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| Haïti: L'optimisme de Ricardo Seitenfus Malgré les défis, Ricardo Seitenfus est optimiste quant à la tenue de bonnes élections le 28 novembre 2010. Pragmatique, le Brésilien a une idée assez claire des difficultés et de ce qu'il faut faire afin de moderniser la vie politique en Haïti. Il prône le financement public pour les partis politiques et un "CEP finalement permanent" avec des conseillers électoraux inamovibles, choisis sur concours, sur la base du mérite et un financement indépendant de la machine électorale.
L'ONI a 141 bureaux sur tout le territoire et, la semaine prochaine, il ouvrira un nouveau à Bel-Air et d'autres dans plusieurs centres de vote en vue de collecter des informations d'électeurs ayant changé d'adresse, a fait savoir M. Seitenfus. "Je ne vous pas cache pas que c'est un immense défi pour l'ONI. Pour nous aussi, car on n'a jamais vu ça !, a concédé Ricardo Seitenfus, une allusion au contexte post-séisme rendant encore plus complexes les problèmes d'accès et de logistique pour l'organisation des élections. Il ne suffit pas d'avoir distribué 4 600 000 cartes. Il n'y a pas d'élections sans électeurs si des partis politiques disent - pour des raisons que je ne saurais juger - qu'il ne faut pas voter, a nuancé le représentant de Jose Miguel Insulza en revenant sur le faible taux (2,8 %) de participation aux sénatoriales de 2009 dans le département de l'Ouest. Cependant, il a assuré que tout est fait "pour que le peuple haïtien puisse voter en toute liberté de conscience le 28 novembre 2010". "Je crois qu'une organisation comme l'OEA a l'obligation justement de se mettre à la disposition des partis politiques pour la formation, pour les aider à avoir plus d'expérience", a expliqué M. Seitenfus qui ne partage pas les critiques de certains partis ayant boudé les élections, et soulignant que "l'OEA affiche une attitude partisane parce qu'elle reste silencieuse face à des actes controversés posés par le CEP de Gaillot Dorsinvil dont le communiqué # 16 qui viole la loi électorale et la Constitution de 1987". "Les affaires du pays concernent les Haïtiens et les Haïtiennes. C'est ma position personnelle depuis un mois et demi ou deux", a-t-il argumenté. En fin connaisseur d'Haïti qu'il a visité pour la première fois en 1993, M. Seitenfus croit qu'il faut respecter la Constitution et les institutions. S'agissant du CEP, il faut finalement qu'il devienne permanent, que les membres du CEP soient des juges recrutés sur concours, sur la base du mérite. Qu'ils soient indépendants de tout pouvoir, qu'ils soient inamovibles. Qu'ils aient un budget propre. Qu'ils ne dépendent pas de la communauté internationale. Et qu'ils aient seulement la capacité d'agir de façon indépendante - ça, c'est donné par les moyens financiers. Si on n'a pas les moyens financiers, on devient otage d'une situation qui parfois n'est pas... agréable, a-t-il proposé. "C'est crucial", a poursuivi le compatriote de Lula qui propose, s'engage et va au charbon. "Mais, en même temps, on s'est dit qu'Haïti a son propre rythme, ses propres formules, ses propres contradictions, et que l'on ne peut pas, nous, communauté internationale, venir donner des leçons et présenter un modèle de démocratie", a aussi dit Seitenfus comme un bémol à l'envie de faire afficher. Financement des partis politiques "J'ai proposé lors d'une réunion au Palais national en novembre dernier qu'il y ait des financements publics de la campagne électorale. Si vous lisez Le Nouvelliste, vous verrez que le CEP, avant même le séisme, avait reçu la moitié de ce qu'il aurait dû recevoir pour le financement des partis politiques lors des élections qui étaient alors prévues pour le mois de février. C'était une décision de l'OEA. On était allé un peu plus loin. On a dit au CEP qu'à chaque gourde que l'État haïtien, le Trésor public mettrait pour le financement public de la campagne électorale de tous les partis - selon un calcul, par exemple, sur la représentation des partis au Parlement -, la communauté internationale mettrait deux ou trois gourdes de plus", a révélé Ricardo Seitenfus. Toutefois, ces discussions se sont arrêtées parce que l'on déterminait si une telle disposition ne violerait pas la législation haitienne. "On était arrivé là à ce moment. Mais c'est essentiel, car toutes les démocraties modernes ou pas prévoient un financement public de campagne." L'état d'esprit de Seitenfus "Tous les jours je me demande de quoi les prochaines heures seront faites. Je me dis qu'il faut être très ferme et très décidé, mais en même temps très perspicace et fin (subtil) en Haïti", a confié Ricardo Seitenfus, représentant de l'OEA, une organisation dont les positions - celles de M. Orlando Marville en 2000 - avaient fait des remous et provoqué, selon des observateurs, une crise dont l'issue a été le départ dramatique de Jean Bertrand Aristide le 29 février 2004. "L'idée que la politique en Haïti est une activité presque guerrière est fausse. Je crois qu'elle a des subtilités, qu'elle est pleine de non-dits. Haïti, a-t-il poursuivi, est une société très complexe au niveau politique, social et anthropologique, où il y a un niveau de liberté de presse qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans le continent." Le numéro un de l'OEA en Haïti, outre des détails sur la mission d'observation électorale dont l'effectif augmente progressivement, le partenariat avec l'Office national du Cadastre, les Archives nationales, a affiché son optimisme même si le contexte des élections de novembre 2010 est délicat. Né en 1948 au Brésil, Ricardo Seitenfus a enseigné les relations internationales dans différentes universités, notamment en Suisse. Il a écrit, entre autres, un livre et des articles sur Haïti, un pays où il dit avoir beaucoup appris depuis qu'il y est en mission. Roberson Alphonse ralphonse@lenouvelliste.com |
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