Mikaben réussit son baptême de feu au festival international de jazz de Port-au-Prince

Sur la programmation du dernier spectacle de la Scène Barbancourt de PapJazz Haïti ce jeudi 9 mars 2017, s’affichaient des artistes de renom tels que Verronica Ferreiro, Jean Paul Estievenart et Mikaben. Si pour les autres le jazz fait partie de leur registre, pour Mikaben, c’est un tout nouvel univers qu’il découvre. Le défi est grand, l’enjeu est de taille pour sa première participation au festival international de jazz de Port-au-Prince.

Publié le 2017-03-21 | Le Nouvelliste

Culture -

Ce jeudi régnait une autre ambiance dans la cour de l’Université Quisqueya. Difficile de circuler au milieu de cette foule composée en majorité de jeunes. Tandis que Verronica Ferreiro et Jean Paul Estievemart faisaient leur show, l’impatience de voir Mikaben sur la scène se faisait sentir peu à peu. Seul Follow Jah arrive à distraire le public pour le moment au point d’entendre certains scander à maintes reprises : « Nou pa vle dyaz, ban nou rara pito ». « Que vient faire Mikaben dans un festival de jazz ? », se demandent les nombreux curieux dans la cour de l’Uniq. Quoiqu’ ils apprécient le talent de l’artiste, ils n’arrivent pas à établir un lien entre les styles habituels du chanteur et le jazz. Une question à laquelle Joël Widmaier a répondu lors de notre entrevue en précisant que : « Mikaben adopte un style différent et joue une nouvelle forme de compas, une musique intéressante. Son approche musicale attire les jeunes. C’est pourquoi nous l’avons invité à prendre part au festival. » Membre de l’équipe permanente du PapJazz, Monsieur Widmaier en a profité pour rappeler que la 11e édition du festival international de jazz de Port-au-Prince qui se déroule pendant 8 jours offre 33 prestations aux festivaliers avec 70% de jazz et 30 % de style musical adopté en Haïti. Une manière de faire un échange entre la culture haïtienne et la culture des pays qui prennent part à l’évènement. Vêtu d’un jean bleu, d’une chemise blanche, d’un col bleu à rayure blanche et d’un chapeau, Mikaben prend très au sérieux sa 1re participation au festival. Au milieu de Jhon Bern (batteur), Ferdinand ( pianiste), Jhonson ( bassiste) et 3 choristes, Mika a reçu dès les premières notes de I am loving my life une ovation du public. Debout et mains en l’air, tout Quisqueya bougeait au rythme du dancehall. Mixant sa composition anglaise avec la très célèbre musique traditionnelle Grenn zaboka sèvi zorye. Un choix un peu risqué pour débuter son show qui a malgré tout plongé le public dans l’ambiance. Pour introduire le jazz dans a playlist, sous les conseils de John Bern, le polyvalent a interprété Painting on canvas du jazzman Grégory Porter, ce qui a un peu cassé l’ambiance. Pour remonter le tempo, Mika fait découvrir aux spectateurs une version jazz de Ayiti Se. Ce qui a beaucoup plu. De No woman no cry version jazz de Jonathan Butler, en passant par le World Beat N ap kite l pou yo à Sim te gen zèl pour boucler le spectacle avec Ti pam nan la chanson avec laquelle il a signé chez Warner Music France, Mika a assuré. Nombreux à assister au début de Mikaben dans le monde du jazz, les spectateurs n’ont pas fait que danser et reprendre en chœur les inteprétations de la star. Ils ont aussi partagé avec nous leur avis : « Même quand il ne jouait pas tout à fait du jazz, la performance de Mikaben était appréciable. La bande qui l’a accompagné était de haut niveau. L’arrangement musical ( funky-jazzy) était très intéressant. Et Mikaben a fait du Mikaben. Le seul bémol : son chœur aurait dû mieux répéter », nous fait remarquer Hans-Berry Jacques, jazzman. Pour le saxophoniste Hudson Louis, côté spectacle, Mika a été extraordinaire, ses musiciens ont assuré mais les choristes donnaient l'impression qu'ils n'ont pas eu de répétitions avec le groupe: ils n'ont été très performants qu'à l'entrée. De son côté l’étudiant à l’Uniq Elie Joseph déclare : « Mika était super, je me susi bien défoulé. J’étais devant la scène, je ne me suis même pas rendu compte que le spectacle avait pris fin tellement je m’amusais.» Et Martine Louis ne fait que le confirmer :« Mikaben a assuré, j’ai assisté à d’autres performances de différents groupes durant la semaine, je peux dire que Mika est l’un des meilleurs. » Dans les coulisses, Mika s’est un peu confié sur sa préparation pour le festival : « Ce fut un défi pour moi de prendre part au festival international de jazz de Port-au-Prince. J’ai dû écouter certaines chansons de jazz sous la recommandation de John Bern et apprendre Painting on canvas. Mon équipe a fait un travail extraordinaire en offrant des musiques de mon répertoire et des musiques étrangères que les Haïtien (nes) chérissent. » Réagissant sur son choix de chanter en anglais et en français, le chanteur-compositeur a précisé : « En musique l’important c’est de divertir le public. La langue ne saurait être une barrière dans ce domaine. » Satisfait de son expérience, Mika se dit désormais ouvert aux invitations pour d’autres festivals de jazz. Avis que partage Joël, vu qu’il a promis que ce ne sera pas la dernière participation de Mikaben au festival de jazz de Port-au-Prince.

Réagir à cet article