La nécessaire intégration politique et économique de la diaspora haïtienne

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Publié le 2020-05-14 | Le Nouvelliste

Peut-on mobiliser la diaspora haïtienne à l’appui au développement économique local, sans prétention de la substituer aux ressources internes ?

Comment mettre cet important capital financier que représente l’épargne de la diaspora nettement supérieure à la somme de leurs transferts. Les deux milliards/an ne représentant qu’une fraction minime des revenus disponibles de ce groupe.

Par exemple, «Après l’effondrement du bloc soviétique, 85% des investisseurs étrangers en Arménie sont issus de leur diaspora», rapporte la revue Migration & Sociétés, 2008/6.

De nombreux pays en développement dont l’Inde, l’Ethiopie, le Rwanda, le Kenya, l’Égypte, le Sri Lanka, etc. ont mis sur pied un fonds d’obligation d’épargne destiné à leur diaspora. Israël en a le plus profité ; amassant, à travers son programme « Developpements Corporation of Israël » plus de 33 milliards de dollars.

A ce propos, le CEO de « Sahel Invesments Partners », Mohamed Kadergueli affirme que les DIASPORA BONDS sont une voie « Innovante de financement et de stabilisation budgétaire ».

Mais cela ne peut se faire sans des conditions préalables de confiance, de stabilité et de bonne gouvernance du pays, qui reçoit les capitaux. La cleptomanie d’Etat, installée en Haïti par ce régime de crapules et de canailles, se réclamant du banditisme légal, risque de compromettre cette réussite.

En plus de l’honnêteté, la démarche visant à associer les diasporas au développement économique du pays d’origine suppose une intelligence stratégique qui a déserté le parlement et l’exécutif haïtiens.

Connaître la diaspora, synthétiser ses cahiers de charge et répertorier ses compétences et ses intérêts.

  - Localiser et répertorier géographiquement les membres de la diaspora.

- Améliorer le climat des affaires (lois anti-trust et anti-monopole), transparence des règles et règlements.

- Application cohérente des lois sur la propriété.

-  de l’exercice des droits politiques.

La diaspora est devenue une réalité incontournable. Tous les décideurs politiques intelligents sont animés de la conviction que mener une politique d’intégration économique des communautés d’outre-mer, avec discernement, est une importante source de développements.

Le Forum Mondial sur la Migration et le Développement (FMMD) conclut que les pays qui ont plus de potentialités d’émerger sont ceux-là qui réussiront à mieux structurer leurs liens avec leurs diasporas.

Depuis une vingtaine d’années, effectivement, la plupart des pays à population migratoire ont instauré des institutions chargées de coordonner leurs relations avec leurs ressortissants, vivant à l’étranger.

 Dès 1994, Haïti inaugure le ministère des Haïtiens vivant à l’étranger. Hélas, en un quart de siècle, le bilan est maigre. Ce ministère, sauf quelques passages remarqués de 2 ou 3  ministres, est un grand fiasco. Un camouflet pour ses trois millions d’âmes qui la composent. Un refuge d’incompétents, champion de l’improvisation.

L’Inde, avant de mettre sur pied le ministère des Affaires indiennes à l’étranger, en 2004, a chargé un comité de haut niveau pour mener une enquête durant 2 ans sur les quelque 20 millions de non-résidents indiens et leurs descendants.

Au Mexique, c’est à la suite d’un long processus de consultation, qu’on décida, en 2002, de créer l’ « Instituto de los Mexicanos del Exterior » composé de membres élus de la diaspora. Cette institution renforcera le ministère des Affaires étrangères. Cinq ans plus tard, en 2007, 1613 projets seront initiés dans 443 municipalités du pays.

Un pays comme la Jamaïque, la moitié de la superficie de la République d’Haïti organise, à l’instar de l’Inde, des Philippines et Israël des Festivités et Cérémonies de qui rassemblent expatriés et descendants  d’émigrants récompenses pour rendre aux personnalités remarquables et souder les fils du pays comme les revers d’une médaille.

La réussite des interventions est le résultat d’efforts, d’engagements et de recherches de consensus. Nous devrions, Haïtiens, faire preuve de perspicacité et de réalisme. Apres la reconnaissance de la double-nationalité, en 2012, un assouplissement des lois pour permettre une intégration réelle de la diaspora s’impose.   

Le Ghana se rapproche de ses ressortissants extérieurs en facilitant l’exercice des droits civiques, comme la participation aux votes à partir de la terre d’accueil. Ce pays, selon un récent article de la revue Le Point, « Le Ghana invite sa diaspora à investir dans de grands projets », le Ministère des Finances réussit à booster l’investissement de leurs expatriés.

Malheureusement, en Haïti, nos ministères  sont bradés par des membres de l’exécutif avides de pouvoir et des parlementaires à vide de compétences.

Aly Acacia
Auteur
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