7,2 milliards de gourdes pour 146 élus, 6,14 milliards pour la santé de 12 millions d’Haïtiens

Publié le 2017-07-13 | Le Nouvelliste

Editorial -

Le personnel de santé des hôpitaux publics est entré en grève ce jeudi pour protester contre la faible augmentation de salaire qui leur est accordée. « Le salaire des médecins résidents passe de 20 000 gourdes à 24 000 gourdes. Les médecins généralistes vont percevoir à présent 37 000 gourdes alors qu’ils percevaient 31 000 gourdes. Les honoraires des auxiliaires passent de 16 000 gourdes à 21 000 gourdes. Ceux des techniciens grimpes de 17 000 gourdes à 22 500 gourdes, de 31 000 à 42 000 gourdes pour les spécialistes. Quant au personnel de soutien, le salaire est passé de 11 000 à 12 100 gourdes », a détaillé Alisma Roseta Georges, présidente du Syndicat des travailleurs de la santé de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti, cité dans un article de cette édition du Nouvelliste. Pour le moment, c’est le petit personnel qui porte le flambeau de la grève pour protester contre les 10% d’augmentation (1100 gourdes) qui leur sont alloués. Les spécialistes en santé publique, les médecins avec Bac +10 recevront un peu plus de 35% d’augmentation dans la nouvelle grille de salaire proposée. La santé, depuis des années, est l’un des parents pauvres de la République. En termes de pourcentage sa part dans le budget national (4.3%) régresse depuis 20 ans. Loin est le temps où la santé recevait 10-12% du budget. Dans le budget 2016-2017, le ministère de la Santé publique et de la Population disposait de 3.9 milliards de gourdes, le Parlement de 3.8 milliards de gourdes. Dans celui de 2017-2018, le parlement aura 7.2 milliards de gourdes, le ministère de la Santé publique et de la Population 6.1 milliards de gourdes. La Chambre basse recevra 3, 63 milliards contre 3,57 milliards de gourdes pour le Sénat. Le gouvernement a certes augmenté le budget de la santé, mais comparé aux largesses reçues par le parlement, les médecins auront peu de moyens pour résoudre les problèmes de santé. Les 144 milliards de gourdes du budget 2017-2018 représentent les objectifs de la présidence de Jovenel Moïse. Il est évident que les responsables politiques ont fait un choix clair : privilégier le Parlement pour atteindre des buts encore ignorés. Au prix fort, le premier ministre Jack Guy Lafontant achète la paix politique, récompense ses alliés. Le médecin-premier ministre laisse la santé publique aux soins du Bon Dieu Bon.

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