Oxmo Puccino, le black Jacques Brel

PUBLIÉ 2017-05-10
Son concert aux Cayes ce week-end a été un triomphe, selon l’ensemble des médias et des participants. Il compte faire pareil à l’Institut français ce mercredi où il sera en tandem avec la jeune Donaldzie Théodore pour qui il a le béguin professionnel. Décidément, Oxmo Puccino qu’on surnomme le « Jacques Brel black », kiffe grave son séjour en Haïti dans le cadre de la «Semaine de l’Europe ».


Juste avant de rencontrer la star franco-malienne Oxmo Puccino ce mercredi matin à l’Institut français, deux questions essentielles nous trottaient dans la tête. : Que signifie son pseudo et ce qu’il pense du fait qu’on le désigne comme le « Jacques Brel blacK » ? L’artiste né Abdoulaye Diarra nous surprend avec la réponse à chacune de ces deux questions. « C’est volontaire, dit-il, que le pseudo ne veuille rien dire. Il n’y a aucune raison technique à son existence. C’est justement pour qu’il ne prête pas à équivoque. C’est juste un agencement de lettres qui sonne bien à l’oreille. A mes débuts, il était difficile à prononcer, avec le temps ça a changé .» À propos de « Black Jacques Brel », c’est un compliment, selon lui, dépendamment de la personne qui le dit ou de sa connaissance du chanteur belge. « Beaucoup de gens ignorent les artistes qu’ils citent. Tout ce que j’espère, c’est que cette comparaison suscite leur curiosité sur mes propositions, peu importe comment on m’appelle », déclare-t-il. Beaucoup de sites lui attribuent cette désignation pour son écriture « fondée sur les métaphores et les phrases choc très en lien avec la chanson française, selon leur point de vue Selon la biographie que lui consacre le site fnac.com, l’artiste commence à rapper depuis l'âge de13 ans. Il est le grand frère d’un basketteur nommé Mamouttou Diarra. Sa discographie compte des albums et des collaborations dont les titres sont : Opéra Puccino, L’amour est mort, Le cactus de Sibérie, « Black Tour Desperado, Lipopette bar avec The Jazzbastards, La réconciliation avec DJ Cream, L’arme de paix, Minutes magiques, Roi sans Carosse, Au pays d’Alice avec Ibrahim Maalouf, La Voix Lactée et Derrière Les Planches. L’artiste est l’une des rares personnalités à exprimer publiquement un avis favorable en ce qui concerne le président François Hollande souvent mal positionné dans les sondages d’opinion durant son quinquennat. Dans un article du journal « Le Monde » en date du 22 février, il dit : « Qu’aurait—il pu faire pour contenter les Français ? » À ce sujet, il explique qu’il est encore tôt pour dresser un bilan de son gouvernement. « Il faut avoir, souligne le rappeur, juste un peu de mémoire pour savoir comment allait le pays pendant les mandats précédents. Il faut quelquefois un peu de temps pour se rendre compte du travail qui a été fait. En plus, un travail qui ne fait pas de bruit n’est pas toujours synonyme d’un travail qui n’a pas été fait. » Au sujet de son concert aux Cayes, il se rappelle, tel que la plupart des médias l’ont rapporté, que le public a été très participatif, qu’il a pris du plaisir visiblement. Une sensation que l’artiste lui-même a partagée. Il promet au public de l’IFH un moment de bonheur. Cela ne risque pas de se passer autrement, selon lui. Ce n’est pas sa première fois en Haïti. Il y est venu en tant qu’ambassadeur de l’Unicef, il y a un ou deux ans pour constater des avancées des actions qui ont été menées depuis le tremblement de terre. L’idée d’y revenir lui a été insufflée par un pote qui lui a fait part de l’énergie artistique qui se dégage sous notre soleil. « Ça a pris chair grâce à ma rencontre avec Raphaël Brigandi et Jean Mathiot. J’ai eu à visiter le studio de l’Institut français. Quand j’ai vu que cet espace a été tenu avec passion, je me suis dit qu’il fallait que je revienne vivre des choses dedans », avoue-t-il. Quand on lui a proposé à distance toute une brochette d’artistes locaux, la vidéo de Donaldzie Théodore est celle qui l'a attiré particulièrement. À leur rencontre, il a senti la symbiose rapidement avec la jeune artiste qui s'est illustrée parmi d'autres dans le projet «Vwalye». « Cette rencontre devait avoir lieu », estime-t-il.



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