Il faut le faire

Au cas où les U-17, de leur côté, se qualifient pour la phase finale de la Coupe du monde dans cette catégorie pendant que les U-20 ont déjà les deux pieds en Bretagne (France), comment le comité exécutif de la FHF, sous la houlette de son président, Dr Yves Jean-Bart, va-t-il s'y prendre pour planifier et gérer convenablement la participation d'Haïti à ces deux évènements de calibre ?

Publié le 2018-02-07 | Le Nouvelliste

Sport -

Il est à souhaiter que les secteurs concernés (privé et public) jouent pleinement leur participation pour que nos filles puissent tenir la dragée haute à leurs adversaires et divorcer d'avec «l'important, c'est de participer», comme ce fut le cas pour les hommes en 1974 en Allemagne.

Frustrations, conflits et litiges de toute sorte n'avaient pas permis à nos sélectionnés associés au staff technique de se préparer dans les meilleures conditions malgré toute cette suite de rencontres organisées par la FHF à l'époque, question de rendre beaucoup plus combatif le onze national.

Après que la FHF eut motivé et sensibilisé le président Jean-Claude Duvalier (qualifié à l'époque de grand protecteur des sports) pour le porter à supporter financièrement l'équipe, de grands clubs de la planète foot étaient souvent invités à rencontrer les «noir et rouge» au stade Sylvio Cator ou bien ceux-ci faisaient le déplacement pour aller disputer des matches amicaux.

Le Dr du football (Yves Jean-Bart), aujourd'hui président de la FHF, a une parfaite connaissance du dossier pour avoir milité à l'époque comme chroniqueur sportif à Radio Nouveau Monde (RNM) en compagnie de Grégoire Eugène Jr (Gréguy), au Nouvelliste et par la suite à Radio nationale et à Radio Métropole avant de fonder Radio Galaxie.

Dadou (étudiant à la Faculté de médecine) fut le grand initiateur du mouvement qui devait porter sur les fonts baptismaux les Tigresses après bien sûr qu'Haïti avait fait connaissance avec le football féminin.

Concentrées au Centre FIFA Goal de Croix-des-Bouquets, ces dernières n'ont qu'une seule activité, le football, pendant que les conditions ne sont pas très bonnes. Avant, un programme sport-éducation avait été élaboré dans cette infrastructure regroupant les sélections nationales (filles et garçons).

Aujourd'hui, on ne parle que de football puisque, depuis l'année dernière, ces garçons et demoiselles ne bénéficient plus du programme scolaire après que les enseignants se sont retirés, faute de rémunération de la part de l'État.

Depuis lors, la journée se résume dans la préparation physique avec un peu de musculation, pause-eau et retour au calme et des parties amicales bien connues sous le nom de «2 Kan». Et, en certaines occasions, des visites de la part de parents, amis et sympathisants.

Point n'est besoin de parler de la qualité de la nourriture pour ces demoiselles qui s'activent matin et soir aux entraînements .

Cela explique toujours une certaine déficience physique chez ces demoiselles quand il s'agit d'affronter certains grands pays de la zone.

Il est vrai que, sur le plan technique, tout marche comme sur des roulettes, mais, du point de vue physique et psychologique, il reste beaucoup à faire. La direction technique nationale (DTN), animée par Wilner Étienne, doit planifier un stage en altitude quelque part en Amérique du Nord (Colorado Springs) ou en Amérique du Sud pour se préparer dans les conditions nécessaires, une façon pour elles d'avoir le rythme et de se préparer pour le rendez-vous de Bretagne (France), siège de la phase finale.

Ce ne sont pas les belles promesses ni les primes accordées aux joueuses pour leurs performances qui vont rendre le groupe performant. L'exécutif, la Primature, le ministère des Sports, la communauté des affaires et, pour finir, la FHF ont grand intéret à s'asseoir autour d'une même table et discuter de la préparation des U-20 pour la phase finale de cette Coupe du monde dont les enjeux sont énormes. Dans le cas d'une bonne prestation de nos filles à cette phase finale, beaucoup de portes vont s'ouvrir pour elles avec des demandes émanant de certains pays de l'Europe pour un stage qui pourrait bien déboucher sur un contrat professionnel.

La présence d'Haïti aux grands rendez-vous du football féminin en 2018 exige beaucoup sur le plan financier avec d'une part les U-20 déjà qualifiées pour la Coupe du monde et, d'autre part, les U-17 qui vont passer l'épreuve de l'ultime phase qualificative où trois pays auront le privilège de représenter la zone CONCACAF en Uruguay l'automne prochain.

Ce sera une autre affaire qui rentrera dans l'affaire dans le cas où les U-17 se qualifient pour la phase finale de Coupe du monde dans cette catégorie.

Il y a un proverbe créole qui dit : MARE KABRIT NWA ANVAN LI FE NWA !

Emmanuel Bellevue manubellevue@yahoo.fr Auteur
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