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| Haïti: La reforestation, nouveau crédo de la FAO Sous le roulement des tambours qu'il a tapé lui-même et des tams-tams comme au jour du rara, le directeur général de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Dr Jacques Diouf, en visite pour 72 heures en Haïti, est venu prendre le pouls de la situation sur le terrain. A Léogâne, en présence des planteurs, il promet 10 millions d'arbres pour la reforestation du pays.
« Produire des récoltes, c'est bien, mais impossible si le sol n'est pas fixé.» Il faut des arbres. La formule de Diouf est simple et connu de tous les ingénieurs-agronomes haïtiens: planter des arbres qui croissent vite et qui donnent à manger sans négliger d'autres solutions à long terme. Les moins de 2% de couverture végétale qui restent au pays inquiètent le monde ainsi que le directeur général de la FAO, qui intervenait dimanche devant un groupe de planteurs de Cormier, 12e section communale de Léogâne. « La saison des pluies arrive immédiatement. Le temps ne joue pas en notre faveur. Il faut faire vite », semble s'inquiéter le diplômé de la Sorbonne, qui a représenté son pays, le Sénégal, dans le monde entier, de 1979 à 1993, à des réunions internationales. Le responsable de la FAO, qui a pris part à des distributions de semences et d'outils dans différentes sections communales de Léogâne, a également rendu hommage aux disparus du séisme et promet l'aide efficace de l'institution qu'il dirige au nom des 191 pays membres, ajoutés à ceux de l'Union européenne. Samedi 13 mars, à peine est-il arrivé à l'aéroport Toussaint Louverture de Port-au-Prince, Jacques Diouf s'est rendu au ranch de Croix-des-Bouquets, où plus d'un millier d'adolescents réunis dans un camp pour recevoir une formation psychosociale spéciale post-séisme ont mis en terre des cocotiers et des manguiers. Ce "camp de l'avenir", initié par le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l'Action civique, formera à terme 3 000 adolescents, est perçu de façon optimiste par le directeur général de la FAO, qui a dit aux jeunes qu'ils sont les mieux placés pour mener le combat de la reconstruction et du reboisement du pays. Pour lui, avenir rime avec jeunesse et arbre. Des thèmes que le Dr Diouf allaient vite retrouver par la suite durant sa visite. Les ados ont exposé des dessins et des peintures très explicites, en ce qui a trait au devenir de leur pays. Ayiti pap peri (Haiti ne périra pas), ou encore nou vle yon peyi ki bel (nous voulons un beau pays), pouvait-on lire dans les nombreuses oeuvres et les inscriptions réalisées par ces jeunes. A Léogâne, à un jet de pierre de la route de l'Amitié, les paysans ont eux réclamé, dimanche, des routes agricoles, et le reboisement afin de protéger l'environnement qui se dégrade sans cesse. « Chaque section de Léogâne aura un chantier qui peut embaucher jusqu'à cinq cents personnes durant au moins trois mois », a rassuré le ministre de l'Agriculture des Ressources naturelles et du Développement rural, Joanas Gué, sans préciser la date de démarrage de ce projet. La ville agricole la plus directement touchée par le tremblement de terre du 12 janvier aura l'opportunité d'offrir de nouveaux emplois dans la reconstruction de canaux d'irrigation, la correction des ravins, la protection des berges ou même dans la production de pépinières... À Miton, une habitation de la 12e section de Léogâne, l'intervention du ministre Gué est entrecoupée de plaintes de toutes sortes de paysans. Un style bien familier du ministre de l'Agriculture. Quand il ne pose pas de questions directes, il appelle des gens qui grondent dans l'assistance pour venir faire passer leurs revendications en présence du directeur général de la FAO. Les paysans réclament avec force des semences. Ils veulent remplacer celles qui ont été consommées par les déplacés venant des zones directement affectées par le séisme. En apprenant que dix mille sacs de semences de 100 livres de haricots de différentes variétés seront distribués dans le département de l'Ouest et près de trois cents à Léogâne, ils se frottent les mains. Quelque mille familles dans chacune des sections de Cercey, de Mapou et de Cormier ont commencé à recevoir des outils aratoires, comme des machettes, des houes et des pioches ce qui leur évitera de les louer. « C'est un bon début afin de soulager les paysans rudement affectés par le dernier sinistre », soutiennent Joseph Voltaire Pierre-Louis, coordonateur de Casec de Cormier, et son collègue de la 3e section de Grande-Rivière. Ils souhaitent que les ministères de l'Agriculture et de l'Environnement interviennent au plus vite dans des travaux pour la protection des bassins versants pour apporter des emplois dans la zone. La visite de Jacques Diouf en Haïti est une réponse à la demande du ministre haïtien de l'Agriculture des Ressources naturelles et du Développement rural, Joanas Gué, un mois après le séisme, lors de son voyage à Rome le 12 février. A cette date, le directeur général de la FAO avait demandé au ministre de s'occuper des urgences de la catastrophe, et la visite viendra. Durant son séjour, il a rencontré diverses autorités du pays, dont le président René Préval et le Premier ministre Jean Max Bellerive. Dieudonné JOACHIM djoachim@lenouvelliste.com |
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