Gros plan sur les stands au Champ de Mars

PUBLIÉ 2018-02-07


Mercredi 7 février, jour J-4 avant le lancement des défilés carnavalesques de 2018 au Champ de Mars. Dans les stands encore inachevés pour la plupart, charpentiers, électriciens, ébénistes s’activent comme dans un essaim d’abeilles. « Il faut que tout soit prêt avant dimanche matin afin d’accueillir les carnavaliers qui préfèrent apprécier le show en altitude », témoignent l’ingénieur Lainé Daniel, PDG de Parc Construction.

L’homme à la taille d’un basketteur est un vieux de la vieille dans la construction de stands, de chars allégoriques et de boîtes à musique dans le cadre du carnaval. « De 96 à ce jour, j’ai toujours été sollicité dans ce chantier. Depuis 2012, je suis le constructeur exclusif du stand de la Présidence qui se jouxte à « l’hôpital », confie-t-il.

Cette année il a aussi à sa charge celui de Bongu qui est un autre client de longue date, ainsi que ceux de la Primature et du Ministère des Affaires étrangères. C’est pour la première fois qu’il bosse pour ce dernier.

Un stand standard fait 20 pieds par 20 pieds en matière de hauteur et de largeur selon l’ingénieur et peut coûter entre 7 et 8000 dollars. Il faut la conjugaison des efforts de pas moins de 25 ouvriers dont des charpentiers, des ébénistes, des maçons. « Si nèg yo pa parese, dit Bòs Jo*, nou bezwen 4 jou pou fini youn. »

Pour des stands munis d’un étage comme celui de la Présidence, visiblement plus grand et plus sophistiqué en matière de configuration, il faut 8 jours minimum. Le stand « hôpital » en principe juxtapose celui de la Présidence. Il comporte une salle d’urgence, une pharmacie, une toilette et un bloc opératoire.

La sécurité du matériel et des ouvriers constitue le plus grand enjeu dans la construction des stands selon l’homme qui compte 22 ans d’expérience dans le domaine. « Il faut constamment surveiller les planches, le bois, le fer quand les quincailleries viennent les livrer sinon des gens peuvent partir avec. Si une pluie survient tandis qu’un ouvrier est en train de souder il faut arrêter tout de suite pour éviter l’électrocution », confie-t-il. Il faut souligner qu’on a remarqué la présence d’agents de la PNH sur plusieurs chantiers au Champs de Mars ce mercredi 7 février. « Les planches et le bois, explique l’ingénieur, coûtent trop chers pour qu’on les abandonne sur le Champ de Mars le mercredi des Cendres. Leur acquisition pèse lourd dans le budget pour la construction du stand. Voilà pourquoi il est logique de les récupérer une fois que les fêtards vident les lieux le dernier jour ».

Allwitch Joly, porte-parole de la mairie de Port-au-Prince, affirme que l'institution dont il est membre compte 2 stands au Champ de Mars. L’un réservé aux employés et l’autre aux VIP et au commun des mortels qui pourront payer la somme exigée pour y avoir accès. Ces deux stands ainsi que le gradin et la rampe « Lamayòt » sont les seules structures construites à la solde de la mairie. « Autrefois, explique ingénieur Daniel, c’est la mairie de Port-au-Prince et le gouvernement central qui s’occupaient conjointement de la construction des stands. Depuis quelque temps c’est le ministère de la Culture et la Présidence qui s’en occupent ».

Il nous a été quelque peu difficile d'entrer en contact avec ces deux entités au moment d’écrire l’article pour nous renseigner sur le nombre et les conditions dans lesquelles on peut en construire un. On en a quand même dénombré un bonne quantité. La presse en compte un bon nombre, surtout aux abords de l’avenue de la République. Bòs Jo, se rendant compte que l'on était sur le point de partir, nous a lancé: « Monchè ou pa bezwen pè, menm si ou wè pi fò pa fini, dimanch yo tout ap deja pare pou w vin yaya kò w ak madanm ou ».

*Bòs Jo : nom d’emprunt



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