Diplomatie/Coopération bilatérale/ Conférence bilan

Haïti a reçu plus de 100 millions d’euros de l’Allemagne depuis 2010

Depuis son arrivée en Haïti, il y a quelque douze mois, l’ambassadeur de la République d’Allemagne, Manfred Auster, a présenté jeudi le bilan de la coopération haïtiano-allemande de 2010 à nos jours. 115 millions d’euros, soit 135 millions de dollars américains, ont été investis dans différents projets en Haïti. Accompagné de représentants d'organismes allemands et haïtiens, le diplomate a souligné les soutiens tant financier que moral apporté à la première République noire indépendante du monde.

Publié le 2017-10-02 | Le Nouvelliste

National -

Au cours de cette sortie publique, l’ambassadeur Manfred Auster a, dans ses différentes interventions au cours de la rencontre, fait ressortir le renforcement des liens diplomatiques entre Haïti et l’Allemagne au cours des dix dernières années. La première économie européenne a investi 115 millions d’euros, soit 135 millions de dollars, dans différents projets en Haïti. Ces investissements, selon le diplomate, consistent en la remise de la centrale hydroélectrique de Péligre dans laquelle l’Allemagne a contribué à hauteur de 28 millions d’euros, soit 33 millions de dollars américains; la contribution à l’aide d’urgence après l’ouragan Matthew se chiffrait à hauteur de 1,5 million d’euros, soit 2,4 millions de dollars américains.

Dans la même veine, quatre ONG allemandes (Agro Action Allemande, Croix-Rouge allemande, Handicap international et Caritas) ont reçu en 2017 un montant de 6,4 millions d’euros, soit 7,4 millions de dollars, pour des projets de longue durée dans le département du Nord d’Haïti. Toujours en 2017, l’ambassade d’Allemagne, en partenariat avec des autorités locales, a financé des microprojets d’une valeur de 200 000 euros, soit 236 000 dollars américains.

Dans ses propos, le diplomate a profité de l’occasion pour renouveler les liens qui unissent les deux États depuis 1804, tout en faisant un panorama des difficultés auxquelles Haïti fait face actuellement, dont les problèmes environnementaux, sociopolitiques et judiciaires, sans oublier l’insécurité et l’instabilité politique qui empêche les investisseurs allemands de venir en Haïti pour participer à la création de richesse dans le pays.

« L’Allemagne est le principal pays cotisant au budget de l’Union européenne à 22%. Nous sommes le deuxième cotisant du système des Nations unies en 2016 ; le quatrième cotisant aux missions de paix de l’ONU, dont la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTHA), et le quatrième actionnaire/ bailleur de la Banque mondiale», a affirmé le diplomate.

Prenant la parole, à son tour, Christiane Delfs de Giz Haïti a souligné que l’institution qu’elle dirige travaille sur quatre projets. Le deuxième projet d’une portée binationale est lié à la gestion intégrée du bassin versant transfrontalier de la rivière Libon d’une valeur de 7 900 000 euros allant de 2011 à 2017. Le second projet concerne un programme d’assistance technique en Haïti allant de 2012 à 2018 d’un montant de 5,2 millions d’euros. Ce projet vise le renforcement des capacités des acteurs de la société civile et publique à prendre des responsabilités dans les domaines de la gouvernance locale, la protection des ressources et le développement rural durable. Le troisième projet d’une portée binationale est lié à l’augmentation de la capacité d’adaptation écosystémique dans les réserves de biosphère frontalières entre Haïti et la République dominicaine financé à hauteur de 4 millions d’euros allant de 2014 à 2018. Le dernier projet qui consiste en l’amélioration des conditions de vie dans les communes vulnérables souffrant de pénurie d’eau saisonnière dans le Sud-Est d’Haïti (Thiotte, Anse-à-Pitres, Grand-Gosier et Fonds-Verrettes) est financé à hauteur de 4,8 millions d’euros allant de 2016 à 2018.

Pour sa part, Stirvens Alexis de la Banque de crédit pour la reconstruction, le KFW d’Allemagne) a confié que cette banque a financé de nombreux projets comme la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Péligre, le Programme de promotion de lutte contre la pauvreté et du développement local et le Programme d’appui à la reconstruction de Léogâne. Selon lui, la banque soutient dans les pays en voie de développement des petites et moyennes entreprises ainsi que l’investissement dans les infrastructures de l’eau, du transport, de l’énergie, l’agriculture et le secteur financier.

Quant à Jennifer Donnelly de la Croix-Rouge allemande, elle a souligné que celle-ci travaille sur trois projets. Il s’agit du projet d’adaptation au changement climatique dans 11 communes du département des Nippes allant de janvier 2015 à décembre 2017 d’un montant de 900 000 euros; il y a aussi le programme de sécurité alimentaire intégrée à l’Arcahaie allant de janvier 2016 à décembre 2019 d’un montant de 1 945 000 euros et le projet de renforcement de la résilience communautaire à Ouanaminthe allant de novembre 2017 à mai 2021 d’un montant de 1 800 000 euros.

De son côté, Gabriel Fréderic de Agro Action allemande, a fait savoir que les domaines d’intervention de cette institution consiste à appuyer les programmes alimentaires. « Nos actions sont axées pour l’instant sur le financement d’un programme de sécurité alimentaire pour la population rurale dans le département du Nord-Est d’Haïti, ainsi qu’un programme de méthodes durables de production et conservation de la biodiversité dans les zones sensibles du corridor biologique des Caraïbes», dit-il.

Plus loin, Catherine Stube de Handicap International et François Mauset de l’ONG haïtienne ADEMA ont tour à tour fait une brève présentation autour du projet « Résilience face aux risques de catastrophes pour les populations les plus à risques, dont les personnes handicapées», financé par Bundesministeriun für Witschaftliche Zusammennardbeit und Entwicklung. Ce projet sera mis en œuvre en collaboration avec l’ONG ADEMA dans quatre communes du bas Nord-Ouest (Bombardopolis, Baie-de-Henne, Jean-Rabel et Môle-Saint-Nicolas) qui sont particulièrement enclavées à cause du manque d’infrastructures routières, car, jusqu’à présent, ces quatre communes ont peu bénéficié de soutien d’aide au développement plutôt concentré sur le haut Nord-Ouest.

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