Hugline Jerôme échappe miraculeusement à la mort !

PUBLIÉ 2018-02-08
À l’aube du lundi 5 février 2018, Hugline Jérôme s’est réveillée assise dans une voiture entièrement démolie. Immobile sur la banquette arrière, la tête ensanglantée, sans ses fonctions motrices, la manager de Dream promo est parvenue à faire un live appelant à l’aide et à partager sa localisation. Ainsi, elle a été retrouvée sur la route du nord et emmenée à l’hôpital Bernard Mevs, perdue dans un tourbillon en essayant tant bien que mal de se remémorer les détails de ce terrible accident dont elle ne garde aucun souvenir.


« Help, please help me, m pèdi tout sans mwen, m blese », sont entre les mots alarmants qu’on entend Hugline prononcer dans la courte vidéo qu’elle a publiée sur son compte Instagram le soir même de l’accident. Bouleversée, traumatisée et saignant de la tête, son instinct de survie a quand même pris le dessus, son téléphone sur la cuisse, du pouce, elle a pu envoyer cet appel à l’aide.

Il est 11 heures ce matin du jeudi 8 février. Dans une salle de l’hôpital Bernard Mevs, Hugline Jérôme dort. Recouverte d’un drap, un sérum au bras droit, l’avant-bras gauche dans un plâtre, des pansements sur le front. Sur la petite table au-devant du lit se trouvent ses seuls compagnons de la journée: des sucreries, son téléphone et quelques affaires. Avec peine, je la regarde dormir, le visage pâle.

Après plus de vingt minutes, elle se réveille. « J’ai mal, j’ai mal partout. Je souffre beaucoup. Chaque jour, je sens quelque chose de différent », lâche-t-elle d'une voix faible et larmoyante. Elle arrive à peine à ouvrir les yeux. Le côté gauche entièrement paralysé, fracturée à la tête, aux membres supérieurs, et avec des entorses au niveau des membres inférieurs, Hugline souffre le martyr en dépit des calmants qu’on a injectés dans son soluté. Plus de 72 heures se sont écoulées depuis les faits, mais la manager de Dream Promo est encore sous le choc. On le sent dans sa voix. Difficilement, elle articule quelques bribes de mots pour élucider cet accident malheureux. « Je suis une miraculée », reconnait-elle, les yeux larmoyants.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé. Je rentrais à Port-au-Prince après le carnaval des Gonaïves, j’étais allongée à l’arrière et je dormais. Le chauffeur m’a réveillée et je me suis retrouvée en position assise sans pouvoir bouger, le côté du véhicule où se trouvait ma tête a été complètement enfoncé », relate celle qui attend d’être opéré au niveau de l’avant-bras gauche fracturé en trois. Des médecins venus du Canada sont là exclusivement pour son opération. Les promesses sont positives. Elle est là, confiante sur ce lit, elle prend son mal en patience, espère que cette intervention sera une réussite totale et que ses horribles douleurs s’apaiseront comme les thérapeutes essaient de le lui faire croire.

Outre ces maux qui la rongent physiquement, il y a aussi ceux qui ont atteint son psychique. « Mon moral est au plus bas. Lorsque je dors, je rêve de la mésaventure. Lorsque je suis éveillée, je suis tourmentée, j’essaie de comprendre ce qui s’est passé. Je me torture à l’idée que j’aurais peut-être pu éviter tout ça si j’étais au volant », confie Hugline qui dit garder sa positivité malgré tout, car elle fait du mieux qu’elle peut pour rester occupée afin de ne pas sombrer, si bien qu’elle continue à travailler de là où elle est. Quelques minutes seulement, et on voit déjà qu’elle est sur le point de craquer. Les yeux humides, elle s’efforce d'aller jusqu’au bout de la conversation.

Quoique amochée par ce drame, c’est une Hugline tenace, forte et assurée que j’ai vue dans cette chambre. Elle y est entrée un peu abîmée le matin du 5 février 2017, Dieu seul sait quand elle en ressortira entièrement rétablie. Guéris vite chère Hugline !



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