Le rapport sur la gestion des fonds PetroCaribe remis aux sénateurs

La commission de suivi et d'approfondissement de l'enquête sur les fonds PetroCaribe a remis, vendredi, 26 copies du rapport – également 26 clefs USB contenant le document – au président du Sénat chargé de les distribuer à chacun des sénateurs, en prélude à la séance spéciale de mardi prochain autour de la question.

Publié le 2017-11-10 | Le Nouvelliste

National -

On s'approche petit à petit vers la lumière sur l'utilisation de l'argent du PetroCaribe qui a coulé à flots sur le pays entre 2008 et 2016. Les commissaires, du moins les trois de souche Lavalas, s'en frottent déjà les mains et parlent déjà de «procès du siècle». Maintenant que les personnes mises en cause dans le rapport sont connues, les débats s'annoncent bouillants au Sénat, le mardi 14 novembre prochain, où les élus vont débattre du volumineux document de plus de 450 pages qui passe, entre autres, au crible les administrations Préval-Pierrre-Louis, Préval-Bellerive, Martelly-Conille, Martelly-Lamothe.

Au moment de la transmission des copies du rapport au président du Sénat, Évalière Beauplan, président de la commission de suivi et d'approfondissement de l'enquête sur les fonds PetroCaribe, a indiqué que le rapport n'appartient pas aux sénateurs, mais plutôt au pays. «La vérité que nous cherchions, ou l'a trouvée», a soutenu le sénateur du Nord-Ouest, passant, au passage, en revue les «difficultés», les «pressions» auxquelles il a dû faire face tout le long de l'enquête. Le rapport, a-t-il poursuivi, est sans signatures parce que le président de l'assemblée a voulu que les sénateurs soient d'abord au parfum de tout ce qui s'y trouve.

Il faut comprendre que le document sera signé avant la séance – que Nènèl Cassy appelle «séance historique» – mardi prochain, si l'on en croit Évalière Beauplan. Treize résolutions de décaissement de fonds, plus de 300 projets sont analysés par la commission. «Nous avons voulu envoyer un signal à l'international. Oui, il y a de la corruption dans le pays. Mais tout le monde n'en est pas concerné», a expliqué Beauplan, côte-à-côte avec Youri Latortue qui, lui, depuis quelque temps, fait sien le combat contre la corruption en Haïti. «L'enquête judiciaire doit nécessairement suivre l'enquête parlementaire», a renforcé le président du Sénat, pas moins élogieux envers les enquêteurs d'avoir parachevé l'œuvre qu'il a esquissée.

Le président du Sénat, qui souligne n'être pas de la même tendance que les sénateurs Cassy, Beauplan et Cheramy, croit néanmoins qu'ils [les sénateurs] peuvent s'entendre sur d'autres choses, telle la lutte contre la corruption. Le sénateur de l'Artibonite parle de « rupture ». «Il est important que tous les sénateurs soient présents mardi. Ce travail n'est pas le travail d'un sénateur, mais plutôt le travail du pays», dit-il. «Que le rapport soit voté ou non mardi, il y aura un procès PetroCaribe. Il faut qu'il y ait des condamnations», a soutenu, pour sa part, Nènèl Cassy au cours de la conférence de presse où les commissaires Richard Fourcand et Onondieu Louis étaient encore une fois absents.

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