers en 2018. En moyenne, le baril de pétrole coûtera 56 dollars en 2018, contre 53 dollars en 2017, sous l’effet de l’augmentation constante de la demande, des accords entre exportateurs sur une diminution des volumes de production et de la stabilisation de l’extraction d’huile de schiste aux États-Unis, indique ce jeudi 26 octobre 2017 la Banque mondiale.

Publié le 2017-10-26 | Le Nouvelliste

Economie -

Selon les prévisions annoncées dans l’édition d’octobre du Commodity Markets Outlook, les prix des produits énergétiques (pétrole, gaz naturel et charbon) progresseront seulement de 4 % en 2018, après l’envolée de 28 % de cette année.

« Les prix de l’énergie remontent du fait de la stabilité de la demande et de la contraction des stocks, mais beaucoup dépendra de la décision des producteurs de pétrole de prolonger ou non les coupes de production, explique John Baffes, économiste senior et auteur principal du Commodity Markets Outlook.

Pour Haïti, qui dépend à plus de 80% des produits pétroliers et de leurs dérivés pour avoir de l’électricité, et qui subventionne à plus de 200 millions de dollars l’Ed’H chaque année, ce n’est clairement pas une bonne nouvelle. Toutefois, nous en sommes encore loin de la période, entre janvier 2013 et juillet 2014, où les prix du pétrole brut flambaient entre 100 et 115 dollars. Mais, depuis 2014, on assiste à une forte baisse des prix du pétrole et des autres combustibles fossiles. Une dynamique de prix, selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), capable d’impacter fortement les investissements dans les énergies renouvelables qui ont tendance, ces dernières années, à profiter de la hausse des prix des produits pétroliers pour s’intensifier.

En effet, dans le rapport « Investissement dans les énergies renouvelables, prix des carburants fossiles et implications politiques pour l'Amérique latine et les Caraïbes », datant de mai 2017, la CEPALC cherche à savoir comment encourager les projets d'énergie renouvelable à grande échelle, dans le contexte de la volatilité des prix des combustibles fossiles, en particulier lorsque les alternatives aux combustibles fossiles peuvent devenir moins chères qu’aux prix actuels du marché.

Les possibles changements de prix soulèvent la question des rendements commerciaux pour les énergies renouvelables et celle des prix des combustibles fossiles volatils. Si la rentabilité de l'investissement dans les énergies renouvelables est abaissée, et s'il existe une incertitude croissante à propos de cette rentabilité à l'avenir, prévient la CEPALC, cela pourrait décourager les investissements dans les énergies renouvelables.

Or, atténuer les effets du changement climatique nécessite un important transfert de la production d'électricité des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables. Actuellement, les pays de la Caraïbe dépendent fortement du pétrole importé pour satisfaire leurs besoins énergétiques. Même après la baisse des cours du pétrole, les prix de l'électricité dans la région restent parmi les plus élevés de l'hémisphère occidental, limitant l'accès à l'énergie, en particulier parmi les groupes les plus pauvres et les ménages dirigés par des femmes.

Principal concurrent des énergies renouvelables, les combustibles fossiles se voient allouer des subventions massives un peu partout à travers le monde. Pour la CEPALC, ces subventions constituent l'un des principaux déterminants de la rentabilité des énergies fossiles par rapport aux énergies renouvelables.

La situation économique actuelle – baril de pétrole légèrement au-dessus de 50 dollars – est parfaite, estime la CEPALC, pour réduire ces subventions aux énergies fossiles, et utiliser une partie des ressources libérées pour - le cas échéant - augmenter les subventions pour la production et l'installation d'énergies renouvelables et / ou augmenter les dépenses de recherche pour rendre les énergies renouvelables moins chères et plus efficaces.

De plus, les énergies renouvelables moins chères pourraient compenser en partie les consommateurs pauvres qui pourraient être affectés par les subventions moins élevées sur les combustibles fossiles, et ces consommateurs devraient également bénéficier d'une certaine répercussion de la baisse du prix du pétrole sur le prix de l'électricité. En ce sens, l’agence des Nations unies recommande que de telles réductions des subventions aux combustibles fossiles doivent être liées à un cadre politique global permettant des rendements commerciaux plus stables pour les énergies renouvelables.

Par ailleurs, les prévisions des prix du pétrole de la Banque mondiale sont légèrement revues à la baisse par rapport au mois d’avril et sont tributaires d’un certain nombre de risques. Des incertitudes entourent notamment la production de la Libye, du Nigéria et du Venezuela, tandis que les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d’autres producteurs pourraient s’entendre afin de continuer à limiter l’extraction, ce qui maintiendrait les pressions à la hausse des prix.

Les prix pourraient toutefois à nouveau reculer si cet accord n’est pas reconduit ou si les États-Unis produisent davantage d’huile de schiste. Par ailleurs, les cours du gaz naturel devraient augmenter de 3 % en 2018 tandis que le charbon coûtera probablement moins cher après s’être envolé de près de 30 % sur 2017. La politique environnementale de la Chine devrait constituer l’un des principaux déterminants des tendances à venir sur les marchés du charbon.

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