John Garçon reçoit le prix Léonard de Vinci en Italie

C’est en Italie, sous la coupole du Palais Borghese, à Florence, que le peintre haïtien John Garçon a reçu, le samedi 20 janvier, le prix international Léonard de Vinci, l’artiste universel. Rentré en Haïti, Le Nouvelliste a rencontré John Garçon.

Publié le 2018-02-08 | Le Nouvelliste

Culture -

Le Nouvelliste (L.N.) : L’année dernière, Le Nouvelliste avait annoncé la nouvelle : John Garçon, prix international Léonard de Vinci, l'artiste universel. Le samedi 20 janvier 2018, sous la coupole de la villa Borghèse, c’était la consécration du mérite artistique.

John Garçon (J.G.) : D’abord, je veux remercier les médias, Le Nouvelliste en tête, d’avoir relayé la nouvelle de l’attribution de cette haute distinction. Ce prix international, qu’on le veuille ou nom, jette un regard neuf sur la peinture haïtienne et sur le pays en général. À vrai dire, un prix reste un prix. Mais celui-là se différencie des autres en cela que ses initiateurs et curateurs ont mesuré sa dimension historique (vente record de Salvatore Mundi) et le symbolisme de Da Vinci dans l’imaginaire collectif. Sa cote est à son zénith. Et ce phénomène a rejailli positivement sur l’événement du 20 janvier dernier au Palais Borghèse. Ils ont donc mis le paquet et déroulé le tapis rouge.

L.N. : Venons à la soirée, à son faste.

J.G. : La soirée a été chaleureuse avec une bonne dose d’excentricité. Puisqu’il s’agit d’un génie hors du commun (Da Vinci) et un palais fastueux et digne du siècle qui a vu son érection. La cérémonie a débuté à l’heure prévue en présence d’une assistance fournie et d'une salle remplie. Le décor était planté. L’esprit de Léonard semblait planer sur l’événement. Peu après, dans les salles adjacentes, se donnait un cocktail fastueux, digne du palais et de la famille Borghèse. Une ambiance très cordiale et familière régnait dans la salle. Le vin Léonard, inauguré pour la circonstance, coulait à flots. Vers 9h30, j’ai dû regagner mon hôtel, car, tôt dans la matinée du dimanche, je devais prendre l’avion pour Rome et entamer ainsi le chemin du retour.

L.N. : Pour aller en Italie, arriver à Florence, à temps… tout un périple, nous supposons.

J.G. : J’avais planifié mon voyage de manière à atteindre la ville de Florence quelques jours avant l’événement. Oui, un vrai périple intéressant mais fatigant. Il fallait être dans l’aire des connections à temps pour ne pas rater le prochain vol. Ajoutez à cela le décalage horaire très pesant, voire déroutant. En résumé, deux jours sans sommeil à l’allée comme au retour. Je signale que le dernier vol Roissy Charles-de-Gaule-Florence- a été très éprouvant. Notre avion n’ayant pas pu atterrir à cause d’une tempête, on a dû bifurquer à Bologne et regagner Florence par bus vers 1h du matin. Et ceci par un froid glacial.

L.N. : Certains amateurs de peinture en Haïti voudraient découvrir vos œuvres. Elles n’ont jamais été exposées en Haïti. Pour le moment, songez-vous à une exposition ?

J.G. : Évidemment. Dans les mois à venir et dans un lieu approprié, une exposition de mes œuvres sera programmée. Ce sera aussi une rétrospective qui plaira, je crois, aux amateurs d’art. Elle précédera une tournée aux USA et aux Antilles. Les collectionneurs auront donc l’occasion d’acquérir une œuvre avant mon passage en salle de vente prévu pour la fin de l’année.

L.N. Et le bicolore national qui flottait dans vos mains au palais, aviez-vous un mandat du ministère concerné ou était-ce de votre propre initiative ?

J.G. Au moment de partir pour l’Italie, les propos de Trump sonnaient à mes oreilles, telle une mouche égarée cherchant à s’enfuir. C’est dans cette foulée que j’ai acheté ce petit drapeau à l’aéroport même comme pour rappeler aux racistes du monde entier qu’en Haïti, il n’y a pas que des merdes et que nous pouvons rayonner à l’instar de toutes les nations et dans toutes les disciplines. Quant au ministère de la Culture, il se distingue toujours par son indifférence.

L.N. Et le musée Léonard de Vinci, l’avez-vous visité ?

J.G. Oui. Quelques jours avant l’événement, j’ai été au musée dédié à Léonard. J’ai profité pour visiter la petite ville de « Vinci », à environ 25km de Florence. Au Musée, sont exposées les inventions prémonitoires du génie que fut Léonard. Présentement, l’Italie exploite le maître florentin comme une véritable marque déposée. On y trouve tout : restaurant Léonard, hôtel Léonard et même un train express Léonard qui relie Rome à d’autres villes de l’Italie. Sans oublier les gadgets à l’effigie de l’artiste. On peut s’en inspirer pour propulser nos héros aussi.

L.N. : Après avoir reçu cette distinction, l'une des plus prestigieuses dans le monde des arts, à quoi vous attendez-vous ?

J.G. : Recevoir un prix pareil vous grandit et vous invite à la sérénité et à l’humilité dans la création de vos œuvres qui doivent valoir par elles-mêmes. Je vais continuer à travailler comme avant avec persévérance pour continuer à faire parler d’Haïti dans d’autres forums de l’art contemporain. Et puis, j’envisage d’exposer plus souvent en Haïti pour diffuser ma collection.

Propos recueillis par Claude Bernard Sérant

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