Des dizaines de milliers manifestants à Port-au-Prince et des villes de province exigent le départ de Jovenel Moïse

Publié le 2019-06-12 | Le Nouvelliste

Des dizaines de milliers de manifestants ont gagné les rues de la capitale et de plusieurs villes de province, notamment Cap-Haïtien, Gonaïves, Saint-Marc, Miragoåne, Cayes, Jérémie ce dimanche. Cette mobilisation dont l’objectif principal est de parvenir à la démission de Jovenel Moïse a été convoquée par des petrochallengers et supportée par des partis politiques et d’autres organisations de la société civile. Ces structures organisées estiment que le président Moïse, accusé de détournement de fonds dans un rapport de la Cour des comptes sur PetroCaribe, n’est plus apte à conduire les destinées du pays. 

À Port-au-Prince, la marche a débuté vers 11h sous le viaduc du carrefour de l’aéroport. Les manifestants ont scandé des propos hostiles aux présumés dilapidateurs des fonds PetroCaribe et demandé aux autorités judiciaires de prendre leurs responsabilités. « Mare yo, mare volè yo pou mwen », ont-ils chanté. Ils ont également exigé le départ de Jovenel Moïse. Après le carrefour de l'Aéroport, les manifestants ont longé la route de Delmas en direction de Pétion-Ville pour ensuite se diriger vers le Champ de Mars. D’autres manifestations, avec des parcours plus réduits, ont été également dénombrées dans la région métropolitaine. 

Vélina E. Charlier, membre du regroupement « nou pap dòmi », a demandé au président Jovenel Moïse d’arrêter de « provoquer » la population. « Il doit démissionner et se mettre à la disposition de la justice », estime-t-elle. Vélina E. Charlier s’est dit satisfaite de la réaction du public qui a appuyé en grand nombre l’appel à manifestation. « Nous avons pu démontrer combien de personnes sont prêtes à faire entendre leurs voix », fait-elle remarquer. 

Des personnalités politiques notamment Nenel Cassy, Schiller Louidor, Volcy Assad, Jean Charles Moïse, Antonio Cheramy, André Michel, Steven Benoit ont entre autres été remarquées dans la manif de ce dimanche à Port-au-Prince. L’ancien sénateur et ancien candidat à la présidence, Steven Benoît, a lui aussi appelé à la démission de Jovenel Moïse. Il a exhorté le président à assumer toutes les conséquences qui peuvent découler de son refus de rendre son tablier. « Dans tous les pays, un président épinglé pour détournement de fonds doit inévitablement partir. Il est clair que le président est impliqué dans des actes de fraude, vols et détournement de fonds depuis 2013. La population réclame son départ, il doit l’écouter. S’il veut affronter la population et laisser la situation s’empirer, il doit assumer les conséquences. Si j’étais à sa place, je partirais après avoir constaté que j’ai failli à ma mission », a fait savoir l'ancien parlementaire. 

À Port-au-Prince, la police a utilisé les grands moyens pour sécuriser la résidence de Jovenel Moïse et le Palais national. En effet, une foule voulant se rendre à la résidence du président de la République à Pèlerin 5 a été empêchée par des agents de la PNH. Un imposant dispositif de sécurité a également été déployé pour sécuriser le Palais national. Tous les endroits donnant accès au palais national ont été barricadés et occupés par la PNH.

La situation a été particulièrement tendue au Champ de Mars à partir de midi. Alors que le cortège qui suivait le parcours officiel atteignait Pétion-Ville, un autre groupe se trouvait déjà dans les parages. Des affrontements ont éclaté entre policiers et manifestants quand des individus ont tenté de s’attaquer à des véhicules se trouvant dans le parking de la Direction départementale de l’Ouest de la police nationale. Sur Twitter, l’institution policière a publié des photos de véhicules appartenant à des policiers dégradés. Des manifestants ont également tenté de mettre le feu à un backhoe loader qui devait servir à enlever les barricades. Un jeune a été tué au cours de ces affrontements.

Les locaux de plusieurs institutions publiques ont été pris à partie. C’est le cas du ministère à la Condition féminine, du CONATEL, de la direction de l’Immigration, de la DGI. Des manifestants ont également tenté de mettre le feu à la barrière principale de l’ambassade de France et dans la barrière principale du supermaché, de Roi des Rois Market. Une maison gingerbread située également à la rue Capois a été entièrement incendiée. 

Deux morts selon le bilan de la PNH

Selon le porte-parole de la PNH, Michel-Ange Louis Jeune, l’institution policière dénombre 2 morts par balle et 4 blessés dans le département de l’Ouest. Le porte-parole a également fait état de deux maisons incendiées dans le même département. La police a effectué une arrestation dans l’Artibonite et deux dans la Grand-Anse, soutient le porte-parole. 

En plus de la capitale, d’autres villes de province ont été également en ébullition. Au Cap-Haïtien, ils étaient plusieurs milliers à fouler le macadam pour exiger le procès PetroCaribe et la démission du président Jovenel Moïse. Arrivés à Vertières, les manifestations ont bravé l'interdiction de la police pour accéder au site. Ils se sont agenouillés devant le monument dédié aux héros de l'Indépendance pour leur demander de leur venir en aide.

Aux Gonaïves, des centaines de manifestants ont gagné les rues pour exiger le départ du chef de l'État, Jovenel Moïse et la réalisation du procès PetroCaribe. Au cours de ce mouvement, les protestataires ont dressé des barricades enflammées dans toutes les zones stratégiques et scandé des slogans hostiles au president de la République. Des centaines de manifestants ont également gagné les rues à Saint-Marc, à Jérémie, à Belladère, à Miragoâne et dans la ville des Cayes. 

L’opposition politique a également annoncé d’autres manifestations durant cette semaine notamment à partir de ce lundi. Elle conditionne la fin des manifestations au départ du président Jovenel Moïse. 

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