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| Haïti: Bellerive tacle la Banque mondiale Plus de langue de bois. Le Premier ministre Jean-Max Bellerive vide son sac et tacle la Banque mondiale. Les procédures de cette institution l'ulcèrent. « La banque, a-t-il dit, ne peut pas considérer Haïti comme un pays qui vient emprunter de l'argent pour construire un pont ou un barrage. » Terriblement frappé par le tremblement de terre du 12 janvier, la plus grande catastrophe des temps modernes, Haïti se reconstruit, mais sans les ressources financières si indispensables, a argumenté Bellerive, coprésident de la CIRH, en marge d'une conférence de presse conjointe donnée au Palais national avec Michel Barnier, Commissaire européen en charge du marché intérieur et des services, le mercredi 28 juillet 2010. Ulcéré, le chef du gouvernement, d'un ton bagarreur, pousse la banque dans les cordes sur d'autres dossiers. « Je ne peux pas payer les taux de commission exigés par la Banque mondiale. Je ne peux pas non plus attendre qu'elle mette 6, 7, 8 mois pour faire la révision technique d'un dossier approuvé par la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti (CIRH) », clame-t-il, fort de l'appui de l'ex-président Bill Clinton, l'autre coprésident de la CIRH. Comme un Lennox Lewis au terme d'un combat de boxe gagné au point, le Premier ministre affiche de la satisfaction. « Maintenant, la banque a compris la question et son vice-président rentrera en Haïti au début de la semaine pour discuter des modalités de fonctionnement du Fonds mutidonateurs. Faussement altruiste, M. Bellerive dit comprendre le dilemme de la banque qui ne veut pas faire fi de ses procédures au profit d'Haïti. La Banque mondiale a peur de créer un précédent que d'autres pays pourraient évoquer si elle ne touche pas de commission. Cependant, il souligne que rien n'oblige que le Fonds mutidonateurs soit géré par la Banque mondiale. « Le Fonds peut être géré par une compagnie privée ou par une autre agence », a-t-il précisé, se montrant ouvert à discuter sur des frais de gestion plus avantageux pour l'État haïtien. Dans une tribune au New York Times titrée "Finir le travail inachevé en Haïti" parue le 9 juillet, le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive et l'ex-président américain Bill Clinton, coprésidents de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti (CIRH), évoquant des actions déterminantes effectuées après le 12 janvier, avaient cependant souligné que le plus gros reste à faire tant que des millions de personnes sont sans abris, sans accès aux soins de santé, à l'éducation et dépourvus de moyens de s'extirper de la pauvreté. Reconnaissant d'un autre côté la lenteur du processus de reconstruction, Bellerive et Clinton ont une nouvelle fois enjoint les donateurs d'honorer les promesses faites à Haïti le 31 mars 2010. « En tant que gardien du "Fonds multidonateurs", la Banque mondiale a la responsabilité de s'assurer que l'argent promis, qui provient des taxes des contribuables à travers le monde, soit délivré rapidement au gouvernement haïtien ou pour les projets approuvés par la CIRH », ont ajouté les deux coprésidents. Utilisant depuis quelque temps la langue de bois et le devoir de réserve pour évoquer les problèmes rencontrés avec la Banque mondiale, Jean-Max Bellerive, cette fois-ci, sort de ses gonds et tacle. Roberson Alphonse |
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