Produits pétroliers/Augmentation

Jovenel Moïse dément avoir critiqué la hausse des prix de l’essence quand il était candidat

Depuis la décision du gouvernement d’augmenter les prix de l'essence à la pompe, les réseaux sociaux se sont amusés à revenir sur certaines déclarations qu’avaient faites des proches du parti au pouvoir en 2016 quand le pouvoir de transition voulait augmenter le prix du carburant. Le président de la République, qui n’a pas été épargné, dément avoir critiqué cette décision de Privert…

Publié le 2017-05-16 | Le Nouvelliste

National -

« Je suis l’un des rares candidats qui, en octobre 2016, n’avaient jamais parlé du carburant. Je suis quelqu’un de responsable… », a déclaré le président Jovenel Moïse, qui faisait mardi le bilan de ses 100 premiers jours au pouvoir en accordant une interview spéciale à la Télévision nationale et à Scoop FM. Le chef de l’Etat dément avoir critiqué l’augmentation du prix de l’essence à la pompe en 2016 sous l’administration de Jocelerme Privert, lorsqu’il était candidat à la présidence. Il met en défi quiconque de venir avec la bande sonore sur laquelle il critiquait cette décision. En revanche, le leader des Tet kale a reconnu que pendant la campagne électorale la question de l’augmentation du prix de l’essence pourrait avoir été évoquée par un de ses proches. « Mais moi personnellement, je n’avais jamais parlé de la hausse du prix de l’essence parce que je savais que la décision dépendrait un jour de moi », a soutenu Jovenel Moïse. Cependant, le chef de l'Etat a souligné que sous la présidence de Privert, il y a eu beaucoup d’écarts et que le pouvoir de transition avait uniquement pour mission d’organiser les élections. « Il n’en avait pas deux… », a-t-il soutenu. Parce qu’il a été aux élections et a fait des promesses de campagne et Privert non, Jovenel Moïse croit qu’il a la légitimité pour augmenter le prix de l’essence à la pompe, contrairement au pouvoir de transition. Selon le chef de l’Etat, la hausse du prix de l’essence a des avantages pour la population. Il a signalé, à titre d’exemple, que le gouvernement sera en mesure de payer les enseignants, de réaliser la construction d’infrastructures agricoles, de routes agricoles, de réseaux électriques. « Le rôle de l’Etat est d’utiliser l’argent de l’Etat au service du peuple », a déclaré Jovenel Moïse. Il a précisé que pour faire le développement qu’il avait promis lors de sa campagne électorale, il lui faut des moyens. Les produits pétroliers constituent l’une des plus importantes sources de l’Etat, a avancé l’entrepreneur agricole devenu président de la République. Selon Jovenel Moïse, l’Etat subventionnait à hauteur de 77 gourdes chaque gallon de gazoline, de 75 gourdes chaque gallon de diesel et de 65 gourdes le gallon de kérosène. Pour le locataire du Palais national, le Trésor public subventionnait le carburant pour les industriels et non pour les plus défavorisés. « 80% du carburant est utilisé dans les industries », croit savoir le président. Dans un premier temps, a-t-il dit, « nous avons voulu augmenter le prix du carburant d’un coup. En discutant avec les autres secteurs, ils nous ont dit qu’il n’était pas possible de le faire ainsi… » Après l’augmentation de lundi dernier au cours de laquelle le gouvernement a ajouté 35 gourdes sur la gazoline, 30 gourdes sur le diesel et 25 gourdes sur le kérosène, les autorités prévoient d’autres augmentations à court terme. A chaque arrivage de bateau pétrolier, le prix de la gazoline à la pompe en Haïti subira de nouvelles augmentations de l’ordre de six gourdes, cinq gourdes sur le diesel et quatre gourdes sur le kérosène, selon l’accord paraphé entre le pouvoir et les syndicats des transports en commun.

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