Des organisations de la société civile dénoncent les velléités d'enterrer le rapport PetroCaribe

Publié le 2018-02-08 | Le Nouvelliste

National -

Des organisations de la société civile condamnent toute velléité d'empêcher que les deux rapports sénatoriaux suivent leur cours normal. Dans une note dont le journal a obtenu une copie ce jeudi 8 février, évoquant le scandale PetroCaribe, ces organisations de la société civile estiment qu'il est du devoir de tous d'exiger des sénateurs des explications claires quant à leur position concernant ce dossier.

Elles appellent par ailleurs la société haïtienne à se mettre en faisceau en vue de lutter contre la corruption sous toutes ses formes, qui est devenue en Haïti un fait social, en raison de son caractère permanent, et qui s'impose en maître dans les institutions dont la mission est de la combattre.

Des organisations de la société civile ont fait remarquer, dans ladite note, que les suspicions de gabegie administrative et de dilapidation des fonds PetroCaribe sont énormes en raison de la disparité constatée entre les montants faramineux des dépenses et les résultats obtenus. « Il faut donc que les instances compétentes soient saisies du dossier, dans le respect scrupuleux des droits aux garanties judiciaires de toutes les parties impliquées », ont précisé ces organisations.

Passant en revue le parcours constitué d’embûches du rapport PetroCaribe, allant de la première commission sénatoriale créée en 2016 à la seconde commission qui ont conclu toutes deux à la dilapidation de plusieurs milliards de dollars et ont mis en cause un ensemble de personnalités briguant des postes de décision, ces organisations expriment leur scepticisme.

Elles disent prendre note des nombreuses tentatives visant à faire obstruction à la manifestation de la vérité en ce qui a trait à la dilapidation des fonds PetroCaribe. Selon ces organisations de la société civile, le signal lancé par les autorités étatiques est plutôt inquiétant et laisse présumer une velléité d'empêcher que ces rapports ne suivent leur cours normal.

Les organisations ajoutent en rappelant que le président Jovenel Moïse ne rate jamais une occasion d'évoquer à chaque fois tout un argumentaire contre le second rapport sénatorial, affirmant que celui-ci constitue en fait des actes de persécution politique auxquels il compte s'opposer.

Mis à part le comportement du président, ces organisations de la société civile, comme pour prouver que les pouvoirs exécutif et législatifs et exécutif ne sont pas du tout prêts à emboîter le pas, dénoncent dans la note la séance clandestine réalisée le 1er février par la majorité des sénateurs aboutissant à une résolution renvoyant le rapport de la seconde commission à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA).

« Ces faits mettent à nu la lâcheté du Sénat de la République qui, au lieu de sanctionner le rapport, s’est déresponsabilisé et laisse à une autre instance la tâche d’acheminer – ou d’enterrer – le rapport concerné, confirmant par-là l’idée de la vraisemblable vassalisation du Parlement haïtien et de son manque de respect flagrant vis-à-vis de ses mandants », déplorent ces organisations.

Par ailleurs, elles soulignent à l'attention de l'opinion publique que la corruption constitue un obstacle à la démocratie et à la réalisation effective des Objectifs du développement durable (2015-2030). En effet, elles réclament la mise en place de toute instance constitutionnelle appelée à faire la lumière autour du «scandale PetroCaribe» et rendre justice à la population haïtienne, véritable victime de ce scandale.

Les organisations signataires de ladite note : le Collectif 4 décembre, le Centre Œcuménique des droits de l’homme (CEDH), le Conseil national des acteurs non-étatiques (CONHANE), le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), la Commission épiscopale nationale Justice et Paix (CE-JILAP), le Centre d’analyse et de recherche en droit de l’homme (CARDH) et la Plateforme des organisations haïtiennes de droits humains (POHDH).
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