Poésie

James Noël, un poète sous les étoiles

Publié le 2004-12-23 | Le Nouvelliste

Culture -

James Noël. Poète, diseur. De nos jours, il dit ses poèmes, pour le plaisir de ses amis, sous la belle étoile. A Tropical Bar restaurant, quand la guitare sèche de Wooly Saint-Louis l\'inspire, Noël saisit le microphone, et le public accorde toute son attention à lui. L\'avenue Lamartinière est le rendez-vous des copains d\'abord. On y vient pour écouter de la bonne musique, casser la croûte, boire et respirer sous les étoiles un air de détente. James Noël, quand le plaisir de dire lui démange les lèvres, nous livre ses poèmes. Voici, successivement : Mwèl tèt, Fleur de sang et Les ruches prennent source dans mon sang Mwèl tèt Se bo mwen bo Aswè a Ou foure lang ou nan bouch mwen Tankou yon kle Ki pa sou louvri pòt Men elas ! Kè pa m mache tou louri Tankou tifi ki mal pèdi Li bat ba devan renmen Ou kenbe m fò nan tèt Pòtrè kodak Ou pran pati idantite m Ou pran pòz yon touris Ou rale chalimo Ou bwè Tout mwèl tèt mwen Fleur de sang Pour grain de poussière Démord la vie Dévie la mort Le vent galope la corde au cou En fracas d\'élégie sur étrier Temps mis à mort au fil du temps Ecartelé de feuilles mortes De parenthèses à bras ouverts Pour des oiseaux en filigrane D\'attouchements à gants blessés Pour des baisers derrière la porte O rose Effleure effleure Effleure bouquet de poings Très bien tendu du cannibale Hélant oyé et halali Que par le bout de certitudes Ces affaires tranchées de cervelle d\'homme La honte puisse rendre L\'esquise couleur D\'une corolle de sang Les ruches prennent source dans mon sang L\'épine plantée sus l\'ongle Je parle de toi Dans le délire Plantée sous l\'ongle l\'épine Les ruches prennent source Dans mon sang Que d\'ailes m\'ont volé ! Sans permis ? Par urgence de couleur Et d\'apesanteur Je tiens ton nom Pour citer la fleur Et ma gorge déchirée Dans l\'écho anonyme Des roses mortes Ma gorge lente Salivant sans lessive de crachat Le visqueux chant Des abeilles James Noël dit aussi ses textes quand Jacques Roche où d\'autres poètes ouvrent la fête de la poésie à l\'avenue Lamartinière. Parfois, les copains insistent : on veut entendre James. Il ne peut pas refuser cette demande, son public l\'attend. La bière, le rhum, le whisky coulent, la poésie aussi. Les oreilles revendiquent ivresse et éternité dans l\'instant. Personne n\'a le souci de regagner ses pénates, la magie poétique opère. Jacques Roche qui vient de graver son dernier né poétique sur un CD laisse l\'empreinte de ses poèmes dans la nuit du Bois Verna, James Noël lui emboite les pas. James Noël se sent tout à fait combler lorsque Wooly Saint-Louis pare de musique sa poésie qu\'il enveloppe chaleureusement avec sa voix. Et c\'est parce que Wooly sait que la poésie est musique qu\'il aime les poètes. C\'est si bon ces petites sensations à Bois Verna qui se grise de poésie. James Noël retient la nuit.

Claude Bernard Sérant serantclaudebernard@yahoo.fr Auteur
Ses derniers articles

Réagir à cet article