Deux incendies à Port-au-Prince, les pompiers de Pétion-Ville et de Carrefour à la rescousse

Publié le 2018-02-08 | Le Nouvelliste

National -

La ville de Port-au-Prince a connu deux petits incendies ce jeudi. Le premier s’est déclaré dans un kiosque de vente d’eau traitée à la rue St-Martin en début de matinée. Quelques heures plus tard, des flammes ont embrasé une autre maison, cette fois à l’avenue Müller, non loin de la Première avenue. Les deux sinistres s’éloignent par leur distance, peut-être par leur origine aussi. Une évidence archimédienne les rapproche pourtant. L’incapacité de la ville de Port-au-Prince, siège du gouvernement, du Parlement et du pouvoir judiciaire, de répondre convenablement en cas d’incendie.

En effet, il avait fallu l’intervention des services de pompiers de Pétion-Ville afin de maîtriser le feu qui consumait la maison de la rue St-Martin. L’assistant-responsable des services de pompiers de Pétion-Ville, Evener Bayard, s’est félicité des prouesses de ses agents. « Un incendie n’est jamais à prendre avec légèreté. Si on ne le maîtrise pas, il peut atteindre d’autres maisons situées à proximité et rendre la situation incontrôlable », a-t-il expliqué aux riverains.

Les habitants de l’avenue Müller ont pu compter sur la bienveillance du service de pompiers de Carrefour pour endiguer le feu qui a éclaté dans ce quartier. Réginald François est l’un de ceux qui ont lancé un SOS sur les réseaux sociaux. Celui-ci se désole de l’absence d’un service d’incendie dans la capitale. « C’est l’un des indices du dysfonctionnement ou de la faiblesse de l’État. Être en mesure de répondre en cas d’urgence est un strict minimum », s’insurge-t-il.

Quid du projet de reconstruction de la caserne de pompiers de Port-au-Prince ?

En juillet dernier, le maire du Québec Régis Labeaume avait annoncé l’abandon d’un projet de reconstruction de la caserne des pompiers de Port-au-Prince. Il s’agissait d’un projet de 2,6 millions de dollars. « Le projet officialisé en janvier 2015 a échoué, faute du non-respect de certains engagements de l’État haïtien qui devrait rendre disponible un terrain avec des titres de propriété clairs, arpenté en bonne et due forme, avait expliqué David O’Brien, porte-parole de la ville du Québec. Le bureau des Affaires mondiales du Canada avait informé, début juillet, que le projet ne faisait plus partie de ses priorités. Le maire Régis Lebeaume n’avait pas pu cacher sa déception face aux embûches administratives ayant causé des retards d’environ un an et demi dans l’exécution du projet appuyé par sa ville.

Le chantier, avait-il précisé, devait démarrer en janvier 2016. Le début des travaux différés à juin 2017 ne s’est finalement pas concrétisé, se désolait le maire. « Ça me déçoit parce que cela montre que c’est extrêmement désorganisé. Quand j’ai regardé le dossier, j’étais découragé. Je me demandais s’ils allaient s’en sortir un jour. Ils ont tout cela sur un plateau d’argent et ils ne sont même pas capables d’avoir les titres de propriété », s'est plaint M. Lebeaume.

Une semaine plus tard, le projet annoncé mort était remis en selle par l’annonce d’une porte-parole des Affaires mondiales Canada (AMC). « Affaires mondiales Canada a été informé par le gouvernement haïtien le 12 juillet dernier de la disponibilité d’un terrain à Port-au-Prince sur lequel la caserne des pompiers prévue au projet signé pourrait être construite », avait confié Brittany Venhola-Fletcher. La chargée des Relations avec les médias de l’organisme fédéral avait ainsi réagi à un courriel responsif à In texto, mensuel haïtien à Montréal. La porte-parole d’AMC avait fait allusion à la récente décision du gouvernement haïtien de déclarer d’utilité publique deux périmètres distincts au centre-ville de Port-au-Prince. Le secrétariat général du Conseil des ministres a convenu, en effet, de réserver un terrain borné, au nord, par la rue Bonne foi; au sud, par la rue Eden; à l’est, par l’avenue Marie-Jeanne; à l’ouest, par le boulevard Harry Truman, pour la construction d’un bâtiment pour les sapeurs-pompiers de la capitale haïtienne. « AMC évaluera les impacts sur la mise en œuvre du projet en partenariat avec le gouvernement haïtien et la Ville de Québec, et à la lumière des priorités identifiées de la nouvelle politique d’aide internationale féministe du Canada », avait fait savoir Mme Venhola-Fletcher.

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