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| Haïti: Crédit : c'est le temps de la souplesse « C'est le temps de la souplesse. » Le ton est posé et les mots inusités dans la bouche d'un banquier haïtien. On parle de crédit et de relance de l'économie. En moins d'un mois, les partenaires internationaux qui supervisent les performances de l'économie haïtienne et les écarts des autorités locales ont concerté avec les responsables de nos finances et ont concocté un fonds de garantie du crédit. Premier pas dans la bonne direction. Un fonds de garantie partielle du crédit sera bientôt établi, a indiqué un communiqué laconique conjoint du ministère de l'Economie et des Finances et de la Banque de la République d'Haïti, la semaine dernière. Ce lundi, des spécialistes d'institutions financières internationales seront dans nos murs pour mettre en place, avec les responsables de la BRH, les détails pratiques devant accoucher des avantages qui découlent de ce fonds. « Dès la mise en place du fonds, les banques pourront financer les bons projets et consolider les anciens. Les frais financiers doivent devenir plus supportables avec des termes plus longs et des taux plus faibles, dans de nombreux cas. Les banques pourront aussi réaliser, sans pénalité, des restructurations et rééchelonnement tout en restant responsables des crédits qu'elles accordent », a indiqué à au Nouvelliste une source haut placée de la Banque de la République d'Haïti. « C'est l'international qui fournira les apports pour constituer le fonds », avance notre source qui ne cache pas que « demander pour aider n'est pas une situation confortable ». Cependant, la BRH veut aller vite et apporter les solutions, soutient-il « L'annonce de ce fonds a eu pour effet de rassurer le système bancaire qui sait que les autorités sont sensibles à ce qui s'est passé et aux hommes d'affaires qui ont été frappés par le tremblement de terre. » Ce fonds fait partie des initiatives pour maintenir les canaux du crédit ouvert. Pour certains crédits, une restructuration suffira. De plus, la Banque centrale compte assouplir sa réglementation sur les provisions sur les prêts restructurés. « Nous sommes conscients que c'est un désastre naturel qui affecte les débiteurs, nous nous devions d'aller à leur rencontre », a encore indiqué notre source avant de conclure que « pour le crédit, c'est le temps de la souplesse ». Selon les informations dont dispose Le Nouvelliste, l'avantage pour les clients du système bancaire est très simple. Ils auront accès à des crédits qu'ils n'auraient pas autrement, compte tenu de leur profil de risque et des garanties disponibles. L'avantage pour l'économie est tout aussi évident: le crédit est un facteur clair de stimulation de l'investissement et de la demande. L'idée est de porter les banques à redonner du crédit sans les dispenser de faire leur travail d'appréciation des risques en leur laissant une partie substantielle des risques, soit 50%. En substance, le fonds de garantie partielle est un mécanisme de partage des risques bancaires (50/50), d'un groupe de crédits répondant à des critères déterminés, excluant notamment les crédits non productifs d'avant le 12 janvier. Le document de mise en place qui circule dans les milieux informés demande de prendre en compte aussi bien les anciens que les nouveaux crédits du système, a appris Le Nouvelliste. « Le choix des crédits à financer revient à la banque, puisqu'elle prend 50% du risque de non-remboursement. L'objectif principal est de susciter le système bancaire à relancer le crédit, ce qui va évidemment stimuler la relance économique immédiate », a indiqué au Nouvelliste l'économiste Pierre Marie Boisson. « Les 100 millions déjà engagés par la BID constituent le capital devant absorber les pertes éventuelles du Fonds suite au non-remboursement d'une certaine portion des crédits. La BRH espère obtenir des engagements similaires d'autres bailleurs, de façon à encourager les banques à offrir un volume de crédit substantiel, couvrant au moins un montant équivalent au portefeuille actuel du système, qui était d'environ 850 millions de dollars US, toutes monnaies confondues, vers la mi-décembre 2009 », a poursuivi Boisson. En termes de précédents, il y en a plusieurs. En 1994-95, l'USAID a offert un fonds de garantie visant l'octroi de crédits agro-industriels, gérés par la Sofihdes (2 millions). Plus récemment, de 2004 à nos jours, l'USAID a mis à la disposition des banques plusieurs facilités offertes par la Development Credit Authority (DCA) pour porter les institutions financières à proposer des microcrédits et des crédits aux PME. La Sogesol, la Capital Bank, la Sofihdes ont été parmi les intermédiaires les ayant utilisées. Dans le texte distribué à la presse, il est dit que «la Banque Centrale a eu des discussions à Washington avec les institutions financières internationales sur un document-cadre préparé par les autorités monétaires et fiscales haïtiennes en vue du maintien de la stabilité financière et de la reprise du crédit à l'économie ». « Les mesures envisagées, notamment l'établissement d'un fonds de garantie partielle du crédit (FGPC), permettront aux initiatives privées de jouer pleinement leur rôle dans la reprise économique et la création d'emplois tout en préservant la solidité du système financier. » « Le ministère de l'Economie et des Finances et la Banque de la République d'Haïti se félicitent du soutien technique offert par le FMI et la Banque mondiale et de l'appui financier envisagé par la BID dans la mise en place du FGPC. D'autres entités multilatérales et bilatérales envisagent également de faire une contribution au FGPC », précise le communiqué. Dans la même veine, une porte-parole de Fonds monétaire international a fait la déclaration suivante à Washington : « La direction et une équipe technique du FMI ont eu des discussions avec une délégation de la Banque centrale sur le document-cadre préparé par les autorités monétaires et fiscales haïtiennes en vue du maintien de la stabilité financière et de la reprise du crédit à l'économie. Cet ensemble de mesures permettra au secteur privé de jouer pleinement son rôle dans la reprise économique et la création d'emplois dans le contexte plus large de la croissance et de la reconstruction nationales. A cet égard, le FMI salue la proposition des autorités haïtiennes d'établir un fonds de garantie partielle du crédit, et a offert son soutien technique à la Banque de la République d'Haïti dans la mise en place de ce fonds. » Frantz Duval |
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