« Le seul coupable c’est Marc Collat », disent-ils.

PUBLIÉ 2018-08-09
La sélection haïtienne de football u-20 a disputé son deuxième match de Coupe du monde, le jeudi 9 août 2018 au stade de Marville à Saint-Malo. Si dans l’ensemble, les Grenadières ont dominé la rencontre, les Nigérianes ont pourtant décroché les 3 points en marquant un but sur pénalty à la 36e minute de jeu.


Les Super falconets l’ont échappé belle et c’est peu le dire. Pour avoir dominé le match de la possession de balle aux coups de pieds arrêtés ou encore dans les tirs cadrés, le résultat final laisse pourtant un gout amer dans le camp haïtien. La bande à Nérilia empêchait certes aux Vert et blanc de déployer leur jeu, mais manquait de clairvoyance et de réalisme. N’était-ce pas les erreurs tactiques d’un entraineur passif, incapable d’exploiter à bon escient les talents de ses joueuses, les Grenadières auraient pu faire mieux. Pour leur combativité, leur talent, leur courage, elles méritaient plus qu’un premier tour.

Jusqu’au coup de sifflet final, plus d’un espérait le but de l’égalisation. Du haut de leur siège en tribune, on entend les fans chanter, crier, applaudir voire ‘’coacher’’ les filles. « Grenadye alaso », « Fè pas la », « Choute », entre autres. En effet, ces termes comme une litanie, étaient sur les lèvres de tous les supporteurs haïtiens dont la majorité ont dû effectuer le trajet de Paris à Saint-Malo. Drapés de leur bicolore ou encore drapeau en mains, ils étaient là pour l’équipe. Jusqu’au bout. Fiers de la démonstration des Bleues et rouges, les supporteurs haïtiens ont projeté la plupart des reproches à l’endroit de Marc Collat. Entre grincements de dents, rage, pleurs et amertume, le public sans pitié, n’a pas du tout épargné le sélectionneur français. Encore une fois.

Jeannet Alcindor, un haïtien dans la vingtaine, ne cache pas son mécontentement. « L’équipe a bien joué. Le seul problème est Marc Collat. Il est nul comme coach. Ce deuxième match était bien meilleur que le premier. Il faudrait qu’elles soient mieux encadrées car si les filles sont là aujourd’hui, c’est uniquement grâce à leur talent. Si elles avaient un bon entraîneur, elles seraient qualifiées à coup sûr pour le second tour », a souligné Jeannet Alcindor, jeune Haïtien à peu près dans la vingtaine, résidant en France, qui dit ne pas comprendre que M.Collat qui d’années en années continue à prouver son incompétence soit encore a son poste.

Pour Billy-Marc, un autre spectateur, les remarques vont dans le même sens. Les grenadières sont entièrement innocentes. Le seul à avoir péché est l’entraîneur français, Marc Collat. « Cette génération de footballeuse est bourrée de talent. Elles nous ont joué deux super matchs. Malheureusement, elles ont un vrai problème de coaching. On doit choisir un entraineur pour ses compétences et non sur base la d’amitié ou autre. On aime nos grenadières, nous sommes fiers d’elles et nous serons toujours là pour les applaudir, mais on espère qu’à l’avenir, elles auront un entraineur qualifié et compétent », a déclaré le jeune homme.

Caroline, pour sa part croit qu’on n’a tout simplement pas d’entraîneur. « Les filles ont très bien joué. Elles ont été superbes. L’équipe adverse a juste eu un coup de chance en marquant ce but. C’était un bon match. Les grenadières n’avaient simplement pas d’entraineur. Si elles en avaient un, on aurait explosé la pelouse », a affirmé l’haïtienne vivant en France ayant fait le déplacement depuis Paris pour supporter l’équipe féminine des moins de 20 ans d’Haïti.

Un sexagénaire, Bovano, crie haut et fort son mécontentement lui aussi. « Non, ce n'est pas juste. Je félicite les joueuses. Elles ont été extraordinaires. Cette disqualification n’est vraiment pas de leur faute. D’abord, l’entraîneur n’a pas anticipé au cours du match. Il n’a pas accompagné les filles. Il n’a pas fait son travail et ensuite l’arbitre a commis pas mal d’erreurs », a laissé entendre le vieil homme très en colère à la sortie du stade.

Par ailleurs, d’autres moins affectés ont pris la défaite avec sérénité comme cette dame qui a tenu à garder l’anonymat. « Je suis super contente. C’est la première équipe de la caraïbe qui arrive là. Ce sont des filles fortes. Même si on a perdu, je suis quand même satisfaite », a avoué une compatriote, supportrice des grenadières jusqu’au bout des ongles, vêtue en bleu et rouge, son drapeau en mains et portant une casquette aux couleurs du bicolore.

Sindy Ducrepin et Belkis Del Carmen Gaspar



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