Célébration des 75 ans du guidisme en Haïti

A l’occasion des 75 ans du guidisme en Haïti, l’Association nationale des guides d’Haïti annonce une série d’activités qui seront organisées de novembre 2017 à octobre 2018. Pour lancer les activités, une messe eucharistique, présidée par le révérend père Jean Jules, a été chantée ce samedi 11 novembre 2017, à 9h du matin, à l’Institution Saint-Louis de Gonzague à Delmas 33.

Publié le 2017-11-10 | Le Nouvelliste

National -

Une pléiade d’activités sont prévues pour marquer les grands chantiers du 75e anniversaire de l’Association nationale des guides d’Haïti. On peut entre autres citer le lancement des festivités du 75e le 11 novembre 2017 à l’Institution Saint-Louis de Gonzague ; le banquet de la fraternité pour le 19 février 2018 ; le grand concert guide, le 27 mai 2018, le camp national du 19 au 24 juillet 2018 et la clôture des festivités le 13 octobre 2018.

Lors d’une visite au Nouvelliste, la commissaire aux relations publiques, Marie-Ange Colinet, qui a plus d’une quarantaine d’années dans le guidisme, a confié que c’est l’unique mouvement constitué quasiment de femmes qui est resté fidèle à sa tradition. Par contre, certaines unités collaborent avec des hommes. Avec pour slogan «Guide un jour, guide toujours», selon l’ancienne présidente du guidisme à trois reprises, les objectifs fixés pour l’année 2017-2018 en marge de la célébration des 75 ans de l’Association nationale des guides d’Haïti sont l’extension du mouvement par la formation des jeunes, l’augmentation des membres, et la construction du siège de l’institution, qui se trouve à l’avenue Christophe- en fa ce du collège Nelson Mandela.

Né en 1909 en Angleterre deux ans après la fondation du scoutisme au premier rallye de ce mouvement à Londres à Crystal Palace, le guidisme est arrivé en Haïti le 12 octobre 1942. Haïti est devenu membre titulaire de l’Association mondiale des guides et des éclaireuses (AMGE) depuis 1950 et est reconnu d’utilité publique depuis le 15 avril 1947 par un décret du président Dumarsais Estimé, paru dans le journal officiel Le Moniteur.

«C’est l’unique association qui reçoit les filles à partir de 6 ans. Nous avons une école à Solino qui reçoit des enfants du préscolaire et du primaire jusqu’à la 5e année. Nous avons trois rondes au Centre éducatif Carmen René Durocher. La feue Carmen René Durocher est la fondatrice du guidisme en Haïti. Elle dirigeait l’école primaire Sainte-Thérèse de l’enfant Jésus (rue Marcelin). Elle a aussi fondé la première ménie Marie-Jeanne (première Port-au-Prince). C’est un mouvement extraordinaire. Nous ne sommes pas aussi rigides que l’armée mais nous sommes très disciplinées», a-t-elle précisé, tout en invitant les parents à inscrire leurs enfants à ce mouvement mondial car la formation offerte servira pour la vie.

Il faut dire que l'Association nationale des guides d'Haïti (ANGH) est régie par des statuts subdivisés en 14 chapitres. De ces derniers, on dénombre 104 articles. La dernière révision des statuts date de l'année 1984. Les membres adhérents de l'ANGH sont les jeunes filles ayant reçu la formation de guide. Elles sont classées par groupes d'âge d'après les modalités fixées par les règlements : - les jeannettes groupées en ronde avec pour devise «De notre mieux» sont composées de petites filles de 6 à 11 ans; les guides, groupées en compagnie, ont pour devise «Etre prête», et les guides aînées groupées en feu ont pour devise « Servir ».

« Nous avons 18 ménies réparties au moins en deux unités chacune. La ménie est la structure de base de l'ANGH. Elle est dirigée par une cheftaine de ménie. Aidée d'une assistance cheftaine et d'un conseil de ménie. La ménie comprend 3 unités : une ronde, une compagnie et un feu. Le district est un ensemble de ménies ou d'unités dans une juridiction territoriale régionale. Le district est dirigé par une commissaire de district aidée d'une ou de deux assistantes commissaires de district et d'un conseil de district », a confié la commissaire aux relations publiques, Marie-Ange Colinet, ajoutant que le mouvement compte actuellement 1 500 membres sur tout le territoire national.

Pour sa part, Phéma Emile, qui milite depuis quatre ans dans le mouvement au sein de la ménie Tabitha-quatrième Delmas, être membre de ce mouvement lui permet de développer son sens de leadership, «d’être libre», «d’être moi» et d’impacter les autres. « En tant que cheftaine de ménie, j’ai travaillé avec plus d’une vingtaine de jeunes filles, a-t-elle dit. N’importe qu’elle fille peut être guide, mais une guide n’est pas n’importe qui. Une fille guide est quelqu’un transformé et sa transformation sera très visible.»

Membre du mouvement depuis 13 ans, Marie-Claire Délienne, cheftaine de compagnie de la ménie Marie-Jeanne (première Port-au-Prince), estime que le guidisme est une école d’éducation, qui comprend les quatre éléments de la vie sociale : école, église, famille, patrie. « Le guidisme nous apprend à nous relever dans les moments difficiles. Quoiqu’il arrive on doit garder le sourire. Nou se nou. Pa gen tankou nou. N ap toujou nou. Si w vle tankou nou vin jwenn nou», a-t-elle indiqué.

Ce n’est pas Jeedlove Emile, active depuis quatre ans au sein de la ménie Tabitha-quatrième Delmas, qui dira le contraire. Elle témoigne qu’en faisant partie des guides cela lui permet de découvrir la beauté de la nature. Cela m’a appris le système d’équipe. «Je peux dire aussi de m’épanouir et mieux me connaître. On ne reste pas cloîtré. Cela m’a appris la saine compétition. Je peux dire que le mouvement guide vise à faire de ces membres des filles et des femmes solides, citoyennes et responsables», a-t-elle conclu.

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